Comment le Covid a changé la cartographie internationale du transport aérien au Maroc
Après des fermetures à répétition de ses frontières aériennes entre 2020 et 2022, qui ont obligé les compagnies étrangères à ne plus desservir ses aéroports, le Maroc reconstruit progressivement le réseau aérien international dont il disposait avant l’avènement de la crise sanitaire. Un état des lieux satisfaisant en attendant 2023, qui sera l’année du renforcement de sa capacité aérienne et des arrivées.
S’appuyant sur des chiffres fournis par l’ONMT et l’ONDA, Médias24 a reconstitué la nouvelle cartographie aérienne du Royaume après la réouverture en février dernier de ses frontières. Elle montre que certains aéroports marocains sont moins connectés au reste du monde et que d’autres ont multiplié les ouvertures par rapport à 2019.
Plusieurs aéroports n’ont pas encore récupéré toutes leurs liaisons aériennes de 2019
Ainsi, l’aéroport Mohammed V de Casablanca dessert désormais 101 villes étrangères contre 115 en 2019, année de référence qui a précédé la crise sanitaire et ses effets destructeurs sur le trafic aérien. Une perte de 14 destinations internationales qui explique sûrement la baisse de ses fréquences hebdomadaires.
Concernant les autres aéroports internationaux du Royaume, celui de Marrakech a également perdu 22 destinations, passant de 91 aéroports internationaux desservis à 69 durant l’année en cours, soit 24% de son son réseau avant la crise.
Une baisse moins sensible pour l’aéroport d’Agadir, qui est actuellement connecté à 49 destinations contre 55 durant l’année de référence pré-crise, soit 10% du réseau qui devra être récupéré.
L’aéroport d’Essaouira ne dessert plus que trois villes étrangères contre sept en 2019. Celui qui est le plus touché par la désaffection des compagnies internationales est celui de Ouarzazate, qui n’opère plus aucun vol vers l’étranger, alors que cinq destinations internationales le desservaient avant la crise.
A contrario, aucune baisse du nombre de liaisons n’a été constatée à l’aéroport de Tanger. Ce dernier est toujours connecté à cinq destinations internationales depuis 2019.
Quatre destinations marocaines mieux connectées à l’international
La baisse du nombre de liaisons internationales dans certains aéroports du Maroc n’a pas empêché d'autres aéroports touristiques d’avoir une meilleure connectivité internationale avec davantage de vols.
C’est notamment le cas de l’aéroport de Fès qui dessert désormais 40 villes étrangères contre 35 en 2019, soit cinq en plus ; de celui de Rabat qui est passé de 16 à 17 destinations internationales ; et enfin de ceux de Nador et Oujda qui sont désormais connectés à 21 dessertes contre 20 auparavant.
Des rotations hebdomadaires qui ont évolué
Concernant la fréquence hebdomadaire des vols internationaux du Maroc, l’aéroport Mohammed V de Casablanca est passé d’une moyenne en 2019 de 709 dessertes à seulement 511 vols durant les dix premiers mois de l’année 2022, soit pas moins de 198 liaisons perdues ou 28% de son trafic aérien international.
Baisse aussi pour celui de Marrakech, passé de 383 fréquences à 296, soit 87 vols en moins ; celui d’Agadir avec 100 vols par semaine contre 106 en 2019 (-6) ; celui de Rabat perd 17 fréquences avec 57 vols contre 74 ; celui de Laayoune a 3 liaisons en moins avec 9 contre 6 avant la crise ; celui de Fès dispose désormais de 91 liaisons contre 93 (-2) ; et enfin ceux de Dakhla et Essaouira qui perdent 1 vol par semaine avec respectivement 2 vols hebdomadaires en 2022 contre 3 en 2019 et 7 contre 8.
Dans les régions du Nord et de l’Oriental, l’aéroport de Tanger opère désormais 127 rotations hebdomadaires contre 99 en 2019, soit 28 avions supplémentaires desservant l’international. Celui d’Oujda a gagné 24 places avec 62 vols par semaine contre 38 ; celui de Nador est passé de 52 à 69 fréquences internationales (+17) ; et enfin celui de Tétouan de 2 à 13, soit 11 vols en plus.
En 2022, une capacité aérienne de 12 millions de sièges
Ainsi, selon nos sources en date du 21 novembre 2022, l’ensemble des compagnies aériennes, dont la RAM, qui desservent le Royaume sont connectées à 17 aéroports internationaux, avec une capacité globale de transport qui est estimée à 12,2 millions.
En termes de capacité continentale, le marché européen dispose de 10,1 millinons de sièges ; l’Afrique de 952.000 sièges, le Moyen-Orient de 750.000 sièges ; l’Amérique du Nord de 368.000 sièges.
Les aéroports attirant le plus de visiteurs étrangers sont, dans l’ordre décroissant, ceux de Casablanca avec ses 4,7 millions de sièges, Marrakech avec 2,9 millions et enfin celui d’Agadir avec 967.000 sièges.
Depuis la reprise du trafic aérien, le Maroc n’a perdu qu’une compagnie étrangère
Les 58 compagnies présentes au Maroc contre 59 en 2019 ont comptabilisé, depuis la réouverture de ses frontières aériennes, 68.000 vols avec une moyenne de 1.313 vols internationaux hebdomadaires.
En date du 21 novembre 2022, les aéroports internationaux du Maroc sont connectés à 56 nations dont 21 pays européens, 25 pays africains, 6 pays du Moyen-Orient, 2 pays d’Amérique du Nord, et enfin à la Chine et à l’Amérique du Sud (Brésil) qui sont desservis par la compagnie nationale.
Les destinations marocaines sont connectées à travers 399 routes aériennes à 141 aéroports de la planète présents dans 126 villes d’Europe, d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Amérique du Nord.
Optimistes, nos sources se disent persuadées que le Maroc retrouvera, dès le début de l’année 2023, le même réseau aérien qu’en 2019 avant l’arrivée de nouvelles compagnies, qui ne manquera pas de booster son trafic aérien avec une croissance à deux chiffres de ses arrivées étrangères.
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