Il faut créer des champions nationaux dans l'industrie du dessalement (Ali El Harti)

Les entreprises marocaines ne jouent pas encore les premiers rôles en matière de construction de stations de dessalement au niveau national. Le taux d’intégration de l’industrie du dessalement est assez faible au Maroc. L’éclairage de Ali El Harti, président de la Fédération nationale de l’électricité, de l’électronique et des énergies renouvelables (Fenelec).  

Il faut créer des champions nationaux dans l'industrie du dessalement (Ali El Harti)

Le 23 mai 2023 à 16h48

Modifié 23 mai 2023 à 17h56

Les entreprises marocaines ne jouent pas encore les premiers rôles en matière de construction de stations de dessalement au niveau national. Le taux d’intégration de l’industrie du dessalement est assez faible au Maroc. L’éclairage de Ali El Harti, président de la Fédération nationale de l’électricité, de l’électronique et des énergies renouvelables (Fenelec).  

À l’horizon 2030, il est prévu la réalisation de neuf stations de dessalement, dont 57% de la production concerneront l’eau potable et 43% l’eau d’irrigation.

La construction des stations de dessalement, qui sont des projets capitalistiques, nécessitera la mobilisation de plusieurs milliards de dirhams. Pour avoir un ordre de grandeur, le coût global de la station de dessalement de Chtouka-Ait Baha (Agadir) - mise en service début 2022 - s’élève à 4,4 MMDH. Or, de l’avis de certains professionnels, les entreprises marocaines ne tirent pas suffisamment profit de l’essor de cette industrie, faute de références en la matière.

Des entreprises cantonnées à la sous-traitance

Le constat de Ali El Harti, président de la Fédération nationale de l’électricité, de l’électronique et des énergies renouvelables (Fenelec), est édifiant à plusieurs titres. "Le taux d’intégration de l’industrie du dessalement est assez faible au Maroc. Les entreprises marocaines sont représentées en matière de génie civil dans les projets de construction des stations de dessalement. En revanche, elles sont absentes en termes de process, d’ingénierie, d’osmose, de système, d’automatisme et de procédés", confie le directeur général de Centrelec Maroc au cours d’un échange avec Médias24.

L’autre explication de taille avancée par cet ingénieur de formation est que, afin de multiplier leurs chances d’être retenues pour l’exécution des travaux de génie civil pour la réalisation des stations de dessalement, les entreprises marocaines, dépourvues de références, s’associent aux entreprises étrangères dans le cadre d’un groupement. "Les sociétés étrangères, conscientes de l’absence de concurrence de la part d’entreprises marocaines ont tendance à relever les prix de leur technologie et ingénierie. Ce qui est préjudiciable au pays. Sachant que la souveraineté en matière d’eau potable est hautement cruciale", soutient le patron de la Fenelec.

L’entité associative fédère plusieurs entreprises d’électricité sous-traitantes des contrats EPC (Engineering, Procurement, Construction) pour la réalisation de stations de dessalement.

"Au niveau de la fédération, nous avons des entreprises d’électricité, capables de réaliser des stations de dessalement en se procurant la technologie, le savoir-faire et l’ingénierie à l’étranger, mais à condition que l’ONEE branche eau le permette". À ce stade, il convient de souligner que dans le cadre des appels d’offres en la matière, l’Office public a fait le choix d’ériger en critère cardinal les références des entreprises - gage d’expertise et d'un savoir-faire éprouvé -, d’autant que la production et la distribution d’eau potable sont des domaines sensibles laissant peu de place à la prise de risque.

Deux pistes pour créer des champions nationaux

Dans l’optique de créer à terme des champions nationaux en matière de réalisation de stations de dessalement, Ali El Harti envisage deux principales pistes. La première concerne l’ONEE, principal donneur d’ordres, qui d’après notre source, doit donner de la visibilité sur deux à trois ans concernant les futurs projets de dessalement. "Cette planification partagée donnera le temps aux entreprises nationales de constituer des joint-ventures avec leurs homologues étrangères afin d’adresser le marché domestique", explique notre source.

La seconde a trait à la création de surcapacité par rapport aux besoins du marché domestique. "La production du surplus de capacité permettra à l’ONEE - fort d’une grande expertise en matière de dessalement - d’accompagner des entreprises marocaines, jusqu’à ce qu’elles puissent se conformer au cahier des charges en vigueur."

Et de conclure : "Les pays leaders aujourd'hui ont utilisé ce genre de mécanismes et de pratiques afin de garantir leur souveraineté dans le domaine du dessalement, un secteur stratégique puisqu’il est question de la production d’eau potable destinée à plusieurs millions de personnes."

Le Maroc face à une opportunité historique de développer une industrie du dessalement

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