Aïd al-Adha : la demande correspondait aux prévisions, un chiffre d'affaires d'environ 18 MMDH
BILAN. Le chiffre d’affaires réalisé durant Aïd al-Adha est estimé à environ 18 milliards de DH, apprend-on de sources professionnelles, confirmant ainsi le chiffre publié par HCP. Une grande partie de ce montant sera transférée au milieu rural. En ce qui concerne la demande, elle correspondait aux prévisions des professionnels du secteur. Environ deux millions de têtes n’ont pas été sacrifiées. Certaines seront ainsi disponibles sur le marché pour la viande ovine, tandis que d’autres participeront à l’offre du prochain Aïd.
La 6e édition de l’opération d'identification des ovins destinés à l’abattage s’est bien déroulée, apprend-on auprès de M’Hamed Karimine, président de la Fédération interprofessionnelle de la viande rouge (FIVIAR). "Les mesures entreprises par les autorités publiques cette année ont permis de garantir une offre suffisante au niveau national, malgré les aléas climatiques, mais aussi de maintenir les prix, qui ont baissé de 700 à 1.500 DH par tête pour les grosses carcasses à la veille de la fête, atteignant ainsi des niveaux inférieurs aux prix pratiqués l’an passé", affirme notre interlocuteur.
Un chiffre d’affaires d'environ 18 MMDH
Le chiffre d’affaires annoncé par le haut-commissariat au Plan (HCP) , qui est de 18 milliards de DH, "n’est pas loin de la réalité", estime M’Hamed Karimine.
"Cependant, ce chiffre ne vient pas seulement des transactions commerciales des animaux d’abattage. Il englobe également les autres prestations en relation avec l’Aïd, telles que le transport, l’aliment pour cheptel durant la semaine qui précède l'Aïd, et les ustensiles de cuisine (couteaux, barbecue et autres), entre autres."
Ce chiffre d’affaires représente une trésorerie utile pour les agriculteurs. L’Aïd, c’est avant tout un transfert d’argent du milieu urbain vers le rural, d'où son importance. Une grande partie de cet argent sera ainsi transférée dans le milieu rural, ce qui permettra aux agriculteurs de faire face aux dépenses des autres activités agricoles, en particulier le lancement de la prochaine campagne agricole.
La demande correspond aux prévisions
En ce qui concerne le cheptel, "nos prévisions étaient justes. Bien avant d’achever l’opération d'identification, nous avions parlé d’un cheptel à identifier variant entre 6,5 et 7 millions de têtes. À la fin de l’opération, ce sont 6,860 millions de têtes qui ont été identifiées".
Le ministère de l’Agriculture avait quant à lui annoncé dans son communiqué une offre de 7,8 millions de têtes. "On estime à un million le nombre de têtes qui n’ont pas été identifiées. Ce sont des animaux destinés à l’autosacrifice. Certains agriculteurs élèvent leurs propres moutons pour l’Aïd et refusent de les identifier puisqu’ils ne seront pas mis dans les circuits des souks ; l’identification n’étant pas un acte obligatoire. Elle ne l’est que pour accéder à certains souks", nous explique le président de la FIVIAR.
"La demande est estimée à 5,5 millions de têtes. Après l’Aïd, il reste environ 2 millions de têtes qui n’ont pas été sacrifiées. Celles-ci resteront ainsi disponibles sur le marché pour la viande ovine, et certaines seront gardées pour participer à l’offre du prochain Aïd."
Baisse des prix à la veille de l’Aïd
D'après notre interlocuteur, "les prix ont baissé à la veille de l’Aïd, en particulier pour les grands sujets, qui n’ont pas trouvé preneurs".
"La baisse est estimée entre 700 et 1.500 DH par unité. Les moutons ont ainsi atteint des niveaux inférieurs à ceux pratiqués l’an passé."
"De manière générale, les prix n’ont augmenté que de 10% sur l'ensemble du cheptel. Sur les petites carcasses, l’augmentation a atteint 15% par rapport à l’année dernière."
Le cheptel en très bon état
Sur le plan sanitaire, "plus de 99% du cheptel était en bon état après l'abattage, excepté des cas isolés de kystes au niveau de certains organes, notamment le foie ou le poumon. Ce sont des cas absolument normaux".
"Pour veiller au bon déroulement de l'Aïd, les ingénieurs, vétérinaires et techniciens de l’Office national de la sécurité sanitaire des produit alimentaires (ONSSA) sont restés mobilisés durant le jour de l’Aïd et les quatre jours qui ont suivi, sur le terrain mais aussi sur les réseaux sociaux pour répondre aux réclamations des consommateurs, non seulement sur la situation sanitaire du cheptel, mais aussi pour éviter la propagation des fake news."
Selon nos informations, le bilan de l'Office concernant le nombre de carcasses contrôlées, le nombre de réclamations et autres, sera dévoilé prochainement.
Une 6e édition réussie
Et notre source de poursuivre : "Nous sommes à la 6e édition de l’opération d’identification du cheptel destiné à l’abattage durant Aïd al-Adha et de toutes les autres mesures qui l’accompagnent, à savoir le contrôle en amont pendant la production et l’engraissement du bétail", explique notre source.
"Ces opérations ont démarré en 2018, suite au verdissement des carcasses en 2017, notamment à cause de l’usage de certains aliments tels que la fiente de volaille."
"L’identification démarre chaque année à environ six mois de la fête du sacrifice, et englobe, outre l’identification proprement dite du cheptel, celle des unités d’engraissement, leur recensement, le contrôle des médicaments utilisés ainsi que tous les produits prohibés, notamment la fiente de volaille, qui était très utilisée auparavant."
"Cette opération est unique au monde. Le Maroc est le seul pays musulman qui effectue toutes ces procédures pour sécuriser le cheptel pour Aïd al-Adha. La particularité de cette année réside dans le maintien d’une tendance baissière des prix. Nous avons réussi à le faire en permettant l’importation, en levant toutes les taxes douanières, en instaurant une prime à l’importation pour diversifier l’offre et l’augmenter, et surtout en réduisant les intermédiaires pour tirer les prix vers le bas sur l’ensemble du Royaume."
Et de conclure : "Au nom des professionnels du secteur de la viande rouge, je tiens à saluer les efforts entrepris par les acteurs concernés, notamment le ministre de l'Agriculture, l'ONSSA et les autorités publiques, qui ont permis de maintenir l'Aïd dans de bonnes conditions."
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