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SOCIETE

Meurtre d'un policier à Casablanca : le BCIJ dévoile les premiers résultats de l’enquête

Lors d’une conférence de presse tenue à Rabat ce vendredi 17 mars, le directeur du BCIJ a dévoilé les résultats de l’enquête qui a permis d’interpeller trois personnes accusées d’avoir exécuté un policier dans la banlieue de Casablanca. Un meurtre ignoble dont le but était de s’emparer de son arme pour pouvoir attaquer des banques dont le butin aurait servi à commettre des attentats.

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Le 17 mars 2023 à 16h43 | Modifié 17 mars 2023 à 22h58

Durant plus d’une heure, le directeur du BCIJ, accompagné de plusieurs hauts responsables de la DGSN et de la DGST, a répondu aux nombreuses interrogations des journalistes sur les circonstances ayant mené au meurtre d’un gardien de la paix qui était affecté à la régulation de la circulation routière de la zone suburbaine Errahma de Casablanca.

Déroulé du crime

Après avoir réclamé à l'assistance une minute de silence debout à la mémoire du policier dont le cadavre calciné avait été retrouvé dans une bouche d’égout, le directeur a présenté les étapes de l’enquête ayant conduit à l’arrestation des trois suspects, dont deux à Casablanca et le troisième dans la région de Sidi Harazem près de Fès.

"Dès le début de l’enquête, tous les services de sécurité (BNPJ, gendarmerie, police scientifique…) ont été mis à contribution, et si nous n’avions aucune piste sérieuse, tout portait cependant à croire que le meurtre avait été parfaitement organisé", a expliqué le directeur du BCIJ en se félicitant de l’aide précieuse d’une dizaine de témoins, proches de la scène du crime.

Revenant sur le déroulé du crime, Haboub Cherkaoui a révélé que les premières auditions avaient mis en évidence le fait que le gardien de la paix avait été abordé à la fin de son service par un individu prétendument en quête d'aide.

Celui-ci avait en effet prétexté une demande de renseignement pour l'occuper avant que son complice n'assène à l'agent de police un seul coup de couteau en plein cœur qui s'est avéré fatal.

Par la suite, les deux agresseurs ont chargé son corps sans vie dans sa propre voiture, afin de le déplacer dans un endroit plus discret où ils l’ont ensuite sauvagement mutilé.

Une fois accomplie leur sordide forfait, ils ont mis le feu à sa dépouille qui a été abandonnée dans une bouche d’égout de la zone Sahel Ouled Hriz.

C'est leur troisième complice qui s'est chargé de brûler le véhicule personnel de la victime qui a été retrouvé carbonisé à Had Soualem dans la région de Berrechid.

Sachant que la caméra portative de l’agent de police retrouvée intacte près du lieu du crime n’était pas activée et n’avait donc pas filmé son agression mortelle, tous les types de mobiles ont dû être minutieusement étudiés par les enquêteurs à savoir crime crapuleux, règlement de comptes, affaire de drogue, dettes, terrorisme…

Un mobile aux soubassements terroristes

Ce n’est qu’après avoir interpelé les trois mis en cause que le mobile terroriste a enfin pu être déterminé avec certitude.

Leur interrogatoire a en effet montré qu’ils venaient d'adhérer à l'idéologie extrémiste depuis à peine un mois et demi.

Apres avoir sommairement prêté serment et allégeance à l'organisation "Daech", ils ont alors projeté d’exécuter un policier pour s’emparer de son arme de service. Un vol qui aurait dû leur permettre de braquer des agences bancaires ou de transfert de fonds pour être en mesure de financer plusieurs attentats terroristes avant de rejoindre,  dans l'idéal, les combattants de "Daech" dans la région du Sahel.

Leur intention de départ était d'aller combattre au Sahel mais faute d'avoir les moyens de s'y rendre, les comparses ont préféré commettre des vols et des attentats dans leur pays.

Une trace numérique a fait basculer l’enquête

Après avoir étudié plusieurs pistes qui les ont menées en vain jusqu’à Saïdia, Tanger et Ouarzazate, les équipes de la BNPJ et de la DGST ont lancé des investigations sur les réseaux des télécommunications afin de recueillir d’éventuelles traces numériques permettant de confondre les auteurs du crime.

Hormis quelques indices matériels relevés sur la scène du crime, une source de haut niveau nous a précisé en aparté que ce sont les opérations de géolocalisation des utilisateurs de téléphone mobile, présents aux alentours du lieu du crime, qui avaient permis de faire basculer le cours de l’enquête.

"En réalité, c’est grâce à une trace numérique que nous avons pu remonter jusqu’à l’un des suspects.

"Mais avant d'en arriver là, il a fallu effectuer un fastidieux travail de recensement et de vérification qui a nécessité une mobilisation totale de nos équipes", a expliqué notre interlocuteur en requérant l’anonymat.

En d’autres termes, les enquêteurs ont commencé par identifier tous les propriétaires de téléphones qui ont "bornés" au lieu et à l’heure de la disparition du policier avant d’établir leur profil, vérifier leur emploi du temps et alibi.

Ce n'est qu'après cette laborieuse phase qu'ils ont enfin pu procéder à des auditions concluantes qui ont débouché sur une première arrestation.

Aucun doute sur l’identité des criminels

Si les recherches numériques ont permis d’aboutir à l’arrestation d’un premier suspect, puis à celles de ses deux complices, notre source a ajouté que les prévenus avaient tous fini par avouer, au cours de leur garde à vue, leur participation au meurtre, deux de façon active et le dernier indirectement.

La véracité de leurs aveux a ensuite été confirmée par les premières analyses scientifiques effectuées sur les armes blanches retrouvées lors des perquisitions dans les refuges des prévenus.

Les résultats ont en effet mis en évidence la présence du sang de leur victime sur la lame des couteaux saisis, ainsi que de nombreuses empreintes digitales et traces d’ADN des trois personnes interpellées.

L'enquête a également révélé que le pistolet dérobé, dont le chargeur contenait au moment du vol cinq balles, n'avait pas été utilisé après avoir été subtilisé au policier.

De petits artisans ayant basculé récemment dans l’extrémisme

A une dernière question portant sur leur parcours académique et professionnel, le patron du BCIJ a affirmé qu’à l’instar de la plupart des responsables d’attentats terroristes, les prévenus âgés de 31, 37 et 50 ans avaient un modeste niveau d’études primaires, sauf l'un d'eux qui avait abandonné le lycée bien avant le baccalauréat.

Autre point en commun, les trois membres de la cellule étaient tous des petits artisans qui étaient employés dans le secteur de la menuiserie et de l’aluminium.

A l'inverse du plus jeune autoproclamé émir du groupe qui avait déjà été condamné pour des délits de vol, d’ébriété publique et de consommation de stupéfiants, ses deux acolytes étaient inconnus de la justice mais avaient, tout comme leur chef, adopté tout récemment les thèses extrémistes.

S’ils devront répondre de leurs actes criminels devant un tribunal, il convient cependant de féliciter les équipes d’enquêteurs qui ont résolu cet abominable meurtre en un temps record …

Conférence de presse filmée par Médias24

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Le 17 mars 2023 à 16h43

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