Essaouira a accueilli près de 50.000 participants pour le Festival Gnaoua
La programmation a été inspirée de celle de la toute première édition, qui fut marquée par des fusions entre la musique Gnaoua et d’autres genres musicaux.
Les 3 et 4 juin, Essaouira a abrité, dans une version raccourcie, le Festival Gnaoua après deux ans d’absence à cause de la pandémie de Covid. Pour des raisons de budget, cette édition a été organisée sous la forme d’une tournée qui passe par Marrakech, Casablanca et Rabat durant ce mois de juin.
Essaouira accuse cette année une baisse du nombre de visiteurs au festival. Elle n’en a accueilli que près de 50.000 au lieu des 300.000 habituels lors des précédentes éditions. C’est ce que nous confie Karim Ziad, artiste, musicien et directeur artistique du festival.
"Notre but était d’organiser une édition où le public ne soit pas aussi nombreux que les éditions précédentes", précise-t-il. Pour la prochaine édition, le musicien nous assure que le festival reviendra à la formule de celles qui lui auront précédée.
La programmation du festival a misé sur des artistes africains et quelques internationaux. Ces derniers ont pu fusionner leur musique avec celle des mâalem Gnaoua. "Pour la programmation de cette édition, on s’est inspiré de la toute première édition du festival en créant des fusions entre Gnaoua et artistes internationaux", explique Karim Ziad.
"Un genre musical ouvert"
Le percussionniste Yaya Ouattara, dont les œuvres sont inspirées de la musique traditionnelle du Burkina Faso, son pays d’origine, définit le Gnaoua comme une "musique ouverte qui voyage". Il s’agit pour lui d’un genre musical très accepté à l’international et qui peut facilement être fusionné à d’autres styles.
"C’est un style assez complexe sur le plan rythmique, mais qui se joue dans la gamme pentatonique, ainsi que tous les genres musicaux de la même gamme qui peuvent fusionner avec la musique Gnaoua", nous explique Karim Ziad.
Mohamed Darouich, né en France d’un père originaire d’Essaouira, est quant à lui un guitariste autodidacte. Il a commencé la musique à l’âge de dix ans en s’inspirant de Nass El Ghiouane. Il suffit de jouer cinq notes (ré, mi, sol, la, do) pour réaliser un air Gnaoua, explique-t-il. "Ce qui permet d’intégrer ces notes dans divers autres styles comme le jazz, la fusion, le rock, etc."
"J’ai déjà essayé de fusionner le Gnaoua et la musique cubaine, ça se marie très bien", nous confie-t-il. "Il faut cependant faire attention à ne pas dénaturer les genres musicaux lors de fusions musicales."
Et d’ajouter : "Maalem Boussou est ma première inspiration, et pas que dans la musique Gnaoua. Il avait certaines variations rythmiques que je reprenais dans d’autres styles de musique, dont le jazz."
Mohamed Darouich prépare actuellement un nouvel album qu’il adresse "aux jeunes marocains", inspiré de la musique Gnaoua et auquel participent plusieurs artistes dont Karim Ziad et le trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf.
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