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A Marrakech, le Maroc promeut une démarche panafricaine pour la Santé

Face à la vulnérabilité et aux enjeux communs, comment le continent africain peut-il anticiper les menaces sanitaires futures et sécuriser sa souveraineté sanitaire ? Etat des lieux et propositions du Maroc lors de la Conférence africaine sur la réduction des risques en santé.

A Marrakech, le Maroc promeut une démarche panafricaine pour la Santé

Le 18 novembre 2022 à 9h51

Modifié 18 novembre 2022 à 9h56

Face à la vulnérabilité et aux enjeux communs, comment le continent africain peut-il anticiper les menaces sanitaires futures et sécuriser sa souveraineté sanitaire ? Etat des lieux et propositions du Maroc lors de la Conférence africaine sur la réduction des risques en santé.

Si l’Afrique a été le continent le moins affecté par le Covid-19, il s’agit néanmoins de “la région du monde où les enjeux de santé sont les plus importants et les plus critiques”, comme l’a souligné Saïd Amzazi, ex-ministre de l’Education nationale, lors de la Conférence africaine sur la réduction des risques en santé, ce jeudi 17 novembre.

Selon S. Amzazi, cela revient à la “coexistence des maladies infectieuses et des maladies non transmissibles”, bien que ces dernières n’aient pas été, jusque-là, une priorité. “Les objectifs des programmes de développement étaient essentiellement axés sur les maladies infectieuses et sur la santé mère-enfant”.

Face à cette situation critique et à des prévisions de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) encore plus alarmantes, la coopération panafricaine est la solution pour anticiper les menaces sanitaires futures.

Maladies non transmissibles : principales causes de mortalité en Afrique en 2030 (OMS)

“Aujourd’hui, en Afrique, l’urbanisation croissante et l’amélioration du niveau de vie font que les maladies cardiovasculaires sont responsables de 13% de décès. L’une des préoccupations premières des systèmes de santé africains est, par exemple, l’hypertension artérielle, qui touche déjà un Africain sur trois et engendre tout un cortège de maladies coronariennes, infarctus, AVC, déficience rénale et rétinienne”, poursuit-il.

“Le diabète, qui touche un Africain sur vingt, est la première cause de cécité en Afrique et serait responsable de près de 9% des décès. En parallèle, le continent voit également exploser le fléau de l’obésité qui atteint même, désormais, les zones rurales. L’OMS prévoit qu’un Africain sur cinq pourra être obèse d’ici 2023 dans les dix pays africains les plus fortement touchés”, a précisé Saïd Amzazi.

Ce dernier a poursuivi cet état des lieux de la santé en Afrique en évoquant le cancer, “une autre maladie non transmissible qui serait responsable d’un décès sur quatre dans cette catégorie, avec quelque 650.000 nouveaux cas par an, touchant davantage les femmes”.

Les maladies non transmissibles sont aujourd’hui la deuxième cause de décès en Afrique subsaharienne, représentant 37% de tous les décès, soit plus d’un million de décès par an. L’OMS prévoit que d’ici 2030, les maladies non transmissibles devraient devenir les principales causes de mortalité en Afrique, dépassant les maladies transmissibles, maternelles, prénatales et nutritionnelles. Et 2030, c’est demain. Parallèlement à ce fardeau croissant des maladies cardiovasculaires et métaboliques, on ne peut évidemment pas occulter le lourd impact humain et sanitaire sur l’Afrique des maladies infectieuses existantes et celles à risque d’émergence.”

Cette vulnérabilité commune aux risques sanitaires et environnementaux explique l’intérêt de cette conférence africaine, mais aussi l’intérêt d’une perspective continentale telle que présentée par le ministre de la Santé, Khalid Aït Taleb.

Coopération et anticipation : vers une charte et un fonds africains ?

Lors de cet événement, le ministre de la santé et et de la protection sociale s’est arrêté sur l’avenir commun de l’Afrique, notamment en matière de “sécurité et de souveraineté sanitaires indivisibles”. Dans ce sens, la promotion des valeurs communes, la révision des approches et des priorités, ainsi que la gestion des risques sanitaires et leur impact sur les écosystèmes, sont citées comme solutions à mettre en place.

En matière de perspectives visant à “anticiper les menaces sanitaires futures”, le ministre de la Santé appelle à la “mobilisation commune pour l’Afrique de demain”, à travers un “leadership inclusif qui fait le meilleur emploi possible des compétences, des expertises et des possibilités offertes”.

Aussi, la “transition numérique et technologique en faveur de la santé”, l’élaboration de “schémas de coopération ambitieux et clairs” et la création d’un “fonds continental autonome de sécurité sanitaire” sont des options citées par le ministre qui met en exergue, par ailleurs, l’opportunité “historique” de “mettre en place une charte africaine pour la résilience des systèmes de santé, sous le leadership inclusif d’un réseau panafricain de haut niveau pour une gestion multisectorielle intégrée du risque sanitaire”.

Sur le plan national, Khalid Aït Taleb a rappelé les chantiers de réforme actuels “à la lumière des enseignements tirés de la gestion de la pandémie de Covid-19”, fondés sur quatre piliers : les nouveaux mécanismes de gouvernance et de régulation ; la valorisation des ressources humaines ; la mise à niveau de l’offre sanitaire ; et la digitalisation du système de santé.

Le volet de la digitalisation a également été abordé par l’ex-ministre de la Culture, Othman El Ferdaous, vice-président d’ABA Technology. Intervenant à la fin du premier panel de cette conférence, M. El Ferdaous a déclaré que “l’une des plus importantes transformations que connaîtra l’Afrique au XIXe siècle [était] le mouvement d’urbanisation”.

Selon lui, “les collectivités territoriales vont avoir un rôle incontournable dans la maîtrise des risques sanitaires. Nous avons vu la conjonction des effets migratoires de l’exode rural avec le changement climatique et l’impact que ces changements climatiques ont eu sur les risques sanitaires et sur leur répartition géographique (...). Chez ABA Technology, nous construisons des systèmes cyber-physiques qui aident à piloter, via la donnée des hôpitaux, des usines, entre autres. Il y a des solutions intéressantes qui utilisent l’internet des objets pour permettre aux collectivités territoriales et aux municipalités de piloter toutes ces questions de qualité de l’air, de pollution...”, notamment “lorsqu’une municipalité doit autoriser un site industriel ou lorsqu’elle doit vérifier que celui-ci répond bien aux engagements qu’il a pris”, a-t-il précisé.

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