SMI : un effet prix favorable et un effet volume mitigé sont attendus cette année

| Le 24/5/2023 à 15:16
Cette année, la SMI devrait afficher une amélioration de sa production d'argent sans toutefois revenir à des niveaux normatifs. Le cours de l'argent devrait bien se porter, du fait de la détente monétaire de la FED et de la baisse du dollar. En revanche, l'effet change, exceptionnel en 2022, ne devrait pas bénéficier au groupe cette année.

La Société métallurgique d’Imiter (SMI) a affiché l’an dernier un chiffre d’affaires de 798 MDH en progression de 16% par rapport à l’année précédente. La profitabilité était repassée dans le vert à 35 MDH, du fait d’un double effet positif cours/parité.

Au premier trimestre 2023, le groupe affiche un chiffre d’affaires en très légère baisse de 3 MDH par rapport à la même période l’an dernier à 214 MDH. Une performance qui a été affectée par la baisse des cours de vente de l’argent de 10% sur la période, partiellement compensée par une amélioration de 8% de la parité USD/MAD sur la période par rapport à l’an dernier.

Mais quid de la tendance qui se dessinera sur l’année 2023 pour la filiale de Managem spécialisée dans la production d’argent ?

Un retour à des volumes normatifs cette année sera peu probable

Durant le premier trimestre, le groupe a annoncé que les volumes de ventes s'étaient maintenus à des niveaux similaires à ceux observés à la même période l’an dernier.

Il convient de rappeler que le groupe fait face à des baisses récurrentes de volumes depuis la pandémie. En 2022, le volume de production affichait déjà une baisse de 6% par rapport à 2021 avec près de 111 tonnes. "L’année 2022 a été délicate avec des difficultés persistantes au niveau des volumes et de la teneur de la mine (gramme d’Argent par tonne, ndlr). Il y a cependant une nouvelle source de production qui pourrait soutenir la production globale, à savoir les haldes minières qui sont opérationnelles. Le fait que le gisement vieillisse fait que cela requiert plus d’investissement pour atteindre des gisements qui sont très souterrains", explique une source de la place.

De fait, le retour à des niveaux normatifs, observés avant la période du Covid, à savoir une volumétrie d’environ 180 tonnes par an, semble difficile à atteindre. "Nous ne pensons pas que des niveaux similaires seront atteints ces deux prochaines années. L’effet teneur s’amenuise du fait du vieillissement du gisement. Pour le soutien à la production, nous avons les haldes miniers et un autre projet d’extension qui devrait améliorer le niveau de production. Des efforts sont consentis, mais il est peu probable qu’un retour à la normale soit concrétisé cette année", appuie notre source.

Le groupe pourrait cependant bénéficier d’un potentiel effet prix intéressant, notamment du fait d’une pause, voire d’une inversion de tendance dans la politique monétaire américaine.

Un effet prix sur l’Argent qui devrait se bonifier en 2023 

SMI devait bénéficier d’une conjoncture intéressante concernant les cours de l’argent cette année. "L’an dernier il a été mis sous pression à cause de la hausse du dollar, du fait de la politique restrictive de la FED. Aujourd’hui, cette dernière annonce faire une pause au mois de juin. Il se pourrait même qu’on assiste à un pivot au S2-2023", explique notre source.

De fait, les cours des métaux précieux, libellés en dollar, s’apprécient quand le dollar baisse, car le billet vert est plus attractif. Cela s’observe d’ailleurs avec une amélioration des cours de l’Or et de l’Argent en YTD. "Il y aura sur l'argent, selon notre appréciation, des niveaux qui seront plus lucratifs qu'en 2022 avec la baisse attendue du dollar", explique notre interlocuteur.

Cela impactera néanmoins l’effet change qui était exceptionnel en 2022 avec une dépréciation du dirham de près de 13%. "Cette année, nous serons sur une tendance inverse avec une appréciation de la monnaie nationale. Donc le groupe devrait capitaliser principalement sur l’effet prix à l’international."

Durant le premier trimestre, l’effet change s’est encore montré positif, et ce, malgré une appréciation du dirham de plus de 5%. Cet effet favorable connu par SMI sur la période est probablement dû à de bonnes couvertures faites l’an dernier qui font résister l’effet change. "Cependant, sur l’année entière, il est peu probable que l’on reste sur cette tendance concernant le change", conclut notre source.

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