img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
DROIT

Affaire Rachid El Fayek : malgré les circonstances aggravantes, les peines des crimes sexuels restent faibles

Cinq ans d’emprisonnement pour Rachid El Fayek, coupable du viol d’une personne connue pour la faiblesse de ses facultés mentales et attentat à la pudeur avec violence. Les crimes sexuels en tous genres continuent d’être sanctionnées par de faibles peines.

Affaire Rachid El Fayek : malgré les circonstances aggravantes, les peines des crimes sexuels restent faibles
Par
Le 20 juillet 2023 à 17h53 | Modifié 20 juillet 2023 à 18h21

L’ex-parlementaire RNI, Rachid El Fayek, a été condamné, le lundi 17 juillet, par la chambre criminelle de la cour d’appel de Fès, à 5 ans d’emprisonnement et au versement de 80.000 DH de dommages-intérêts à la partie civile, victime de “viol ayant conduit à la défloration” et d’”attentat à la pudeur avec violence”. Sachant que le viol en question a été subi par “une femme connue pour la faiblesse de ses facultés mentales”.

Le jour même et au sein de la même juridiction, d'autres décisions relatives à des crimes sexuels paraissent tout aussi faibles par rapport à la gravité des faits commis. Médias24 a relevé trois cas dont les peines ne dépassent pas six ans de réclusion.

Un minimum de dix ans selon la loi

Les chefs des poursuites lancées à l’encontre de Rachid El Fayek étaient l’“attentat à la pudeur sur mineur de moins de 18 ans avec violence” ; “trafic d’être humain à l’égard d’un mineur de moins de 18 ans” ; “violence à l’égard d’une femme connue pour la faiblesse de ses capacités mentales” ; “viol d’une fille connue pour la faiblesse de ses capacités mentales” ; et “viol ayant conduit à la défloration”.

Finalement, il n’a été reconnu coupable “que” des faits de “viol d’une femme connue pour ses facultés mentales faibles, ayant conduit à la défloration” et d’attentat à la pudeur avec violence”. Ces actes qui, rappelons-le, sont punissables de réclusion de dix à vingt ans selon les dispositions du Code pénal.

Dans son article 486, il est indiqué qu’en cas de “viol commis sur la personne d'une mineure de moins de dix-huit ans, d'une incapable, d'une handicapée, d'une personne connue pour ses facultés mentales faibles, ou d'une femme enceinte, la peine est la réclusion de dix à vingt ans”.

De plus, si la défloration résulte d’un acte de viol, la peine est également la réclusion de dix à vingt ans, selon l’article 488 du Code pénal. Autrement dit, les deux circonstances aggravantes, pour lesquelles l’ex-parlementaire a été déclaré coupable, n’ont pas été prises en compte dans le prononcé du jugement qui se limite à cinq années d’emprisonnement et au versement de 80.000 DH de dommages-intérêts.

L'affaire El Fayek... loin d'être un cas isolé

Cette décision, prononcée par la chambre criminelle de la cour d’appel de Fès, le lundi 17 juillet, n’est pas un cas isolé. Médias24 a récemment effectué une première recherche sur l'année 2022 qui permet de dénombrer une dizaine d'affaires d'attentat à la pudeur sur mineur avec violences, dont les jugements ne dépassent pas quatre mois de prison ferme.

Des exemples plus récents émanent de la même juridiction qui a requalifié des faits d’attentat à la pudeur avec violence et de séquestration en "attentat à la pudeur sans violence" et "détournement de mineur". La personne concernée par ces accusations n’a été condamnée qu’à un an de prison avec sursis (Dossier n° 136/2641/2023).

Une autre affaire d’attentat à la pudeur sur mineur, avec violence, a conduit à la condamnation de son auteur à trois ans de prison ferme seulement (Dossier n° 151/2641/2023). Pourtant, l’attentat à la pudeur avec violence sur mineur est punissable d’une réclusion de dix à vingt ans, conformément aux dispositions de l’article 485 du Code pénal.

Autre exemple de décision prononcée ce lundi 17 juillet, par la même juridiction : un individu a écopé d’une peine de six ans de réclusion pour des faits d’“attentat à la pudeur avec violence, sur mineur” et de “viol ayant conduit à la défloration”.

