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ECONOMIE

Des marchés de gros modernisés pour lutter contre l'inflation et les intermédiaires

Pour une meilleure couverture territoriale et une réduction des circuits parallèles qui influent négativement sur les prix, le gouvernement a lancé le chantier de la modernisation des marchés de gros de fruits et légumes. Détails.

Des marchés de gros modernisés pour lutter contre l'inflation et les intermédiaires
Maquette du futur marché de gros prévu à Rabat
Chady Chaabi
Le 20 avril 2023 à 16h26 | Modifié 20 avril 2023 à 17h11

Après la Cour des comptes, le ministère de l’Industrie et du commerce a épinglé les multiples dysfonctionnements dont souffrent les marchés de gros de fruits et légumes du Royaume, dont une couverture territoriale déséquilibrée et une hausse des circuits parallèles impactant négativement la qualité et les prix des produits. 

Pour y remédier, le ministère de tutelle a mis en place une stratégie visant à moderniser les circuits de commercialisation des fruits et légumes pour en faire des plateformes plus accessibles aux consommateurs et aux acheteurs, plus sécurisées et mieux organisées, grâce à un nouveau modèle de gestion et à une infrastructure améliorée.  

Un projet dont la première pierre a été posée en 2021, lors de la signature d'un accord-cadre entre le ministère de l'Agriculture et le ministère de l’Industrie et du commerce. Il s'agit de concevoir des marchés de vente en gros de fruits et légumes nouvelle génération.

"Ces nouveaux marchés serviront de plateformes de distribution régionales. En plus du marché de gros de Rabat, quatre autres structures similaires sont en cours de construction", a récemment annoncé Mohammed Sadiki, ministre de l’Agriculture.

Des marchés de gros modernisés pour lutter contre l'inflation et les intermédiaires

38 marchés de gros répartis en trois catégories

Les 38 marchés de gros de fruits et de légumes dont dispose actuellement le Maroc sont répartis en trois catégories : 

- les marchés de consommation (29) ; 

- les marchés de production (2) ; 

- les marchés de consommation et de production (7).

>Les marchés de consommation sont approvisionnés depuis différentes régions pour desservir la consommation locale, à travers la commercialisation des produits aux commerçants locaux. Leurs critères d’implantation se déclinent comme suit : 

- un rayon de desserte fixé à 80 km (+/- 10%) ;

- une distance maximale acceptable pour un commerçant équivalant à un temps de trajet de 1 h ;

- une distance minimale entre deux marchés de gros pour éviter trop de concurrence directe et le gaspillage ; 

- une densité de la population supérieure à 200.00 habitants ; 

- une activité de 5 à 10 camions/jour, soit le seuil minimal pour justifier la mise en place d’un marché de gros, amortir ses frais de structures et assurer sa viabilité économique.

>Les marchés de production accueillent la première mise en marché de la production visant à proposer une offre importante et attractive pour les acheteurs en gros. Ils permettent une réelle confrontation de l’offre et la demande, et l’établissement d’un prix représentatif de l’état du marché. Les critères d’implantation de ces marchés sont les suivants : 

- une volumétrie de production captable d’au moins 550.000 tonnes par bassin de production ;  

- générer des flux logistiques suffisants pour justifier son attractivité en tant que "pôle" de regroupement et d’éclatement de la production locale ; 

- une mutualisation des infrastructures et un amortissement des frais de structure ; 

- éviter une démultiplication à l’excès de petits marchés, dont la survie économique serait compromise, et l’attractivité menacée à terme par la structuration des filières de production en amont.

Une couverture territoriale déséquilibrée

Actuellement, les marchés de gros du Royaume font face à de nombreux écueils qui influent en bout de chaîne sur la qualité et les prix des produits : 

- une couverture territoriale déséquilibrée, car ils sont concentrés dans les régions du nord et du centre du pays ; 

- des infrastructures et des services médiocres, ainsi qu'une détérioration des conditions sanitaires et de sécurité ; 

- localisés dans des emplacements et espaces inadaptés, notamment au sein des villes ; 

- le modèle de gestion est dépassé et le cadre juridique limité ; 

- une hausse de la part des circuits parallèles et du secteur informel, impliquant des opérations de vente sans autorisation ; 

- une multiplicité d’acteurs qui n’apportent aucune valeur ajoutée, à l’image des intermédiaires qui allongent le cercle de distribution et participent à la hausse du prix de vente final.

Pour toutes ces raison, le gouvernement a entamé la modernisation du réseau national de marché de gros de fruits et légumes. Si leur nombre va diminuer, passant de 38 à 34, le Royaume sera mieux couvert, notamment à Tiznit, Laâyoune et Dakhla. 

Des marchés de gros modernisés pour lutter contre l'inflation et les intermédiaires

Des marchés de gros modernisés pour lutter contre l'inflation et les intermédiaires

Cette nouvelle disposition assurera un meilleur approvisionnement des habitants, en visant un million de consommateurs supplémentaires. Sur le papier, les marchés de gros de nouvelle génération sont également censés contribuer à améliorer l'accès des producteurs agricoles locaux. 

D’ailleurs, le futur réseau a pour objectif d’augmenter le nombre de marchés connexes à caractère productif, à proximité des zones à fortes productions agricoles. L’autre élément important de la feuille de route du gouvernement est la création de marchés avec une capacité adéquate. A savoir : 

- 14 marchés à gros volumes (plus de 100.000 tonnes par an) ; 

- 8 marchés de taille moyenne (entre 50.000 et 100.000 tonnes) ; 

- 12 marchés de petite taille (entre 20.000 et 50.000 tonnes).

A noter la disparition des marchés pouvant réceptionner moins de 20.000 tonnes. 

De meilleures infrastructures et des services supplémentaires

Le ministère de l’Industrie et du commerce place de grands espoirs dans ce projet de réforme, d’autant que ses avantages sont légion. Pour exemple, en termes d’infrastructures et services associés :

- des chambres froides pour le stockage ; 

- des espaces pour l'achèvement de la maturation des fruits ; 

- des entrepôts pour le stockage ; 

- une station de lavage et de stockage des caisses et cagettes ; 

- des ateliers de tri et de conditionnement.

Pour ce qui est des améliorations en matière d’infrastructures de commercialisation, elles se déclinent comme suit : 

- des espaces dédiés aux producteurs ;

- des espaces multi-produits ; 

- des plateformes de vente.

L’ensemble des intervenants bénéficieront de la réforme du réseau national du marché de gros de fruits et légumes. Du point de vue des exploitants agricoles, cette réforme permettra un accès direct et sécurisé au marché de gros, ainsi qu’une réduction des opérations d’intermédiation. 

En outre, des installations et des services seront mis à leur disposition pour maintenir la qualité de leurs produits. Les vendeurs de gros jouiront quant à eux de structures de commercialisation attractives et compétitives en termes de coût et de qualité de produits. 

Pour le consommateur final, les nouveaux marchés de gros proposeront une offre diversifiée, avec de meilleures conditions financières et sanitaires. Les communes ne sont pas en reste, puisque la charge de la gestion des marchés de gros sera réduite, avec une nette amélioration de la qualité des infrastructures et des services proposés. 

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Chady Chaabi
Le 20 avril 2023 à 16h26

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