Vols en montgolfière : un marché prometteur en pleine expansion
Depuis quelques années, plusieurs opérateurs ont investi le secteur des vols en montgolfière, notamment à Marrakech et Agadir. Médias24 a contacté plusieurs d'entre eux pour faire le point.
De plus en plus d’acteurs sont présents dans le secteur des vols en montgolfière par rapport à la période pré-Covid. Pas moins d’une dizaine de sociétés sont actuellement opérationnelles sur le marché marocain, notamment Ciel d’Afrique, Dream Ballooning, Sunrise Ballooning, Marrakech by Air. Un nouvel opérateur a récemment obtenu son autorisation de vol, Atlas Montgolfière. En 2018, seulement trois sociétés étaient présentes sur le marché.
Daniel Penet, fondateur et pilote à Ciel d’Afrique, l’une des plus anciennes sociétés proposant cette activité au Maroc, rappelle que Marrakech, la ville la plus visitée du Royaume, qui comptait trois compagnies en 2015, en compte désormais onze.
Une compagnie s’installe à Agadir
Première femme à piloter une montgolfière au Maroc, Sabah Sbaa, directrice de la société Sun Rise Ballooning, a quant à elle entamé cette activité en Belgique avant de s'installer au Maroc. Son activité a démarré à Agadir puis s'est développée à Marrakech après la période du Covid-19.
"On a choisi d’opérer à Agadir parce que c’est une ville très touristique, mais Marrakech reste la principale destination pour pratiquer cette activité." Selon elle, cette activité attire davantage les touristes étrangers, surtout en période de vacances scolaires.
Une baisse des prix constatée après le Covid
Les tarifs sont très variables, et l’arrivée de nouveaux opérateurs a globalement contribué à faire baisser les prix. "Aujourd’hui, un vol partagé coûte, en fonction des compagnies, entre 1.200 et 2.050 dirhams par personne. Pour un vol privé assis avec un petit-déjeuner gourmand préparé par un chef pâtissier, l'addition peut grimper jusqu’à 5.800 dirhams par personne", précise Daniel Penet. Avant la période Covid, la majorité des vols coûtaient au minimum autour des 2.000 dirhams.
De son côté, Abdelfath Benhaddou, directeur de la société Dream Ballooning, nous indique que le coût d’un vol s’élève à environ 6.000 dirhams, toutes charges comprises. La capacité des ballons varie et peut atteindre plus d’une trentaine de personnes.
“Un gros ballon neuf coûte plus de 1,5 million de dirhams. L’enveloppe (le tissu, ndlr) doit être changée avant que le ballon ne devienne poreux et ne réagisse plus beaucoup aux sollicitations du pilote. La qualité du matériel est donc primordiale. La formation et l’expérience des pilotes aussi", ajoute-t-il.
Zakaria Moujid, fondateur de Morocco Sky Ballooning, a démarré son activité en 2019. Il estime que les prix devraient à nouveau augmenter, dans le sillage de la hausse du prix du gaz et du carburant.
Conditions de vol au Maroc : à l'aube uniquement
Cette activité se pratique lorsque l’air est stable et qu’il y a peu de vent : au lever ou au coucher du soleil dans la plupart des pays. Le Maroc étant un pays chaud, les vols se déroulent pour des raisons de sécurité uniquement le matin, afin d'éviter les vents thermiques.
En Afrique et au Maroc en particulier, "au lever du soleil, l'air ambiant se réchauffe immédiatement. Au fur et à mesure, en fonction de la saison et des conditions du jour, le sol se réchauffe et finit par restituer la chaleur. Cela provoque des différences thermiques, c’est dangereux pour les montgolfières", précise Daniel Penet. Ainsi, les vols au Maroc ne sont possibles qu’à l’aube et très tôt le matin.
Sabah Sbaa confirme que le vol au coucher du soleil au Maroc est interdit. Les vols, en général, durent approximativement une heure et se font très tôt le matin, au plus tard vers 10 heures. "Les vols dépendent également de la météo et du lieu d’atterrissage. Il s’agit d’une décision que le pilote prend lors du vol."
Les autorisations de vol extrêmement difficiles à obtenir
Daniel Penet souligne toutefois les difficultés pour obtenir des autorisations de vol. "Même à Marrakech, nous sommes constamment soumis à la menace de fermeture par différentes administrations, malgré un historique de trente-deux ans de vol en ballon. La zone d’Agafay, au sud de Marrakech, a par exemple été ouverte six mois en 2021, puis n'a plus été renouvelée depuis le 6 décembre 2021." Pourtant, "c’est un atout unique pour le Maroc de combiner ce désert minéral magnifique, la proximité du Haut Atlas et les camps de bivouacs qui s’y sont développés", indique-t-il.
De son côté, Zakaria Moujid nous explique que la démarche pour obtenir une autorisation peut aller jusqu’à deux ans. Tout dépend, selon lui, de la compétence et du savoir-faire du pilote qui prépare le dossier.
Un atout touristique pour le Maroc
Le fondateur de Dream Ballooning souligne qu’au Maroc, cette activité est possible toute l’année, novembre et décembre restant la meilleure période, car il fait plus froid, ce qui rend le vol plus confortable.
Pour étendre son activité, ce dernier s'intéresse à la région de Merzouga. "Le problème de ces régions est qu’elles sont proches des frontières. Les autorités n’y délivrent donc pas d’autorisation", confie-t-il. Selon lui, les régions sahariennes pourraient être un véritable atout pour étendre cette activité.
"Le Maroc peut dépasser la Turquie, qui a permis à la Cappadoce de se donner l’image d’un pays offrant évasion, aventure et originalité. Les conditions naturelles ici y sont extrêmement favorables, à condition d’avoir la volonté d’atteindre cet objectif. Cette activité fait vivre beaucoup de personnes dans les douars de la région des Jbilets, et peut-être bientôt aussi à Agafay. Les voyageurs sont d’ailleurs sensibles à l’aspect social et durable de cette élégante activité", conclut Zakaria Moujid.
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