Tomate : le Maroc reste le 3e fournisseur mondial malgré un recul de 11% de ses exportations
Le Maroc confirme sa place de troisième fournisseur mondial de tomates avec 11,2% du marché international. Si les exportations ont reculé de 11% durant la campagne 2025-2026, le Royaume demeure le deuxième fournisseur de l’Union européenne et du Royaume-Uni, ses principaux débouchés.
Le marché mondial de la tomate poursuit sa croissance et devrait atteindre 261 milliards de dollars à l’horizon 2029. Dans cet environnement marqué par la montée en gamme, les exigences de durabilité et la concurrence accrue, le Maroc confirme son statut de troisième fournisseur mondial. Mais la campagne 2025-2026 révèle également un ralentissement des exportations, sur fond de défis climatiques, logistiques et réglementaires.
Présentant une analyse de la dynamique du marché mondial de la tomate lors de la Morocco Tomato Conference, tenue le 21 mai à Agadir, Ali Rougui, responsable du département de l’intelligence économique à Morocco Foodex, a dressé un état des lieux du positionnement marocain sur les marchés internationaux et des perspectives du secteur.
Les données du secteur
En 2025, les importations mondiales de tomates sont estimées à 11,6 milliards de dollars. L’Union européenne demeure de loin le premier marché mondial, représentant 54% des échanges en valeur, soit 6,2 milliards de dollars. Les Pays-Bas en sont le principal fournisseur avec une part de 28%, suivis du Maroc qui détient 23% du marché européen.
Au Royaume-Uni, marché estimé à 800 millions de dollars, le Maroc occupe également la deuxième place avec 25% de parts de marché, derrière les Pays-Bas (44 %).
L’Amérique du Nord constitue le deuxième marché mondial avec 3,3 milliards de dollars, soit 28% des importations mondiales, dominé par le Mexique.
Dans les pays du Golfe, le Royaume se positionne au troisième rang des fournisseurs après la Jordanie et l’Égypte, tandis qu’en Afrique de l’Ouest, il détient 13% du marché.
Sur la scène internationale, le Maroc s’impose désormais comme le troisième fournisseur mondial de tomates, avec une part de marché de 11,2% en 2025.
Toutefois, la campagne 2025-2026 marque un recul des volumes exportés. Les exportations marocaines de tomates atteignent 549.000 tonnes, contre 620.000 t lors de la campagne précédente, soit une baisse de 11%.
L’Union européenne et le Royaume-Uni demeurent les débouchés majeurs de la tomate marocaine, absorbant à eux seuls 93% des volumes exportés. Ces marchés ont importé 510.000 t durant la campagne 2025-2026, contre 576.000 t un an auparavant, soit une baisse de 12%. L’Afrique subsaharienne représente quant à elle 5% des exportations marocaines avec 29.000 t importées, en recul de 5%.
L’analyse par segment montre que les petites variétés de tomates continuent de gagner du terrain. Les exportations de tomates segmentées vers l’Union européenne et le Royaume-Uni ont atteint 309.000 t durant la campagne 2025-2026, contre 338.000 t un an auparavant, soit un recul de 9%. Pour la tomate ronde, les volumes exportés vers ces mêmes marchés sont passés de 238.000 t à 200.000 t, enregistrant une baisse plus marquée de 16%. Malgré ce recul, la tomate ronde reste largement dépendante du marché européen qui absorbe 87% des volumes exportés.
Les perspectives de croissance demeurent néanmoins importantes. Selon les estimations présentées par Morocco Foodex, le potentiel additionnel d’exportation de la tomate marocaine est évalué à 507 millions de dollars. Le marché espagnol offre à lui seul une opportunité supplémentaire estimée à 133 millions de dollars, devant la Roumanie (33 millions), l’Italie (29 millions), la Pologne (18 millions), la Suède (14 millions) et la Suisse (13 millions). Les marchés français, britannique et allemand figurent également parmi les destinations les plus prometteuses.
