Fusion Sitel-Majorel, le nouveau coup de maître de Saham
Avec cette nouvelle opération, le groupe Saham va empocher au moins 167 millions d'euros (1,77 MMDH). L'augmentation du flottant, prévue par les actionnaires de référence après la fusion, permettra au groupe marocain de dégager davantage de cash. Par ailleurs, le groupe poursuit ses investissements dans l'éducation, l'agriculture et l'immobilier.
Un peu plus de trois ans après le regroupement des activités de la relation client de Saham et Bertelsmann (Arvato CRM Solutions, Phone Group, Ecco Outsourcing et Pioneers) donnant naissance à Majorel, la jeune entité s'apprête à disparaître dans le cadre d'une nouvelle opération de fusion.
Le projet de fusion entre Majorel et Sitel, annoncé ce lundi 20 juin, en a surpris plus d'un. Surtout qu'il intervient quelques mois à peine après l'introduction de Majorel à l'Euronext.
Une fois l'opération confirmée, les actionnaires de Majorel détiendraient 43,9% de la nouvelle entité, et les actionnaires de Sitel en détiendraient 56,1%. Cela est exprimé au conditionnel car la fusion reste suspendue aux autorisations réglementaires habituelles. L’actionnariat de l’entité combinée serait :
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- Famille Mulliez : 44,9%.
- Saham : 17,3%.
- Bertelsmann : 17,3%.
- Management de Sitel : 11,2%.
- Management de Majorel : 0,4%.
- Flottant : 8,8%.
Selon une source proche du groupe Saham, "ce sont des termes très favorables pour les actionnaires de Majorel". Car avec "43,9% du capital du nouvel ensemble, Majorel apporte 316 millions d'euros d'Ebitda contre 589 millions pour Sitel".
"L'opération n'aura aucun impact sur l'activité marocaine", poursuit-elle en réponse à des inquiétudes concernant une éventuelle baisse de postes ou de licenciements. Notre source se veut rassurante.
"L'entité jointe va sûrement devoir recruter. L'objectif est de grossir et de devenir leader. Pour preuve, Majorel et Sitel ont tous les deux augmenté leurs effectifs de plus de 10.000 personnes chacun, juste sur l'année de 2021".
Saham a engrangé plus de 5 MMDH depuis l'IPO
Cela dit, si l'on se concentre particulièrement sur Saham, sa participation se réduit au gré des opérations et au fur et à mesure que l'ensemble grandit.
De 50% dans le capital de Majorel à sa création, la participation est passée à 39,5% après la première phase de l'IPO avant de diminuer légèrement à 38,1% au terme de l'opération.
Dans le cadre de cette fusion avec SITEL, Saham ne détiendra plus que 17,3% de l'ensemble certes, mais une participation qui vaudra bien plus que les 38,1% de Majorel. Cette dernière prévoit en 2022 un CA de 1,93 milliard d'euros pour un Ebitda de 316 millions d'euros. Le nouvel ensemble, lui, pèsera un chiffre d’affaires combiné de 5,4 milliards d'euros, un Ebitda de plus d'un milliard d'euros, et compterait plus de 240.000 collaborateurs répartis sur 300 sites dans 55 pays.
Les différentes opérations sur le capital de Majorel ont permis à Saham de dégager un cash de 3,9 MMDH. D'abord 3,4 MMDH en cédant 10% dans la première phase de l'IPO. Puis 500 MDH dans la seconde phase.
Dans le cadre de l'opération de fusion avec Sitel, il est prévu que les actionnaires de Majorel (incluant Saham, Bertelsmann, et les actionnaires en bourse) reçoivent une distribution en cash de l’ordre de 440 millions d'euros. Pour Saham, cela correspond à 167,6 millions d'euros (38,1%), soit 1,77 milliard de DH (au taux de change du 22 juin).
Au total, Saham aura dégagé un cash de plus de 5,6 MMDH. Et ce n'est pas fini. Car les actionnaires du nouvel ensemble veulent faire monter le flottant de l’entité combinée à au moins 20% au lieu de 8,8%, au prorata de leur actionnariat dans les douze mois suivant la finalisation du projet de fusion.
Des investissements soutenus dans l'éducation et l'agriculture
Si cela permet au groupe marocain de dégager du cash, il n'en reste pas moins au final que les différentes opérations stratégiques s'apparentent à une sorte de stratégie de désengagement progressive de l'outsourcing. Une question sur laquelle notre source préfère garder le silence.
Elle affirme que, d'une manière globale, "les participations de Saham ne se réduisent pas, bien au contraire". Elle cite en exemple les secteurs de l'éducation, de l'agriculture et de l'immobilier. "Il y a d'importants investissements dans le secteur de l'éducation. Des investissements récents pour tripler la capacité", nous apprend-elle. "Une ouverture à Amsterdam, de nouvelles écoles en Éthiopie, etc."
Sur l'agriculture, notre source nous avance des investissements importants "pour créer la seule unité de conditionnement de dattes du continent, avec une première production en 2022".
Des investissements réalisés dans la discrétion, car le groupe "préfère ne pas communiquer, si ce n'est pas nécessaire, et œuvrer à créer de la valeur et de l'emploi".
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