L'exposition “Tit Mellil, plus qu’un aérodrome”, un vibrant hommage à la mémoire de l’aviation
À travers des dizaines de photographies, textes et coupures de presse, l'exposition “Tit Mellil, plus qu’un aérodrome” retrace les prémices de l’aviation civile au Maroc. Son auteur, Réda Bennani, y voit également un plaidoyer pour la conservation et la valorisation des archives.
L’exposition “Tit Mellil, plus qu’un aérodrome” est une ode à l’histoire de l’aviation civile au Maroc, et à l’aérodrome de Tit Mellil en particulier. Réalisé en partenariat avec l'Office national des aéroports (ONDA) et l’Atelier de l’observatoire, ce travail documentaire est exposé à l’aéroport Mohammed V de Casablanca.
Parmi les mille photographies collectées, une quarantaine ont été sélectionnées, agrandies et fixées sur des cadres en bois. En complément, une dizaine de coupures de presse sont également exposées, en provenance de la Bibliothèque nationale du Royaume à Rabat.
Un travail de collecte participative et de recherche documentaire, couvrant la période de 1948 à 1990, accompli par Réda Bennani, avec la collaboration de Mohamed Fariji. Le résultat donne vie à une exposition trait d’union entre la mémoire et la photographie.
Une fascination pour l’histoire de l’aviation
La genèse de l'œuvre se niche dans les souvenirs du défunt Farid Ahmed Bennani, ancien contrôleur aérien et père de Réda Bennani. “Avant le décès de mon père, nous avions entamé une démarche auprès de l’Atelier de l’observatoire pour être accompagnés dans ce processus de documentation.”
“Mais les quelques albums photos que l’on détenait ne pouvaient être considérés comme des archives.” Le natif de Casablanca a donc entamé un fastidieux processus de documentation, afin de récolter un maximum d’archives et d’informations sur l’aérogare de Tit Mellil.
“J’ai rencontré d'anciens employés qui m’ont confié un ensemble de documents.” Des fragments de vie à l'aérogare de Tit Mellil, composés de photographies, de carnets de vol, de cassettes VHS et d’articles de presse.
La filiation paternelle ne constituait pas le moteur de la démarche de Réda Bennani. “Ce qui m'a intéressé en premier lieu, c’est l'émergence de l’aviation au Maroc”, précise-t-il, avouant sa fascination pour “l’histoire de ce terrain d’aviation, sa construction, la première femme pilote, Touria Chaoui, ses instructeurs et mécaniciens aguerris, ses crashs et ses divers aéronefs”.
Sans archives, pas d'histoire
Archiviste de métier, Réda Bennani a fait preuve “de rigueur et de justesse, sans travestir la réalité”. D’autant que les témoignages compilés dans des textes ont été recueillis auprès de personnes “de 80 ans ou plus, dont les souvenirs sont parfois faillibles”.
L’ancien journaliste est d'ailleurs conscient qu’il y a “des trous dans l’histoire, car nous avons eu des difficultés à déterminer si les archives existaient et où elles étaient archivées”.
“Nous avons contacté plusieurs institutions comme les aéroclubs ou la Royal Air Maroc, en vain”, déplore-t-il. “Personne ne sait s’il existe des archives officielles sur l’histoire de l’aviation au Maroc.”
D’où la volonté de faire de l’exposition de l’aérodrome de Tit Mellil un plaidoyer pour la conservation et la valorisation des archives dans le pays. “Le fait que les archives n’existent pas ou ne sont pas facilement accessibles peut être considéré comme une perte d’un pan de l’histoire de notre nation.”
Dans ce contexte, Réda Bennani voit d’un bon œil la création d’un centre de documentation et de recherche au niveau national. “L’idéal est de numériser les archives pour y avoir accès plus facilement.” Et pour y parvenir, le soutien d'organismes publics ou privés s'avère indispensable.
“L’aviation marocaine, qui a près de 100 ans, mérite d'être racontée. Mais je suis lucide, il n’y pas assez d’engouement pour les archives au Maroc”, conclut notre interlocuteur.
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