À l’échelle mondiale, la production de tomates devrait passer de 197 Mt en 2025 à 205 Mt en 2028. La Chine demeure le leader incontesté avec près de 69 Mt produites, soit 37% du marché mondial. Les tendances actuelles montrent une demande croissante pour les petites variétés à forte valeur ajoutée, notamment les tomates cerises et roses, ainsi qu’un intérêt accru pour les produits biologiques et issus d’une agriculture durable.
Cette évolution s’accompagne toutefois de nombreux défis. Les producteurs doivent composer avec les effets du changement climatique, les vagues de chaleur, les sécheresses, les pressions phytosanitaires et la hausse des coûts de l’énergie et de la main-d’œuvre. À cela s’ajoutent les nouvelles exigences environnementales imposées par les principaux marchés d’exportation.
Le mécanisme européen d’ajustement carbone aux frontières (MACF), qui entrera progressivement en phase de paiement entre 2026 et 2034, constitue à cet égard un enjeu majeur pour les exportateurs marocains. Ce dispositif vise à intégrer le coût carbone des produits importés dans l’Union européenne et pourrait à terme influencer la compétitivité des filières agricoles exportatrices.
Pour Ali Rougui, cette contrainte peut également devenir une opportunité. La proximité géographique du Maroc avec l’Europe permet en effet de réduire les émissions liées au transport par rapport à certains concurrents plus éloignés. Cette situation pourrait renforcer l’attractivité de l’offre marocaine, à condition d’accélérer les efforts en matière de décarbonation, de traçabilité environnementale et de montée en gamme.
Dans ce contexte, Morocco Foodex recommande d’investir davantage dans les énergies renouvelables, l’optimisation logistique, la mesure de l’empreinte carbone et le développement d’une offre export durable. L’objectif est de transformer les exigences environnementales croissantes en avantage concurrentiel durable, afin de préserver et renforcer la position du Maroc sur un marché mondial en pleine recomposition.
À découvrir
à lire aussi
Article : Législatives : l'Istiqlal mise sur la tolérance zéro contre la corruption
À Salé, le Parti de l'Istiqlal a détaillé l'un des cinq engagements de son programme pour les législatives de 2026 : la lutte contre la corruption et les conflits d'intérêts. Le parti défend cinq axes de réforme pour restaurer la confiance des citoyens.
Article : Réseaux sociaux : la France interdit l'accès aux moins de 15 ans
Le Parlement français vient de valider une mesure inédite sur le continent européen visant à bannir les moins de 15 ans des réseaux sociaux pour préserver la santé des adolescents.
Article : Textile : les industriels marocains redoutent l'arrivée d'invendus européens à bas prix
L’interdiction européenne de détruire les vêtements et chaussures invendus pourrait produire des effets bien au-delà des frontières de l’Union européenne. En obligeant les grandes entreprises à privilégier leur maintien en circulation, le nouveau dispositif pourrait favoriser l’exportation de vêtements neufs à prix réduit vers des marchés comme le Maroc. Un scénario qui inquiète un professionnel du textile national.
Article : Viandes rouges : le gouvernement relance les exonérations sur les importations d'ovins et de viande fraîche
Le gouvernement fait de nouveau appel à la viande rouge prête à la consommation et aux ovins étrangers pour tenter de maintenir les prix au niveau national, lesquels restent à des niveaux très élevés depuis plusieurs années.
Article : IBM prend le contrôle de la filiale marocaine de Cognitus et prépare son absorption
La filiale marocaine du spécialiste des solutions SAP passe sous le contrôle direct d’IBM Maroc. Cette opération locale intervient quelques mois après l'annonce du rachat mondial de Cognitus par le groupe américain. Explications.
Article : Le projet de câble Maroc-Allemagne de 30 milliards de dollars dans l’impasse
Le mégaprojet de câble sous-marin Atlantik, qui doit relier le Maroc à l’Allemagne par un câble sous-marin pour exporter de l’électricité renouvelable, est actuellement bloqué par des désaccords entre les deux pays, selon Reuters.