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Un événement : campagne nationale de vaccination contre le papillomavirus humain

La vaccination contre le papillomavirus humain (HPV), responsable de plusieurs cancers dont celui du col de l’utérus, a démarré le 12 octobre. Une première dans le Royaume, qui dénombre chaque année plus de 2.000 cas et plus de 1.000 décès.

Un événement : campagne nationale de vaccination contre le papillomavirus humain

Le 8 novembre 2022 à 17h15

Modifié 9 novembre 2022 à 12h25

La vaccination contre le papillomavirus humain (HPV), responsable de plusieurs cancers dont celui du col de l’utérus, a démarré le 12 octobre. Une première dans le Royaume, qui dénombre chaque année plus de 2.000 cas et plus de 1.000 décès.

Au Maroc, plus de 2.200 femmes se voient diagnostiquer un cancer du col de l’utérus chaque année. Il représente le deuxième cancer féminin dans le Royaume qui affiche l’un des taux les plus élevés du monde arabe.

Suite à plusieurs appels d’associations nationales et régionales et aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le ministère de la Santé et de la protection sociale a annoncé, en septembre, l’inclusion du vaccin contre le HPV dans le calendrier national de vaccination.

Démarrage et cible

Selon nos informations, la vaccination a démarré le 12 octobre et s’accélèrera en novembre.

“La vaccination sera effectuée dans les centres de santé primaires”, indique à Médias24 le Dr Ahmed Douhou, directeur du centre hospitalier régional (CHR) de Béni Mellal. “Environ 104 pays dans le monde ont inclus ce vaccin dans leur calendrier vaccinal, et près de 330 millions de doses sont injectées chaque année dans le monde. L’efficacité de ce vaccin dépasse 90% et dure une dizaine d’années.

“Dans un premier temps, le programme national cible les petites filles de 11 ans, qui sont donc nées en 2011. C’est à cet âge qu’apparaissent les premières transformations physiques”, précise le Dr Ahmed Douhou.

“Le Maroc enregistre chaque année environ 2.200 cas de cancer du col de l’utérus et plus de 1.000 décès. Ce cancer n’est pas visible comme celui de la peau par exemple, d’où la nécessité de prévenir d’éventuelles lésions par la vaccination.”

Vaccination gratuite et volontaire

Toujours d’après le directeur du CHR de Béni Mellal, “la vaccination est gratuite et volontaire dans tous les centres de santé au niveau national. La présence de l’un des parents est toutefois obligatoire”.

Le vaccin sera fourni gratuitement dans différents établissements de soins de santé primaires. Les filles recevront une seconde dose de ce même vaccin, six mois au minimum après l’injection de la première.

Un vaccin quadrivalent

Contacté par Médias 24, Dr Amirich Mustapha, de la direction régionale de la santé à Casablanca-Settat, nous informe pour sa part que "le Maroc utilise le vaccin 'Gardasil', vaccin recombinant quadrivalent contre le virus du papillome humain HPV (type 6, 11, 16 et 18) en flacon unidose". 

"La campagne nationale de vaccination contre l'HPV a été lancée en octobre, et une évaluation sera réalisée dans trois mois pour suivre l'évolution de cette opération. A ce moment, les campagnes de sensibilisation seront généralisées auprès des parents qui n'ont pas encore vacciné leurs enfants", ou encore les régions qui enregistrent le moins de vaccination et autres.

"Le démarrage sera peut-être long, mais les choses s'accélèreront grâce aux campagnes de sensibilisation lancées par le ministère auprès des enfants et des parents d'élèves au niveau des écoles notamment, en coordination avec le ministère de l'Education nationale".

“La lutte contre le HPV n’est pas spécifique aux filles”

Joint par nos soins, le Pr Jaâfar Heikel, épidémiologiste, infectiologue et économiste de la santé, engagé dans la sensibilisation à ce vaccin, nous explique que “les préparatifs ont déjà commencé, les vaccins ont déjà été achetés par le ministère de la Santé. La Direction de la population, relevant de ce même ministère et en charge de ce projet, est en train de mettre en place toute la logistique nécessaire à cette campagne”.

Depuis le mois d’octobre, le ministère de la Santé organise des formations en cascade au profit des professionnels de santé impliqués dans l’introduction de ce vaccin.

