L'effet favorable de la grenade sur les maladies neurodégénératives (étude)
Dans un récent article scientifique publié sur la revue “Food”, des chercheurs marocains et étrangers analysent les résultats de divers essais précliniques et cliniques selon lesquels la grenade aurait un effet favorable sur les maladies neurodégénératives, telles que Parkinson et Alzheimer.
Publié le 25 août dernier sur la revue scientifique internationale Food, un article examinant différentes études démontre l’effet favorable des polyphénols alimentaires, notamment de Punica granatum L. (grenade), sur les maladies neurodégénératives, dont la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson.
Les auteurs de l’article publié sont des chercheurs, membres du département de biologie de la faculté polydisciplinaire de l’Université Sultan Moulay Slimane, à Beni Mellal, et du département de médecine (service de gériatrie) de la faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke.
En analysant diverses études, essais précliniques et cliniques, ces sept scientifiques concluent qu’il “semble que la grenade puisse s’avérer utile dans le traitement des troubles neurodégénératifs, notamment la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson”.
Une plante médicinale aux vertus anti-inflammatoires
Sachant que la prévalence de la maladie d’Alzheimer a connu “une augmentation quasi exponentielle” durant les dernières décennies, et que “les projections futures sont dramatiques” en l’absence de traitement curatif, les chercheurs craignent que “les répercussions dépassent le fardeau médical individuel pour devenir des enjeux sociaux et économiques considérables”.
“Les maladies neurodégénératives telles que la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson et la sclérose latérale amyotrophique sont symptomatiquement caractérisées par une altération des fonctions cognitives et/ou motrices. La neurodégénérescence dans ces troubles affecte la mort neuronale, qui a été liée à la présence de dépôts de protéines toxiques dans le système nerveux central (...). Ces événements se produisent à la suite de divers processus neuro-inflammatoires (...).”
Selon les auteurs, c’est en 1988 que l’une des premières descriptions de l’implication probable des mécanismes immunitaires dans la maladie d’Alzheimer a été faite. Bien plus tard, “une méta-analyse d’études observationnelles suggère que l’utilisation chronique d’anti-inflammatoires non stéroïdiens pourrait diminuer le risque de développer la maladie d’Alzheimer. Cependant, la plupart de ces médicaments sont synthétiques, coûteux et peuvent présenter des effets secondaires graves”.
Les composés bioactifs des plantes médicinales offrent une alternative, apparaissant comme une stratégie clé pour surmonter les limitations mentionnées. “La grenade est l’une de ces plantes médicinales et contient un nombre considérable de polyphénols et de pigments naturels connus pour leurs propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires”, lit-on dans l’article.
Cette dernière activité pharmacologique de la grenade a été largement étudiée dans le cadre de plusieurs maladies inflammatoires chroniques. Néanmoins, les auteurs déplorent le faible nombre d’enquêtes publiées ayant concentré leurs intérêts de recherche sur ses capacités à atténuer la cascade neuro-inflammatoire impliquée dans la maladie d’Alzheimer.
“La capacité neuroprotectrice de la grenade et ses capacités à améliorer, ou du moins à maintenir les performances cognitives ont été peu étudiées chez l’homme. Jusqu’à présent, il n’y a qu’un seul essai clinique qui a étudié les effets de la supplémentation à long terme en jus de grenade sur des adultes d’âge moyen et plus âgés en bonne santé. Dans cette recherche randomisée contrôlée par placebo, les molécules de grenade ont été efficaces pour stabiliser les capacités de mémoire visuelle. Cependant, aucun autre effet concluant n’a été observé chez ces sujets sains.”
Des effets anti-Parkinson et anti-sclérose en plaques
A ce jour, peu d’études ont porté sur “le lien possible” entre “la consommation de grenade et la neuro-inflammation impliquée dans la maladie de Parkinson”. Cela dit, une étude a permis d’attribuer les effets anti-Parkinson à la consommation de grenade (500 mg/kg/jour). Des résultats qui ont été mis en évidence par l’atténuation des dommages oxydatifs, l’amélioration de survie neuronale et l’amélioration de la stabilité posturale, etc.
Par ailleurs, l'examen scientifique indique qu'une étude a démontré que l’extrait d’écorce de grenade est “efficace pour réduire le niveau d’IL-17. Cela peut interférer avec l’expression de la sclérose en plaques en plus de sa capacité d’atténuer l’activation des lymphocytes T encéphalitogènes”. Selon ces chercheurs, “un tel événement est fondamental dans le développement de la sclérose en plaques et de l’encéphalomyélite”.
Aussi, ils indiquent qu'il a été prouvé que “l’huile de pépins de grenade inhibe la démyélinisation, une caractéristique fondamentale de la maladie, en plus de ses grandes capacités à atténuer la peroxydation des lipides cérébraux”.
“Cependant, il est très difficile de généraliser ces résultats en raison du nombre limité de recherches, et il sera essentiel d’attendre les futures études pour une confirmation ou une infirmation probable des effets mentionnés”, soulignent les auteurs. Ces derniers insistent sur “la nécessité d’effectuer davantage de recherches pour explorer et clarifier l’effet de la consommation de grenade sur cette pathologie”.
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