Il ne s’agit ici que de simples exemples parmi tant d’autres. Les peines allégées en matière de crimes sexuels deviennent -beaucoup trop - courantes ; et ce, malgré les dénonciations de la communauté civile, les indignations des citoyens sur les réseaux sociaux et la médiatisation de certaines affaires. Mais, surtout, en dépit de l'existence de dispositions pénales qui, bien qu'elles méritent d'être révisées selon de nombreux observateurs, restent tout de même plus sévères que les peines prononcées.

Par ailleurs, il convient de noter que selon les données publiées sur le portail du ministère de la justice “mahakim.ma”, la première audience du procès d'El Fayek date du 8 mai dernier ; soit moins de cinq mois après sa condamnation, en premier ressort, par la même juridiction, à six ans de réclusion et une amende d’un million de DH, dans le cadre d’une affaire de “mafia immobilière”.

LIRE AUSSI 

Pédocriminalité et laxisme judiciaire : encore de faibles sanctions

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 20 juillet 2023 à 17h53

à lire aussi

Officiel : Christophe Lecourtier nommé directeur général du groupe AFD
DIPLOMATIE

Article : Officiel : Christophe Lecourtier nommé directeur général du groupe AFD

Actuel ambassadeur de France au Maroc depuis 2022, Christophe Lecourtier a été nommé directeur général du groupe Agence française de développement. Il prendra ses fonctions le 11 mai 2026, succédant à Rémy Rioux.

Douze ans de procès, 103 millions de DH : Derham débouté, la transaction Agrodep avec les Puech validée
DROIT

Article : Douze ans de procès, 103 millions de DH : Derham débouté, la transaction Agrodep avec les Puech validée

Après douze ans de procédures et plusieurs revirements, la Cour de cassation a dû mobiliser toutes ses chambres pour met un terme définitif à l'épineux litige opposant Hassan Derham aux ayants-droit Puech autour du groupe Agrodep. Détails exclusifs.

Huawei Maroc et le ministère de la Jeunesse dynamisent l’industrie du gaming
Brand

Article : Huawei Maroc et le ministère de la Jeunesse dynamisent l’industrie du gaming

Huawei Maroc s’allie au ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication pour créer un écosystème gaming compétitif au Maroc. Formation, accompagnement des talents et workshops innovants préparent le terrain du Morocco Gaming Expo 2026.

OCP lève 1,5 milliard de dollars via son premier emprunt hybride international
BUSINESS

Article : OCP lève 1,5 milliard de dollars via son premier emprunt hybride international

Le groupe OCP a finalisé, le 15 avril 2026, une émission obligataire hybride inaugurale de 1,5 milliard de dollars sur les marchés internationaux. Cette opération, qui constitue une première pour une entreprise d'Afrique sur ce segment de marché, a été souscrite 4,6x et a intéressé 176 investisseurs. Elle vise à optimiser la structure du capital du Groupe tout en soutenant sa stratégie de croissance.

Souveraineté numérique : comment Cires Technologies construit les infrastructures de demain
GITEX 2026

Article : Souveraineté numérique : comment Cires Technologies construit les infrastructures de demain

Face à l’explosion des données et à la montée des risques cyber, la souveraineté numérique s’impose comme un enjeu stratégique pour les États et les grandes organisations. Au Maroc, Cires Technologies, filiale technologique du groupe Tanger Med développe un modèle intégré, alliant cybersécurité, data et infrastructures intelligentes, avec des ambitions à l’échelle du continent africain.

Séismes. Pourquoi le Maroc veut changer les règles de construction
Architecture et urbanisme

Article : Séismes. Pourquoi le Maroc veut changer les règles de construction

Alors que le secteur du BTP tourne à plein régime au Maroc, la sécurité des constructions redevient une question centrale. Relancée par le séisme d’Al Haouz, l’actualisation du RPS 2000, le règlement marocain de construction parasismique, doit ouvrir la voie à des règles mieux adaptées aux réalités marocaines, des matériaux aux pratiques de chantier. Voici ce qu’il faut en savoir.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité