“Le nouveau sud est très bien représenté par un pays comme le Maroc“ (Karim El Aynaoui)

Sud global vs. nouveau sud, attentes de l’Afrique vis à vis des institutions financières, architecture financière internationale… Voici les thématiques abordées par Karim El Aynaoui, président exécutif du PCNS, dans le cadre d’un entretien accordé à Médias24.

Karim El Aynaoui, président exécutif du PCNS - Médias24

“Le nouveau sud est très bien représenté par un pays comme le Maroc“ (Karim El Aynaoui)

Le 14 octobre 2023 à 16h01

Modifié 16 octobre 2023 à 8h51

Sud global vs. nouveau sud, attentes de l’Afrique vis à vis des institutions financières, architecture financière internationale… Voici les thématiques abordées par Karim El Aynaoui, président exécutif du PCNS, dans le cadre d’un entretien accordé à Médias24.

Dans une interview accordée à Médias24, le président exécutif du PCNS, Karim El Aynaoui, s’est arrêté sur plusieurs thématiques dont les attentes du continent, l’architecture financière internationale, ou encore sur la différence entre le sud global et le nouveau sud.

Voici l’essentiel de ses déclarations. L’intégralité de l’entretien est à visionner ci-dessous :

Financement plus élevé : principale attente du continent

À la question de savoir quelles sont les attentes du continent des institutions financières internationales, Karim El Aynaoui indique qu’elles sont “nombreuses mais assez précises”. “Au-delà des questions de voix et de représentation, qui font appel à des principes moraux”, l’idée est de connaître la représentation du “nombre d’administrateurs dont dispose l’Afrique aux conseils d’administration de ces institutions”.

”Ces conseils d’administration sont exécutifs. Ils sont très impliqués dans le management. Ils se réunissent au moins deux fois par semaine et passent les projets. C’est important. Ce ne sont pas des conseils d’administration distants du management”.

“Ce que demande l’Afrique c’est, en premier lieu, de rappeler que ces institutions sont légitimes, vues comme étant légitimes et utiles. À la fois la Banque mondiale sur le financement du développement, donc à long terme, et le Fonds monétaire international en tant que mécanisme d’assurance collective de gestion des crises”.

“Il n’y a pas de remise en question de ces institutions fondamentalement. Ce que nous défendons et ce que souhaite la plupart des pays africains sont des institutions plus fortes, plus larges, avec des capacités de financement, en particulier sur le long terme (…). Beaucoup de pays ont besoin de financement plus élevés donc il faut une banque mondiale plus musclée. Cela suppose des injections dans le capital, de faire grossir les institutions et donc que les principaux actionnaires - pays du G7 en premier, la Chine et l’Inde en particulier - augmentent leurs contributions”.

“Il en est de même pour le Fonds monétaire international : qu’il puisse financer davantage, en termes de gestion de crise, être plus actif dans la résolution des problèmes de dettes etc. ce qui suppose des éléments de dons également. Il y a, là aussi, une question de ressources”.

Interrogée sur l’apport des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale au vu du contexte géopolitique et géo-économique actuel, Karim El Aynaoui explique qu’il ne faut pas “attendre une révolution”.

“Ces réunions se tiennent, depuis des décennies, chaque année. Deux fois par an (…). Chaque année on prend le pouls de la croissance mondiale et on partage des appréciations. Il y a des rapports qui sont sortis à cette occasion notamment le World Economic Outlook du FMI qui donne les perspectives. Le message principal est un ralentissement de l’économie mondiale, une inflation qui reste assez élevée. En baisse, mais tout de même assez élevée”.

“Ces tensions géopolitiques affectent la globalisation et la mondialisation que l’on a longtemps cru comme étant heureuse avec une forme de convergence de tous les pays vers une ouverture au commerce”.

Sud global et nouveau sud : quelle différence ?

“Le sud global est un front anti-occident. Le groupement des BRICS, sous la houlette de ces grands émergents, en particulier la Russie - Chine accompagnés d’un certain nombre de pays qui viennent de rentrer dans les BRICS, propage un narratif anti-occident”.

“Le nouveau sud est très bien représenté par un pays comme le Maroc. Un pays de juste milieu qui veut coopérer avec tout le monde, avec ce sud global ou ce ‘vieux nord’ (…). Nous sommes un nouveau sud bien dans sa peau, à l’aise dans ce nouveau monde qui s’ouvre, décomplexé, avec de plus grands espaces que nous sommes en train de saisir”.

À la question de savoir comment les hauts organismes financiers globaux gèrent le fait d’être “bousculés” par ce “nouveau Sud”, Karim El Aynaoui a expliqué que, si cela “se ressent” davantage aujourd’hui, il s’agit “des caisses de résonance des rapports et des tensions géopolitiques globales qui existent depuis les années 1990 (…) Ces conséquences ont mis trente ans à vraiment se faire sentir dans l’ordre international, avec la montée en puissance de la Chine”.

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