Batterie électrique : au Maroc, des indices de lithium et de nickel en cours d’étude
A l’occasion de la deuxième édition du Forum international de la chimie 2024, qui s’est tenu ces mercredi 15 et jeudi 16 mai à Rabat sur l’industrie des batteries à hautes performances, Othman Sediki, Mining Exploration Director à l’Office national des hydrocarbures et des mines, a fait le point sur les minerais disponibles au Maroc et utiles dans la fabrication de la batterie à hautes performances.
"Actuellement, en termes de minerais, on est dans la phase de transition énergétique", résume Othman Sediki, Mining Exploration Director à l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), pour décrire l’état des lieux dans le secteur au Royaume. "C’est une stratégie de l’Etat. Il s’agit d’une transition métallivore, essentiellement basée sur les métaux. La transition énergétique, c’est essentiellement le transport de l’énergie et son stockage. Et qui dit stockage d’énergie dit batteries électriques, elles-mêmes composées de plusieurs métaux." Donc transport et stockage, y compris et d’abord dans les batteries.
"Les batteries LFP prendront de plus en plus de parts de marché"
Dans un panel précédent à celui de M. Sadiki, Salim Moussaddykine, directeur Business Development-Chimie chez INNOV’X, filiale de l’UM6P, a déclaré : "Il y a essentiellement deux types de batteries sur le marché : les batteries NMC (composées principalement de nickel, de manganèse et de cobalt) et les batteries LFP (composées de lithium, de fer et de phosphate)."
"Les batteries LFP prendront de plus en plus de parts de marché grâce au développement du véhicule électrique", a-t-il ajouté. "Elles sont d’ailleurs déjà dominantes et leurs composants représentent un avantage important pour le Maroc."
Des indices de lithium et de nickel en cours d’étude
En effet, plusieurs métaux entrent dans la composition de ces deux types de batteries électriques. Le Maroc en possède certains et étudie encore en profondeur les indices trouvés pour d’autres, notamment le lithium et le nickel.
"Pour le lithium, d’énormes recherches sont effectuées dans tout le Royaume", a annoncé Othman Sadiki. "Nous avons actuellement des indices en cours de développement." "Je ne dis pas que l’on a des gisements", précise-t-il toutefois. "Ce sont des indices en cours de développement et d’études plus approfondies."
"Pour ce qui est du cobalt, les travaux se poursuivent dans la mine de Bou-Azzer, qui est unique en son genre puisqu’elle produit le cobalt en tant que principale substance. Cette mine est pilotée par Managem. Les recherches qui y sont en cours sont, pour certaines, menées dans le cadre d’un partenariat entre Managem et l’ONHYM tandis que d’autres sont réalisés uniquement par l’OHNYM."
"Le nickel est aussi un élément très important. Comme pour le lithium, nous n’avons pas de gisement de nickel mais quelques indices en cours d’étude. Nous avons des résultats de surface. Il y a encore quelques anomalies qu’il faut détailler et étudier."
"Quant au cuivre, il est très important pour le transport de l’énergie. C’est un métal actuellement très recherché partout. Il est stratégique. Nous avons les résultats d’un partenariat entre l’ONHYM et Managem sur une recherche dans l’Anti-Atlas, ainsi que les travaux menés pas l’ONHYM en moyens propres ailleurs."
"J’en arrive enfin au graphite. Le seul prospect actuellement connu au Maroc est celui de Jbilet. Il y a certes d’autres indices mais celui de Jbilet est le plus avancé. Une convention a d’ailleurs été signée dernièrement entre l’ONHYM et Managem pour son développement."
"Par ailleurs, dans cette transition énergétique, il n’y a pas que les métaux", souligne M. Sadiki. "L’ONHYM a essayé de varier les thématiques avec la recherche de l’hydrogène naturel. C’est de l’hydrogène géologique. Et pour aller également vers le green, nous travaillons sur la séquestration du CO2 et le stockage de l’énergie."
L’extraction, principale étape de la recherche minière
Othman Sadiki est également revenu sur les différentes étapes de la recherche minière. "L’exploration est en général la partie la plus risquée de la recherche minière. On procède d’abord par une phase de recherche générale et régionale, à l’issue desquelles on aboutit à des anomalies, qui sont étudiées et détaillées, pour nous donner par la suite l’output. Ce sont des indices qui deviennent des prospects puis des ressources."
"Ces ressources sont développées et c’est après tout ce long travail de longue haleine que l’on aboutit à un gisement. On démarre d’habitude avec une centaine d’anomalies pour n’en exploiter peut-être par la suite qu’une seule", a conclut le Mining Exploration Director de l’ONHYM.
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