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Aïd Al-Adha : l’offre en bonne forme, les prix en forte hausse

Malgré la sécheresse et les perturbations actuelles du marché de l’alimentation, la célébration de l’Aïd Al-Adha s’annonce sous de bons auspices, du moins en ce qui concerne l’offre destinée au sacrifice. Cette dernière provient essentiellement des ateliers d’engraissement qui s’activent quatre à six mois avant l’avènement de la fête.

Ambiance animée et bourdonnante dans les souks de moutons et marchés populaires de Fès à la veille de l’Aid Al Adha (31/08/17)

Aïd Al-Adha : l’offre en bonne forme, les prix en forte hausse

Le 11 mai 2022 à 13h08

Modifié 11 mai 2022 à 15h52

Malgré la sécheresse et les perturbations actuelles du marché de l’alimentation, la célébration de l’Aïd Al-Adha s’annonce sous de bons auspices, du moins en ce qui concerne l’offre destinée au sacrifice. Cette dernière provient essentiellement des ateliers d’engraissement qui s’activent quatre à six mois avant l’avènement de la fête.

A se référer aux données du ministère de l’Agriculture, pas moins de 242.000 engraisseurs ont été enregistrés par les services vétérinaires de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) entre janvier et avril 2022.

L’opération d’identification des ovins et des caprins, destinés à l’Aïd Al-Adha 1443 (2022) sur l’ensemble du territoire national, a été lancée début avril. Les résultats officiels sont attendus pour les prochaines semaines. A l’occasion de l’Aïd Al-Adha 1442 (2021), environ 7,2 millions de têtes d’ovins et de caprins avaient été identifiées par l’ONSSA. 

Pour cette année, si le nombre d’engraisseurs n’a pas diminué, la taille des troupeaux par opérateur a été quelque peu réduite face à la sécheresse et au renchérissement de l’alimentation du bétail qui ont marqué la période janvier-février 2022, soutient l’Association nationale des éleveurs ovins et caprins (ANOC).

Une situation en amélioration à la faveur de la pluviométrie printanière

Par conséquent, les prix des bêtes engraissées et destinées à l’embouche avaient nettement augmenté, alors que celles issues des activités pastorales étaient pratiquement bradées. Une brebis de taille appréciable, qui se négociait fin 2021 autour de 1.200 DH, a vu son prix dégringoler à moins de 800 DH début 2022. En revanche, les prix des agneaux destinés à l’engraissement en prévision de l’Aïd Al-Adha sont passés à plus de 1.200 DH/tête.

Parallèlement, une surchauffe s’était emparée de l’alimentation de bétail. La botte de paille, qui valait 15 DH, est passée à 25 DH actuellement. Les autres produits comme la betterave, l’orge, le maïs ou le son ont connu une hausse des prix comprise entre 60% et 80%. Cette situation avait surtout affecté les petits exploitants qui ont dû vendre une bonne partie de leur cheptel, faute de pouvoir supporter pendant des mois les charges de l’alimentation.

Depuis, la situation s’est améliorée, notamment en raison de la pluviométrie du printemps et du déploiement du plan de sauvetage de l’élevage, en particulier à travers la distribution d’orge subventionnée et la mise en place des points d’abreuvement du cheptel.

Et d’ores et déjà une offre dépassant largement la demande de la fête du sacrifice se profile à l’horizon. Cette dernière paraît se stabiliser autour de 4 millions de têtes (ovins et caprins). Sauf que les prix devraient suivre la dynamique actuelle de la hausse des matières premières et des produits énergétiques.

L’arrivée des MRE peut stimuler le marché du mouton

Selon les prévisions les plus optimistes, la fourchette des prix varierait entre 3.000 et 4.500 DH/tête en moyenne, soit une hausse de 20% à 30% par rapport à 2021. Mais une accalmie, voire une baisse des prix des moutons âgés de plus d’un an, pourrait s’exercer sur le marché. En cause, la mévente de l’année passée et le retour des bêtes qui en a résulté.

Selon les données du département de l’Agriculture, le cheptel national compte actuellement 21,6 millions d’ovins et 6 millions de caprins. Cependant, l’effectif destiné au sacrifice s’inscrit en baisse sur les dernières années.

De nombreux ménages parmi la classe moyenne et les familles aisées s’abstiennent, de nos jours, de célébrer le rite à domicile, préférant y substituer un séjour hôtelier avec le service de la fête inclus. Et comme l’Aïd Al-Adha coïncide cette année encore avec la période des vacances (mois de juillet), l’abstinence du rite gagnerait en ampleur, prédit un membre de l’ANOC.

Pour d’autres exploitants, l’arrivée des Marocains du monde est de nature à stimuler le marché du mouton. "Une donne que les marchands et autres intermédiaires mettront probablement à profit pour gonfler leurs marges", prévient un professionnel de la région de l’Oriental. D’autant qu’aucune visibilité n’est encore offerte quant à l’ouverture des plateformes de vente, notamment dans les grands centres de l’axe urbain Kénitra-Rabat-Casablanca. Et encore moins en ce qui concerne les déplacements des bêtes inter-régionaux.

Pour le moment, l’atténuation de la crise pandémique plaide en faveur de l’assouplissement, voire de la levée des mesures de protection sanitaire. Reste à savoir si la tutelle et le ministère de l’Intérieur annonceront, en temps opportun, l’ouverture des plateformes dédiées à la commercialisation des bêtes.

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