Architecture. Une villa aux courbes élégantes (Mohamed Amine Siana)
L’inspiration de la nature, la blancheur des murs de façades, les courbures, ainsi que les matériaux choisis, donnent naissance à une villa de belle allure.
Natif de Casablanca, et lauréat de l’Ecole nationale d’architecture de Rabat en 2004, Mohamed Amine Siana est l’un des architectes contemporains dont les réalisations ne cessent de marquer l’empreinte moderne dans l’architecture marocaine.
Il ouvre sa propre agence d’architecture en 2005. Son style privilégie l’emploi de matériaux de construction naturels, la création de jeu de pleins et de vides, d’ombres et de lumières, et montre à travers ses conceptions son penchant vers l’approche écologique, qu’il met en valeur grâce à des techniques naturelles d’isolation, de climatisation, d’aération, ainsi que son choix d’orientation spécifique pour chaque espace.
Ayant reçu l’ordre du mérite des architectes du Maroc, son parcours est assez riche ; il a réalisé plusieurs projets (sportifs, éducatifs...) et reçu plusieurs distinctions grâce à ses conceptions architecturales remarquées. Parmi ces récompenses, le prix italien Archmarathon Award pour le projet de l’Ecole supérieure de technologie (EST) de Guelmim en 2015, puis le prix méditerranéen Mimar Sinan - Rive Sud en 2016 (le prix de la Rive Nord avait été décerné à l’architecte français Christian de Portzamparc).
La même année, Mohamed Amine Siana remporte le prix américain annuel "Architectural Record Design Vanguard", qui élit les dix architectes avant-gardistes à suivre dans le monde. Un prix de grande valeur que plusieurs architectes célèbres avaient remporté, comme le Chilien Alejandro Aravena, professeur à la Harvard Graduate School of Design et prix Pritzker d’architecture en 2016, ou encore l’architecte ghanéen et britannique David Adjaye.
Parmi les réalisations de Mohamed Amine Siana que nous avons relevées, la Villa LL située à Casablanca, en collaboration avec son équipe d’architectes, Yassine El Aouni, Rachid El Maataoui et Salim El Aouni. Sur un terrain de 1.000 m², la villa s’installe avec une surface constructible de 290 m², dont la construction est achevée en 2019.
Mohamed Amine Siana explique que sa vision de l’architecture réside dans le fait de ne pas s’approprier un style prédéfini, mais plutôt de donner l’opportunité au client d’exprimer ses attentes et ses sensibilités et d’étudier les autres données techniques du projet en question afin de pouvoir définir et réinterpréter le style convenable et adéquat. Et dans ce cas, la réponse la plus appropriée en l’occurrence était dans la continuité de la Villa Z, conçue en 2015 à Casablanca, dont les éléments architectoniques ont été utilisés dans un autre registre pour répondre à tout autre besoin.
Suivant les orientations du client, l’aspect architectural du projet devait privilégier l’intimité des usagers tout en ayant un espace intérieur animé et communiquant avec l’espace extérieur.
A l’intérieur de la villa, l’architecte a conçu un seul niveau reliant l’espace jour et l’espace nuit − des séparations épurées entre les pièces assurent une circulation fluide et apaisante pour l’usager de l’espace − et a su créer une continuité et une cohésion du passage de l’intérieur vers l’extérieur, où on trouve une piscine orientée Sud-Est qui embellit la vue depuis le séjour, le hall et le reste de la villa.
L’aspect courbure s’impose à l’intérieur par un plafond mariant l’aspect brut du béton avec la blancheur du faux plafond, et à l’extérieur par des murs dynamiques. L’architecte nous affirme que l’intérêt de privilégier les courbures à l’intérieur de la demeure et dans l’aspect extérieur des façades réside principalement dans la volonté de la cliente d’avoir une architecture douce qui suggère sans imposer, qui reçoit la lumière et l’estompe sans la bloquer, et qui, en toute sensualité, dessine un espace protecteur qui embrasse l’usager sans angles affirmés.
Le concept relève d’une pure pensée architecturale marocaine qui s’inspire du patio et de la cour intérieure comme noyau central, qui octroie, d’une part, un flux entre les différentes pièces de la villa, et d’autre part, répond aux contraintes climatiques en assurant une aération et un éclairage naturel optimal pour la totalité des espaces, par le biais de larges baies vitrées séparées par des murs courbés et arqués et dissimulant les ouvertures et les accès vers la demeure, créant ainsi un jeu de pleins et de vides.
