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ECONOMIE

La blockchain au Maroc, une technologie de plus en plus demandée, mais une offre encore timide

Les entreprises marocaines utilisatrices de la blockchain proposent généralement des solutions ou des services innovants, avec pour objectif d’accélérer leurs process et de réduire leurs coûts. Si son utilisation se limite à quelques secteurs, la blockchain n’est en revanche proposée que par de rares entreprises spécialisées. Le point avec Badr Bellaj, l’un des spécialistes nationaux en la matière.

La blockchain au Maroc, une technologie de plus en plus demandée, mais une offre encore timide
Momar Diao
Le 28 mars 2023 à 11h54 | Modifié 28 mars 2023 à 13h40

L’intelligence artificielle et la blockchain, deux technologies qui ont le vent en poupe aussi bien au Maroc qu’à l’international. Au niveau national, au cours des derniers mois, de nombreuses entreprises se sont emparées de cette technologie, mais son utilisation se limite à quelques secteurs.

Au sujet de l’évolution de l’usage de cette nouvelle technologie et des secteurs les plus demandeurs à l’échelle nationale, Badr Bellaj explique : "Nous avons remarqué une tendance de fond au cours des derniers mois. Il s’agit de l’utilisation de la blockchain pour des projets BtoB (business), notamment dans le secteur bancaire, la régulation et la prévoyance."

Top 3 des secteurs utilisateurs de la blockchain

"Aujourd’hui, les trois secteurs qui utilisent le plus la blockchain au Maroc sont, par ordre d’importance, la logistique, les activités bancaires et celles relatives au paiement", révèle Badr Bellaj.

Il place les télécoms au quatrième rang des utilisateurs de cette technologie. Et il est formel : "Les entreprises marocaines utilisatrices de la blockchain ont généralement pour objectifs de proposer des solutions ou des services innovants, mais aussi d’accélérer leurs process et de réduire leurs coûts."

L’un des atouts majeurs de cette technologie a trait, entre autres, au stockage et à la transmission de l’information, réalisée de manière décentralisée. Ce qui offre la possibilité aux utilisateurs de se passer des tiers de confiance, avec à la clé, l’amélioration de la sécurité, la transparence, la traçabilité et la rapidité des informations enregistrées.

Une offre encore étriquée

Au Maroc, la demande de cette technologie augmente de plus en plus même si le marché est encore jeune, selon  les professionnels. Autre particularité nationale : les entreprises spécialisées dans la blockchain sont très peu nombreuses.

"Le manque de sociétés spécialisées est dû au fait que le secteur est capitalistique. De plus, le retour sur investissement se fait sur plusieurs années. Ces obstacles, assimilés aux barrières à l’entrée, peuvent être dissuasifs pour beaucoup de jeunes entreprises, aussi innovantes soient-elles", analyse notre expert. Ce dernier évoque également l’une des principales exigences de l’activité : celle pour une entreprise de disposer d’un niveau élevé de technicité, lequel s’acquiert avec le temps, à mesure que les références s’accumulent. Notre interlocuteur souligne qu’il existe tout de même au Maroc des entreprises qui tentent d’intégrer la blockchain dans un service dédié.

Enfin, il attire notre attention sur l’intérêt croissant des projets tournés vers l’international pour la blockchain (Web3). Dans le même ordre d’idées, l’annonce faite par Abdellatif Jouahri, wali de Bank-Al Maghrib, en novembre dernier, est très bien accueillie par les professionnels. Cette annonce concerne l’ouverture du chantier de préparation de l’encadrement juridique des crypto-actifs, ainsi que le lancement de la réflexion sur l’émission potentielle d’une monnaie digitale de la Banque centrale utilisant la technologie de la blockchain.

Au final, dans l’optique de démocratiser davantage l’usage de la blockchain au Maroc, tout en renforçant le stock des entreprises spécialisées dans cette technologie, Badr Bellaj travaille à la mise sur pied d’une blockchain au niveau national. Un outil qui devrait permettre aux entreprises spécialisées de développer rapidement leurs propres solutions.

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Momar Diao
Le 28 mars 2023 à 11h54

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