Climat des affaires, capital humain, inclusion... les sujets prioritaires pour le binôme Alj-Tazi
Candidats à leur propre succession, Chakib Alj et son colistier Mehdi Tazi ont présenté les 4 axes sur lesquels ils ambitionnent de se pencher durant leur prochain mandat à la tête de la CGEM.
Dans le cadre de sa campagne pour un nouveau mandat à la tête de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), le binôme Chakib Alj et Mehdi Tazi a détaillé son programme pour les trois années à venir et présenté son bilan, dans une conférence de presse qui s’est tenue ce 4 mai à Casablanca.
Seul candidat à sa propre succession, le duo a tout de même choisi de mener une campagne en bonne et due forme, en effectuant une tournée en région et en rencontrant les différentes fédérations professionnelles.
Présenté par Mehdi Tazi, le programme pour le mandat 2023-2026 s’articule autour de 4 axes, avec un objectif global de libérer les énergies pour une croissance durable et inclusive, dans la continuité du livre blanc publié par la CGEM en octobre 2021 :
- continuer à améliorer le climat des affaires ;
- libérer et développer le capital humain ;
- œuvrer à l’inclusion économique, sociale et territoriale ;
- préparer l’économie de demain (de nouveaux secteurs à promouvoir).
Améliorer le climat des affaires
Alj et Tazi considèrent la nouvelle Charte de l’investissement et l’activation du Fonds Mohammed VI pour l’investissement comme les réformes les plus importantes pour le climat des affaires, qu’ils entendent accompagner pour leur activation et mise en œuvre au niveau du patronat.
Ils visent également la simplification de l’acte d’entreprendre, à travers la révision des procédures administratives et judiciaires applicables. Tout comme l’amélioration de la compétitivité des facteurs de production, notamment l’accès au foncier et son coût, ainsi que la compétitivité logistique.
Ils inscrivent aussi, parmi les objectifs de leur programme, la lutte contre la concurrence déloyale engendrée et alimentée par le secteur informel et la corruption.
Libérer et développer le capital humain
Concernant l’axe du capital humain, ils ciblent la réforme du système de la formation professionnelle, notamment la révision du cadre institutionnel et réglementaire représenté par la loi 60-17, ainsi qu'une réforme de la gouvernance du système.
Autre sujet qui cristallise l’attention de la CGEM pendant les prochains mois, celui du suivi des engagements du gouvernement dans le cadre de l’accord social conclu en 2022. Il s’agit en particulier de la réforme du Code du travail et de la promulgation de la loi sur l’exercice du droit de grève. A ce sujet Chakib Alj souligne que les engagements des patrons d’entreprises sont conditionnés par l’engagement du gouvernement sur ces points-là.
Le programme mentionne également l’accompagnement des chantiers sociaux d’envergure, à savoir la généralisation de la protection sociale et la réforme des retraites. Enfin, ils ambitionnent de se pencher sur le rapprochement entre le monde académique et l’entreprise.
Œuvrer à l’inclusion économique, sociale et territoriale
Ils visent à accompagner les objectifs de la Charte de l’investissement en encourageant à l’investissement et la création d’emploi dans les régions en assurant la promotion des incitations et dispositifs d’aide existants.
Le Small Business Act promis par le ministre Younes Sekkouri figure également dans ce programme. Les candidats visent sa mise en œuvre pour accompagner le développement de l’entrepreneuriat et des TPME.
Ils envisagent aussi de mettre à profit le label de la responsabilité sociale des entreprises (RSE) lancé par la CGEM, et qui a déjà fédéré une centaine d’entreprises, pour élargir le mouvement aux TPME et acquérir davantage de reconnaissance internationale.
L’égalité des chances en milieu professionnel et l’autonomisation économique des femmes comptent également au nombre des objectifs annoncés, tout comme la promotion des bonnes pratiques d’éthique et de gouvernance.
Préparer l’économie de demain
Compte tenu des échéances relatives au Green Deal européen, le binôme insiste sur l’accompagnement à la décarbonation à travers la révision du cadre réglementaire et la mise à disposition de différents outils (évaluation des émissions, guides, formations, etc.).
Sur le même volet écologique, ils veulent promouvoir les pratiques d’efficacité énergétique et hydrique et soutenir le développement de la mobilité électrique.
Après le déploiement du programme Tatwir R&D et innovation, ils envisagent son élargissement afin d’encourager l’innovation et la R&D, notamment auprès des industriels.
Enfin, ils disposent d'un plan pour soutenir le développement d’un écosystème Tech et l’accompagnement de la transformation digitale des entreprises.
Chakib Alj dresse le bilan de son premier mandat
Pour sa part, Chakib Alj, président de la CGEM, a dressé le bilan du premier mandat, où le principal enjeu était la résilience des entreprises et de l’économie marocaine. En effet, les trois années passées ont été caractérisées par des crises successives, notamment la pandémie, la guerre russo-ukrainienne, la déstabilisation des chaînes d’approvisionnement et l’inflation.
Une conjoncture qui a amené le patronat à suivre de près, en partenariat avec le gouvernement et les partenaires concernés, les mesures spécialement mises en œuvre pour garantir la survie des entreprises et des emplois, d’une part, et la contribution des entreprises au dépassement de la crise et à la relance, d’autre part.
Chakib Alj est revenu sur l’accord social conclu avec les gouvernements et les partenaires sociaux, rappelant la nécessité de la refonte de la législation du travail, comme partie intégrante de l’accord.
Le remboursement par l’Etat de 13 milliards de dirhams des arriérés de la TVA est aussi considéré comme une réalisation importante aux côtés des dispositions fiscales inscrites dans les trois dernières lois de finance, en alignement avec les recommandations des Assises de la fiscalité.
Il a également salué les avancées liées à la loi sur les délais de paiement, et au nouveau décret relatif aux marchés publics comme outil favorisant la préférence nationale, l’intégration locale et l’accès des TPME à la commande publique.
Durant ce mandat, la CGEM a pu également décrocher du gouvernement le programme Tatwir pour la promotion de l’innovation et de la R&D, un programme sur lequel elle est partenaire au niveau de sa gouvernance.
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