Dans un premier temps, “la vaccination sera effectuée dans les centres de santé de base car la majorité des enfants marocains s’y font vacciner. Ensuite, ce sera au ministère de décider de l’élargir au secteur privé, chez les médecins généralistes et les pédiatres”, poursuit le Pr Heikel. “Le Maroc est un excellent élève à l’échelle mondiale en matière de programme national d’immunisation (PNI). Il est également reconnu par l’OMS sur ce volet.”

“La vaccination contre le HPV est demandée depuis plusieurs années. Cela fait huit ans que ce vaccin a été introduit dans le programme de lutte contre le cancer, en particulier au sein de la Fondation Lalla Salma pour la prévention et le traitement des cancers”, rappelle-t-il.

Et d’ajouter : “La vaccination démarrera chez les petites filles et pourra, par la suite, être généralisée aux garçons. À l’échelle mondiale, il est recommandé de commencer par vacciner les petites filles contre ce virus avant de passer aux petits garçons. Cela dit, cela ne signifie aucunement que la lutte contre le HPV est spécifique aux filles. Ce virus n’est pas uniquement responsable du cancer du col de l’utérus, mais de la quasi-totalité des cancers anal, du pénis et de l’oropharynx.”

Une efficacité dépassant 90%

Le vaccin contre le HPV existe depuis une quinzaine d’années. Son administration a démarré en 2007 en Australie, selon le Pr Heikel, qui confirme les propos du Dr Douhou. “Ce vaccin a déjà démontré son efficience ; nous sommes très satisfaits de son inclusion dans le calendrier national des vaccins. C’est quelque chose que nous attendions depuis huit ans”, salue-t-il.

“Il est très important d’expliquer à tous les parents qui se rendent dans les centres de soins l’intérêt de faire vacciner leurs petites filles de 11 ans. Toutefois, il ne faut pas le lier aux infections sexuellement transmissibles, car sur le plan psychologique et culturel, cela peut bloquer beaucoup de gens. Il faut leur expliquer qu’il s’agit d’un virus responsable de cancers clairement déterminés. En faisant vacciner leurs enfants, ils empêcheront l’apparition de nombreux cas de cancer chez les femmes et hommes marocains.”

Cancer du col de l’utérus : un décès chaque huit heures

“Pour avoir un ordre de grandeur, la vaccination contre le HPV permet de réduire de 92% le risque de cancers dus au papillomavirus humain. Au Maroc, une femme meurt du cancer du col de l’utérus toutes les huit heures.”

Pour sensibiliser les citoyens marocains, “à partir du 14 novembre, un certain nombre d’influenceurs et d’acteurs civils donneront une minute de leur temps, chaque mois sur les réseaux sociaux, pour promouvoir la vaccination contre ce virus, en expliquant aux gens son intérêt et comment procéder” pour se faire vacciner.

Par ailleurs, une campagne de sensibilisation sera lancée par le ministère de la Santé, “mais tout se fera sur la base du volontariat. Ce projet ne pourra fonctionner que s’il y a un maximum d’adhésion. Ce vaccin n’est certes pas obligatoire mais il est fortement recommandé”.

À quand la généralisation ?

Selon nos informations, le programme national est pour l’instant généralisé à toutes les filles âgées de 11 ans au Maroc. Ce sont généralement des personnes qui n’ont jamais été infectées. Une étude d’impact sera ensuite réalisée pour examiner son efficacité.

D’après le Pr Heikel, sur le plan médical, “une fille âgée de 18 ans ou plus peut également se faire vacciner contre ce virus. La vaccination est aussi ouverte aux personnes ayant déjà fait une infection, parce qu’il y a trois autres types de virus oncogènes responsables de près de 90% des cas de cancer”.

“Le ministère devrait également mener des campagnes de dépistage pour prendre en charge les cas positifs. Si une femme présente des pré-lésions, elle doit rapidement être prise en charge. Avec une bonne prise en charge dans le contexte marocain, nous avons plus de 90% de guérisons.”

Quid des effets indésirables ?

Selon le Pr Jaâfar Heikel, “ce vaccin est testé depuis quinze ans à l’international et tous ses effets indésirables décrits sont mineurs, notamment une petite douleur au niveau du point d’injection. À ma connaissance, aucun effet indésirable majeur n’a pour l’instant été enregistré. Ce vaccin fait donc partie des vaccins les plus efficients et qui génèrent le moins d’effets indésirables”.

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