Round up. Égarés en jet skis, 1 ou 2 vacanciers franco-marocains tués par des tirs de garde-côtes algériens près de Saïdia
Un ou deux décès (selon les versions) et une incarcération ont été comptabilisés suite à des tirs de garde-côtes algériens contre des vacanciers franco-marocains qui s'étaient égarés de quelques dizaines ou centaines de mètres dans les eaux algériennes. Le drame a bouleversé la toile ces trois derniers jours. Voici notre round up.
Les vacances de quatre Marocains résidant en France, rentrés au Maroc pour cette période estivale, ont tourné au drame lorsque le mardi 29 août, égarés en jet-skis, ils ont été victimes des tirs de garde-côtes algériens. Les faits ont eu lieu près de la plage de Saïdia où les quatre MRE se sont retrouvés, accidentellement, dans les eaux du pays voisin. Au moment où nous mettons en ligne, seule la France a officiellement réagi. Elle l'a fait par le biais d'un communiqué du Quai d'Orsay. Le ministère français des Affaires étrangères rapporte donc le décès d'un Franco-Marocain et l'incarcération d'un autre en Algérie.
En revanche, les témoignages recueillis auprès d'un rescapé et des membres des famille des victimes font état de la mort de deux vacanciers et l'incarcération d'un autre blessé par une balle, toujours détenu en Algérie. Le corps du second vacancier décédé est resté, selon ces témoignages, dans les eaux algériennes. Il s'agit de témoignages, et pas de sources officielles.
Une source officielle marocaine nous a confirmé cet incident tragique, sans toutefois préciser le nombre de décès. Une autre source autorisée nous a annoncé qu'il n'y avait pas eu d'ouverture d'enquête judiciaire, mais plutôt les procédures habituelles après la découverte du corps d'une victime tuée par balle : constat, identification, etc.
La France commente, le Maroc ne réagit pas encore
La France a confirmé ce vendredi 1er septembre la mort d'un Français et "l'incarcération d'un autre compatriote en Algérie, dans un incident impliquant plusieurs de nos ressortissants", a écrit l'AFP.
Le ministère français des Affaires étrangères évoque le décès d'un seul ressortissant et n'a pas précisé les circonstances de sa mort. Le Quai d'Orsay s'est prononcé lors d'un point de presse tenu ce vendredi en réponse à des questions posées par des journalistes sur "l’incident en début de semaine, qui a concerné des ressortissants français à la frontière entre le Maroc et l’Algérie".
"Le centre de crise et de soutien du ministère de l’Europe et des affaires étrangères et nos ambassades au Maroc et en Algérie sont en contact étroit avec les familles de nos concitoyens, à qui nous apportons tout notre soutien. Nous leur avons exprimé nos condoléances. Nous sommes en contact avec les autorités marocaines et algériennes. Le parquet a été avisé. Il appartiendra à la justice de faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame", a commenté le ministère de l'Europe et des affaires étrangères.
Le Quai d'Orsay n'a pas précisé l'identité de la personne décédée. Contactée par l'AFP, l'ambassade de France au Maroc, elle, n'a pas souhaité faire de commentaire.
Du côté marocain, le porte-parole du gouvernement marocain s'est vaguement prononcé sur le sujet. Interrogé le jeudi 31 août par la presse marocaine, à l'issue de la réunion du Conseil de gouvernement, , Mustapha Baïtas s'est borné à répondre qu’il s’agissait d’une affaire relevant "de la compétence du pouvoir judiciaire".
Témoignage d'un rescapé
Un rescapé de la fusillade algérienne a témoigné, au micro de nos confrères du 360, du drame survenu en début de semaine, près de la très prisée station balnéaire de Saïdia.
"Je m'appelle Mohammed Kissi, originaire d'Oujda et résidant à l'étranger. Nous sommes rentrés (au Maroc, ndlr) pour passer nos vacances. Le mardi 29 août, mon frère, mes amis et moi sortions à la plage. Nous avons pris quatre jet-skis et sommes partis de la marina vers Cap de l’eau. Nous avons bifurqué par Sid El Bachir, où nous avons mangé du poisson avant de rebrousser chemin", raconte-t-il au micro du 360.
"Nous nous sommes perdus en chemin vers 19h30. Nous étions en panne d'essence pour les jet-skis. Egarés, nous nous sommes retrouvés, dans le noir, dans les eaux algériennes. Un zodiac algérien s'est approché de nous", poursuit le jeune rescapé, notant que le mot Algérie était bien visible sur le zodiac.
"Mon frère et mon ami sont décédés. Un autre ami à moi est actuellement incarcéré en Algérie. Les trois échangeaient au début des propos avec les garde-côtes algériens. Suite à cet échange, mon frère m'a fait un geste du bras pointant l’ouest, c'est-à-dire la direction à prendre pour regagner Saïdia."
Rebroussant chemin vers l'ouest, les vacanciers se croyaient tirés d'affaire, ignorant qu'ils allaient été ciblés, plus tard, par les garde-côtes algériens.
"J'ai pu heureusement m'échapper, mais mon frère, Bilal Kissi, 29 ans, a été mortellement touché. Idem pour mon ami Abdelali Mechouer, 40 ans. Concernant mon autre ami, son jet-ski a été délibérément heurté par le zodiac de l’armée algérienne qui l’a renversé. Il a été blessé par une balle et est toujours détenu en Algérie", précise Mohamed Kissi à nos confrères du 360.
L'Algérie savait qu'elle avait affaire à des civils...
Nageant de toutes ses forces dans la direction vers laquelle l’a orienté son frère, Mohamed Kissi n'a cessé d'appeler ce dernier et son ami Abdelali, avant d'être surpris par le bruit d’un corps tombé à l’eau.
Chanceux, Mohamed Kissi a croisé une patrouille de la Gendarmerie royale qui était justement à la recherche des quatre vacanciers portés disparus. Il a alors indiqué la direction d’où il était venu à la nage. Le bateau de la Gendarmerie a disparu quelques minutes et est revenu avec un jet-ski sans pilote.
Le rescapé affirme que son jet-ski a également été tracté par le bateau de la Gendarmerie. Arrivé à la marina, il a fait une découverte funeste : l’autre jet-ski, tracté par le même bateau, portait des traces de sang.
"Oui, ils ont bien vu qu’on n'était pas armés, mon petit frère a échangé avec eux, et pourtant ils ont tiré", répond Mohamed Kissi au journaliste du 360 qui lui a demandé si les éléments de l’armée algérienne savaient qu’ils avaient affaire à des civils.
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