Province Al Haouz : les eaux souterraines prennent le relai des barrages
La société Helpy project a été chargée par l’Office de mise en valeur agricole du Haouz des prestations de distribution de l’eau d’irrigation dans les périmètres d’Al Haouz central. D’une superficie de 48.600 ha, ce périmètre est irrigué à partir d’eaux souterraines mises sous pression, les réserves de barrages étant au plus bas.
Dans la région de Marrakech-Safi, la zone d’action de l’Office régional de mise en valeur agricole d’Al Haouz (ORMVAH) s’étend sur une superficie de 663.000 ha, dont 473.000 ha de superficie agricole utile. Plus de la moitié (273.000 ha) sont irrigués. On peut y trouver des céréales, des oliviers, des abricotiers ou encore des agrumes.
Une partie de ce périmètre irrigué a récemment fait l’objet d’un appel d’offres lancé par l’ORMVAH pour la distribution des eaux d’irrigation dans les périmètres irrigués du Haouz, notamment celui du Haouz central (48.600 ha), relevant de la préfecture de Marrakech et de la province d’Al Haouz.
Les prestations de cet appel d’offres concernent également toutes les extensions des nouveaux périmètres dont la commune rurale Assif El Mal. D’après l’extrait du procès-verbal de la séance de l’appel d’offres, dont les plis ont été ouverts le 7 février 2023, c’est Helpy Project qui l’a remporté face à trois concurrents, pour un montant compris entre 1,2 et 2,4 millions dirhams TTC, soit l’offre la plus avantageuse.
Ce marché est conclu pour un an et reconduit par tacite reconduction d’année en année pour une durée maximale de trois ans. Le prestataire de services est tenu d’engager des agents qualifiés, dotés notamment d’un vélomoteur, pour exécuter le programme de distribution d’eau d’irrigation qui consiste principalement en l’ouverture et la fermeture des prises des canaux d’irrigation conformément aux tours d’eau établis par les sections d’irrigation de l’ORVMA du Haouz.
Il s’agit également d’effectuer un suivi systématique des consommations individuelles des eaux d’irrigation, de l’état de fonctionnement des réseaux d’irrigation, de la mise à jour de l’état parcellaire et du suivi de l’occupation des sols. Sans oublier la surveillance des équipements hydrauliques.
Un taux de remplissage des barrages au plus bas
Selon l’Agence du bassin hydraulique de Tensift (ABHT), ce sont les eaux souterraines qui permettent d’irriguer les surfaces agricoles dans le Haouz central, "les dotations agricoles à partir des barrages ayant été suspendues", assure à Médias24 une source à l’ABHT, en écho à la décision prise il y a quelques mois par le ministère de l’Agriculture.
Au moment de son intervention lors d’une session de questions orales à la Chambre des conseillers, le 1er novembre 2022, Mohammed Sadiki, ministre de l’Agriculture, avait annoncé la décision "d’arrêter d’irriguer les plantations à partir des barrages agricoles dans les zones agricoles des provinces de Tadla et d’Al Haouz".
Il avait ajouté : "Les régions de Doukkala-Abda, Souss-Massa (Issen) et Drâa-Tafilalet sont également concernées, en attendant l’amélioration des taux de remplissage des barrages." Si les taux de remplissage de certains barrages se sont améliorés, le déficit hydrique dans la province du Haouz est toujours aussi important.
En temps normal, le périmètre irrigué du Haouz central reçoit 338 millions de m3 par an, à partir des barrages Hassan Ier (256 Mm3) et Lalla Takerkoust (82 Mm3), à raison de 6.000 à 8.000 m3/ha. D’après la Direction générale de l’eau, ce jeudi 8 mars, le taux de remplissage du barrage Hassan Ier est d’à peine 17,2% (40,5 Mm3), alors que celui de Lalla Takerkoust est de seulement 22,5% (12 Mm3).
Face à cette pénurie d’eau dans les barrages, la pression s’accentue sur les eaux souterraines dont les niveaux piézométriques ont également diminué. Pour preuve, l’Association marocaine d’irrigation par aspersion et goutte à goutte (AMIAG) déplorait, dans un précédent article de Médias24, les interdictions de pompage qui ont mis à mal plusieurs opérateurs du secteur de l’irrigation dans la province du Haouz.
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