Dans la continuité de cette architecture douce, discrète, dessinée par ses courbes blanches, les matériaux utilisés viennent souligner cet aspect par l’usage d’un marbre blanc Thasos qui affirme cette abstraction fondue entre son blanc et sa lumière. L’architecte nous affirme que les seules touches de couleurs et de matière sont le béton apparent de la dalle, interprété comme un fond de toile pour faire ressortir les courbures du plafond courbe en plâtre, et le zellige traditionnel qui ajoute un grain de fraîcheur avec une couleur qui valse entre le vert d’eau et le bleu ciel.
L’inspiration de la nature, la blancheur des murs de façades, les courbures, ainsi que les matériaux choisis permettent de marier cette touche d’authenticité et d’originalité à l’innovation.

VILLA LL
Architecte : Mohamed Amine Siana
Equipe : Yassine El Aouni, Salim El Aouni, Rachid El Maataoui
Localisation : Casablanca
Surface constructible : 290 m²
Surface de terrain : 1.000 m²
Livraison : 2021
Fourniture : Roche Bobois
Photos : Fernando Guerra FG+SG
à lire aussi
Article : Libre-échange. Pourquoi le Maroc doit bien négocier ses prochains accords
ROUND-UP. Le Maroc a déjà largement ouvert son économie à travers plusieurs accords de libre-échange. De nouveaux dossiers sont aujourd’hui sur la table, notamment avec le Chili, le Pérou, la Chine ou la République de Corée. L’enjeu est désormais de mieux négocier ces partenariats, afin d’en tirer le maximum sans fragiliser le tissu productif national.
Article : Mont Tropic : une étude confirme le potentiel des phosphates sous-marins au cœur du bras de fer Maroc-Espagne
Situé dans l’Atlantique nord-est, au sud des Canaries et à l’ouest des côtes du Sahara, le mont Tropic fait l’objet d’une nouvelle étude européenne qui confirme la qualité de ses phosphates sous-marins, comparables à des gisements exploités à terre. Mais l’intérêt du site ne s’arrête pas à la roche phosphatée : ces dépôts semblent avoir favorisé l’accumulation de cobalt, de manganèse, de terres rares et d’yttrium, dans une zone encore suspendue à la délimitation maritime entre Rabat et Madrid.
Article : Streaming sportif : comment TOD veut révolutionner le visionnage des matchs au Maroc face à l'IPTV
Dans un entretien accordé à Médias24, Peter Mrkic, directeur général de TOD by beIN, détaille la feuille de route de la plateforme de streaming au Maroc. Alors que le service bénéficie désormais d'un cadre réglementaire stabilisé par l'autorisation de la HACA, le dirigeant revient sur les enjeux de pénétration du marché, la concurrence de l'informel et les défis techniques liés à la diffusion en direct du streaming.
Article : Hydraulique : Amiblu Maroc inaugure à Nouaceur une nouvelle ligne de production de 160 MDH
Cette extension doit porter la capacité annuelle de l’usine à environ 650 km de conduites et permettre la création de 58 emplois directs et plus de 200 emplois indirects.
Article : Coupe du monde 2026. Analyse de la formidable qualification du Maroc contre les Pays-Bas
Enthousiastes, parfois fragiles en profondeur et épatants à la fois, les Lions de l’Atlas ont renversé les Néerlandais en seizième de finale, dans la nuit du lundi 29 au mardi 30 juin à Monterrey, au Mexique. Combatifs, les hommes de Mohamed Ouahbi ont réussi à éteindre leurs adversaires grâce à un plan de jeu où la prudence a laissé place à l’ambition au fil des minutes.
Article : Nutrition : le HCP et la FAO lancent la première Table marocaine de composition des aliments
Ce référentiel recense 1.001 aliments consommés au Maroc, dont des plats traditionnels, et les décrit à travers 43 constituants. Il doit permettre de convertir les quantités déclarées par les ménages en apports énergétiques fiables, afin de mieux suivre les carences, les excès et les disparités alimentaires.