Sintram, ses dirigeants, son syndic : tous sur la sellette ?
Sintram, ses dirigeants et le syndic chargé du redressement de cette entreprise sont menacés par une double saisine initiée par des créanciers. Objet de la demande : révoquer le syndic et mettre la société et ses dirigeants en liquidation.
Gros conflit en vue dans le dossier Sintram. L'entreprise des BTP fait l'objet d'actions judiciaires contestant la procédure de redressement dont elle bénéficie depuis juillet 2021.
Deux créanciers sont à l'origine de ces attaques. Il s'agit de Crédit du Maroc et Maroc Leasing, respectivement titulaires de 10 M DH et 43 M DH comme créances déclarées.
Enregistrées en février au tribunal de commerce de Casablanca, les requêtes se déclinent en trois axes. Le premier tend à la conversion du redressement de Sintram en liquidation judiciaire.
Le deuxième volet de la demande vise les dirigeants de l'entreprise. Les requérants voudraient obtenir des sanctions patrimoniales contre ces derniers. En substance, il s'agit de leur appliquer la liquidation sur leur patrimoine personnel, sanction qui frappe théoriquement les dirigeants coupables de fautes de gestion.
Actuellement chargé de mener la procédure de redressement, le syndic Samir Tabet est également visé par la saisine. Les demandeurs réclament tout bonnement sa révocation.
Le dossier est à l'examen au tribunal de commerce, qui a déjà tenu cinq audiences. La prochaine est programmée le 17 avril.
Les débats sont tenus à huis clos et les motifs de ces saisines n'a pas été rendu public.
Selon nos informations, les différentes demandes s'expliquent par l'accusation de "graves irrégularités" dans la tenue de la procédure. Les griefs visent précisément les vérifications des créances et une sous-évaluation de la dette par rapport aux montants réellement déclarés par les créanciers. L'endettement est estimé à plus de 3 milliards de dirhams.
Exclusif. La dette colossale de Sintram, poids lourd des BTP en redressement
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