Près de 300.000 festivaliers ont pris part à la 24e édition du Festival Gnaoua
La 24e édition du Festival Gnaoua et musiques du monde d’Essaouira s’est achevée le samedi 24 juin, après avoir accueilli près de 300.000 festivaliers et un nombre plus important de visiteurs étrangers, selon sa fondatrice.
Clap de fin pour la 24e édition du Festival Gnaoua et musiques du monde. Ils étaient près de 300.000 festivaliers à déambuler entre la place Moulay El Hassan et la scène de la plage, Borj Bab Marrakech, mais aussi dans des lieux d’exception tels que Dar Souiri, Bayt Dakira ou la zaouia issaouia, pour des moments plus intimistes.
“C’était une édition inédite, à la limite de la magie, comme me l’a dit un festivalier. Je dois avouer que nous avons tout fait pour que ce retour soit exceptionnel, car les attentes étaient nombreuses après trois années de Covid”, nous confie Neila Tazi, fondatrice du festival.
“C’est l’année de la relance après-Covid et de la consécration après l’inscription des Gnaoua à l’Unesco. Nous avons eu un soutien inédit qui nous donne de l’espoir quant à l’avenir de ce projet, et je tiens à remercier tous ceux qui soutiennent ce festival unique au monde : les partenaires publics et le ministre de la Culture, les sponsors et le gouverneur de la province, les pouvoirs publics et la ville pour la qualité de notre collaboration dans l’organisation d’un événement qui accueille des milliers de gens venus des quatre coins du monde.”
Neila Tazi souligne que, cette année, le festival a accueilli un public plus nombreux que lors des éditions qui ont précédé le Covid. “Nous avons également eu un nombre bien plus important de visiteurs étrangers cette année, ce qui est un indicateur clair de la notoriété grandissante du festival à l'international”, précise la fondatrice.
Une cinquantaine de concerts de 480 musiciens en provenance de 15 pays
Pendant trois jours, plus de 35 mâalems, maîtres incontestés du festival, ont offert des moments intemporels au public. Au total, 480 musiciens venus du Maroc et de 15 autres pays ont fait résonner les musiques du monde bien au-delà des murailles de la ville, avec une cinquantaine de concerts programmés.
De son côté, la traditionnelle parade a donné le ton dans l’allégresse, avec son cortège de sons et de couleurs pour emmener les festivaliers vers un concert d’ouverture explosif fait de la rencontre de deux arts ancestraux et inscrits au patrimoine universel de l’Unesco. Les Tambours du Burundi, représentés par la compagnie Amagaba, et l’art de la tagnaouite, illustré par les frères Kouyou, ont fusionné, accompagnés par les solos lancinants du saxophoniste Jaleel Shaw et ponctués de moments de grâce interprétés par la chanteuse Sanaa Maharati.
Les crispations identitaires au cœur de la 10e édition du Forum des droits de l’Homme
À l’heure où les débats identitaires traversent et, parfois, divisent les nations, la 10e édition du Forum des droits de l’Homme a réuni un panel d’académiciens, d’intellectuels, d’acteurs associatifs et d’artistes autour du thème "Identités et appartenances". Pendant deux jours, intellectuels, artistes et militants des droits de l’Homme ont pris part à ces échanges.
Le public du forum a pu donc écouter et interagir avec des sommités internationales telles que l’historien Patrick Boucheron, membre du Collège de France, l’anthropologue et historien professeur à l’UCLA, Aomar Boum, le professeur de philosophie Yacouba Konaté, la présidente directrice générale de l’entreprise internationale Solvay, Ilham Kadri, mais également des artistes comme Minino Garay, ou des actrices de la société civile et femmes politiques à l’instar de Fadila Mehal, fondatrice des Mariannes de la diversité et élue de la ville de Paris.
Répartis en six panels, les débats, enrichis par des discussions avec les participants, ont porté sur des questions telles que “Crispations identitaires, un mal universel ?”, “Identités sereines et universalisme fraternel “ ou encore “Individus, communautés et nations : un besoin d’identité”.
Initiation du projet “Ouled Bambra”
Ayant pour mission la transmission des savoirs, la sauvegarde et la promotion de la culture des Gnaoua, l’association Yerma Gnaoua a initié cette année le projet “Ouled Bambra”.
L’occasion pour la jeune génération de se frotter aux plus grands maâlems. Huit troupes de jeunes gnaouis, provenant de huit régions du Maroc (Safi, Essaouira, Agadir, Marrakech, Casablanca, Asilah, Fès et Rabat), se sont produites devant un jury composé de professionnels du monde de la culture et de la musique et ont bénéficié de leurs conseils et accompagnement dans le cadre du festival.
Date des prochaines éditions dévoilées
“Le festival gagne en notoriété nationale et internationale, il est donc évident que le challenge sera encore plus important. Les défis seront incontestablement ceux de l’artistique et de l’organisation, qui sont les deux axes essentiels sur lesquels repose tout le reste”, confie Neila Tazi.
On rappelle que les dates des trois prochaines éditions du festival ont déjà été dévoilées : du 27 au 29 juin 2024, du 26 au 28 juin 2025 et, enfin, du 25 au 27 juin 2026.
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