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Accusé, révoqué, lynché... la remontada judiciaire d'un professeur universitaire

Au tribunal administratif, un professeur universitaire réclame une réparation de 5 millions de DH pour avoir été “écarté” illégalement d'un master. Il avait été sanctionné par le doyen après une affaire de harcèlement, dont il a finalement été innocenté.

Accusé, révoqué, lynché... la remontada judiciaire d'un professeur universitaire

Le 16 septembre 2022 à 15h24

Modifié 16 septembre 2022 à 16h04

Au tribunal administratif, un professeur universitaire réclame une réparation de 5 millions de DH pour avoir été “écarté” illégalement d'un master. Il avait été sanctionné par le doyen après une affaire de harcèlement, dont il a finalement été innocenté.

  • L'affaire est entre les mains du tribunal administratif de Casablanca.
  • Il avait été écarté de la coordination d'un master, après une plainte déposée par une étudiante pour harcèlement sexuel, et dont il a été acquitté.
  • Le requérant avait également fait l'objet d'un lynchage médiatique.

Une remontada judiciaire : l’expression résume les soubresauts vécus ces quatre dernières années par un professeur universitaire. Accusé de harcèlement et révoqué de ses fonctions pour le même motif, l’intéressé sera tour à tour innocenté puis rétabli dans son poste par la justice. Aujourd’hui, il veut boucler la contre-offensive en réclamant un dédommagement.

Inédite, l’affaire est entre les mains du tribunal administratif de Casablanca. Une de ses instances s’apprête à statuer sur cette demande initiée en février 2022. A l’issue d’une audience tenue ce lundi 12 septembre, le tribunal a ordonné une “enquête” où seront entendues les différentes parties au dossier.

Quels sont les protagonistes du dossier ? D’un côté, ce professeur de droit à la faculté de Mohammédia. De l’autre, une batterie de défendeurs, dont l’ex-doyen par intérim de ce même établissement, depuis remercié. Le requérant reproche à l’ancien responsable de l’avoir écarté “abusivement” de la coordination d’un master, et d’avoir fondé cette décision sur “une plainte fallacieuse” déposée par une étudiante.

La plainte, qui concernait des faits de “harcèlement sexuel”, avait débouché sur un acquittement. Une décision dont le professeur s’est servi, entre autres arguments, pour réclamer l’annulation de sa révocation. Ce qu’il obtiendra par un arrêt daté de juillet 2021 (cour d’appel administrative de Rabat).

Depuis, l’intéressé a été remis dans ses fonctions mais au prix d’un “grave dommage”, à la fois “moral et matériel”. La mésaventure a laissé des séquelles “indélébiles” pour celui qui suit désormais “un traitement psychiatrique pour affronter ces épreuves”, lâche-t-il dans sa requête consultée par Médias24.

Plus que la révocation “abusive” et “illégale”, le requérant revient surtout sur le lynchage médiatique dont il a été victime. Une campagne “orchestrée” par son adversaire, et durant laquelle ce dernier aurait véhiculé des “déclarations mensongères”, accuse le professeur. Parmi ces messages, celui indiquant que le professeur aurait été concerné par plusieurs plaintes pour harcèlement, ce qui n’était pas le cas, assure la même source. Des faits qui ont naturellement affecté sa vie “sociale” et “familiale”.

Sur le plan professionnel, le requérant estime que sa révocation a impacté “sa production scientifique”, ayant été privé d’encadrer de nombreux chercheurs. Avec comme effet, des “retards au niveau de la promotion” et les opportunités d’augmentation qui en découlent.

Une procédure judiciaire est une gageure. En enchaîner plusieurs peut tourner au supplice, même avec un dénouement positif. Surtout lorsque ces “dossiers sont fabriqués”, comme l’avance le requérant, qui décrit une période “de pression” où “il était complètement obnubilé” par les différentes affaires judiciaires, mais aussi les publications dans les médias et les réseaux sociaux. A ce coût “psychologique” s’ajoutent ceux, plus aisément quantifiables, des dépenses engagées en déplacements, frais d’avocats… les procès s’étant tenus sur différentes phases et devant plusieurs juridictions (Rabat, Mohammédia et Casablanca…)

Un préjudice global que l’intéressé estime à 5 millions de dirhams. C’est le montant des dommages et intérêts réclamés par le professeur. Initialement, sa requête était contre plusieurs parties pour une condamnation “solidaire” (le président de l’Université Hassan II de Casablanca, le secrétaire d’Etat chargé de l’enseignement supérieur, le ministre de l’Education nationale, etc.). La demande a ensuite été rectifiée pour se cantonner à l’auteur de la décision litigieuse, à savoir l’ex-doyen de la faculté.

Affaire à suivre…

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