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Le barreau de Casablanca tourne le dos à l'ABAM

Les avocats casablancais sommés de boycotter les activités de l’Association des barreaux sous peine de sanctions disciplinaires. La brouille entre l’Ordre de Casablanca et l’ABAM prend une tournure publique dans un moment charnière pour la profession, en attente d’une réforme de son cadre juridique.

Le barreau de Casablanca tourne le dos à l'ABAM

Le 3 octobre 2022 à 17h06

Modifié 3 octobre 2022 à 17h10

Les avocats casablancais sommés de boycotter les activités de l’Association des barreaux sous peine de sanctions disciplinaires. La brouille entre l’Ordre de Casablanca et l’ABAM prend une tournure publique dans un moment charnière pour la profession, en attente d’une réforme de son cadre juridique.

L'ordre des avocats de Casablanca persiste et signe. Il ne fait plus partie de l'Association des barreaux (ABAM), boycotte ses activités et appelle désormais ses 5.000 robes noires à en faire de même. Sous peine de sanctions disciplinaires ! C'est le résumé de la dernière missive signée du bâtonnier Me Tahar Mouafik.

"Le barreau de Casablanca, son bâtonnier, son conseil et son assemblée générale compris, n'assisteront pas au congrès [de l'ABAM] qui se tiendra à Dakhla", lance Me Mouafik dans sa lettre adressée jeudi 29 septembre à l'ABAM. L'annonce fait suite à l'invitation adressée par l'association aux avocats casablancais. Ces derniers sont sollicités sur leur participation à l'évènement prévu fin novembre.

Des sollicitations que le bâtonnat qualifie de "hors contexte" et "contraire aux coutumes" de la profession. Et pour cause, elle conduirait les intéressés "à transgresser les décisions de leur institution professionnelle", à savoir le barreau qui n'est plus représenté au sein de l'ABAM.

Tout en déclinant l'invitation de l'association, l'Ordre "interdit à tous les membres du barreau" d'assister à l'évènement "sous peine de sanctions prévues par la loi régissant la profession et le règlement intérieur du barreau."

Dissensions confirmées

Frontale, cette nouvelle sortie de Me Mouafik marque un nouvel épisode de tension entre les deux entités. D'un côté, le plus grand barreau du Royaume, totalisant à lui seul près du tiers des avocats du Royaume. De l'autre, la puissante organisation dirigée par le bâtonnier Abdelouahad El Anssari, par ailleurs président de la région Fès-Meknès.

Survenue en mars 2021, l'élection de l'istiqlalien à la tête de l'ABAM signait d'ailleurs le début de la brouille. Elle avait été suivie de l'annonce, officieuse, du retrait du barreau casablancais de l'association dont il a longtemps constitué la figure de proue. Une première depuis la création de l'ABAM en 1962.

A l'époque, aucune communication n'avait accompagné cette décision surprise. En coulisse, on déplore "l'absence du barreau de Casablanca du bureau de l'association, situation qui ne pas reflète le poids de la capitale économique au sein de la profession", précise cet avocat.

"C'est un bas de fer stérile", commente sa consœur. D'autant qu'il survient à un moment charnière pour les avocats, en attente d'une importante réforme du cadre régissant la profession. Autour de ce texte supposé fédérateur, la fâcherie entre l'ABAM et le barreau de Casablanca a poussé le ministère de la Justice à initier des tractations duelles. Chacune des entités revendique son statut d'interlocuteur à part entière.

Si elle confirme les conflits, la récente lettre de Me Mouadik n'en dit pas davantage sur ses motifs. L'ABAM "jouait jusqu'à récemment un rôle important au sein de la profession. Mais la situation professionnelle des dernières années suppose une révision de ses structures [l'ABAM] et de son règlement intérieur", estime l'auteur de la lettre. Son barreau a "continuellement appelé" à ces changements face à des interlocuteurs faisant la "sourde oreille", regrette-il.

Ferme, la décision du barreau de Casablanca n'est pas pour autant irrévocable. Elle sera d'actualité "dès lors que les motifs du retrait [n'auront] pas été levés malgré les initiatives en ce sens".

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