Exclusif. La dette colossale de Sintram, poids lourd des BTP en redressement
Placée en redressement judiciaire, la société dirigée par El Miloud Benhammane traîne une ardoise de 3,4 milliards de dirhams, pour l'essentiel des dettes publiques et bancaires. À lui seul, l'Office des changes se positionne avec 1,3 MMDH.
3,4 milliards de dirhams ! C'est le montant des créances déclarées dans le dossier Sintram. En cessation de paiement, ce poids lourd des BTP est en redressement judiciaire depuis 2021.
A elle seule, la dette déclarée par les créanciers privilégiés s'élève à plus de 2,9 MMDH. On y retrouve essentiellement des banques et des entités publiques.
Dans la case "dette publique", l'Office des changes se positionne avec un montant colossal de 1,3 MMDH, très loin devant l'administration douanière qui réclame une soixantaine de millions de dirhams. Ces chiffres s'expliquent par l'activité de Sintram dans des pays africains autres que le Maroc.
Dans la même catégorie, on retrouve également l'ONCF et la CNSS qui ont respectivement déclaré 240 MDH et 46 MDH.
Le secteur bancaire n'est pas en reste. Entre Banque Centrale Populaire, Attijariwafa bank, Bank of Africa et Crédit du Maroc, l'opérateur des BTP traîne une ardoise estimée à 1,07 MMDH. Dans le détail, 685 MDH sont requis par BCP, 263 MDH par AWB et 111 MDH par BOA. CDM fait valoir une créance de 10 MDH.
Il s'agit des montants déclarés par les créanciers. Ces déclarations sont soumises à la vérification du syndic et du juge-commissaire chargés de la procédure.
Sur les 3,4 MMDH de dettes, Sintram ne reconnaît que 417 MDH. Son management invoque même des créances sur des clients pour près de 700 MDH, dont 407 dus par l'ONCF sur des marchés en lien avec la Ligne à grande vitesse (LGV) Tanger-Kénitra.
Mais comment Sintram, un des leaders des BTP au Maroc, en est-il arrivé là ? Affaire à suivre.
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