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La pluviométrie à son niveau le plus bas historique à fin février 2022

Dans une étude, le ministère de l’Equipement et de l’eau met en exergue la situation actuelle des ressources en eau au Maroc et la hausse des températures, qui s’accentue depuis 2001.

La pluviométrie à son niveau le plus bas historique à fin février 2022

Le 1 mars 2022 à 18h45

Modifié 1 mars 2022 à 19h03

Dans une étude, le ministère de l’Equipement et de l’eau met en exergue la situation actuelle des ressources en eau au Maroc et la hausse des températures, qui s’accentue depuis 2001.

Le ministère de l’Equipement et de l’eau a élaboré une étude intitulée « Pénurie d’eau et mesures d’urgence pour sécuriser l’approvisionnement en eau ».

Le fait que le Maroc fasse partie des pays qui connaissent une grande pénurie d’eau a fortement incité à la réalisation de cette étude.

Une hausse des températures qui s’accentue depuis 2001

L’étude fait état de chiffres sur la hausse des températures au Maroc. De 1981 à 2001, la moyenne annuelle des températures variaient entre 17,7°C à 19,3°C. Cependant, depuis 2001, cette moyenne n’est jamais redescendue sous la barre des 18,7°C. Deux années (2010 et 2017) ont été marquées par une moyenne de 20°C (jamais enregistré avant 2001) et un pic a été constaté en 2020, à 20,1°C.

Troisième année consécutive marquée par la sécheresse

Le début de l’année 2022 pousse à constater que la période 2021-2022 est considérée comme la 3e année de sécheresse consécutive, avec une moyenne de précipitations inférieure à 186 mm par an. Le Royaume n’a pas connu d’année d’abondance pluviométrique depuis 2014-2015.

La période de septembre 2021 à février 2022 marque un record du déficit des précipitations avec 39 mm enregistrées seulement. Le niveau le plus bas enregistré, depuis 1981, était de 61 mm en 1994.

La même source précise que 20% des précipitations enregistrées en 2020-2021 l’ont été durant la période de mars à août. Cette année ne peut donc être rattrapée que si la pluviométrie de la période mars-aout dépasse celle de la période septembre-mars ; chose qui ne survient que rarement. En effet, depuis 1981, les pluies du 2e semestre n’ont dépassé que trois fois (1981, 1994 et 2001) celles du 1er semestre.

D’autre part, les ressources en eau au Maroc sont évaluées à 22 milliards de m3, dont 18 milliards d’eau de surface et 4 milliards d’eaux souterraines. Elles équivalent également à 140 milliards m3 de pluie par an et 180 milliards m3 d’eau évaporée.

La moitié des parts de ressources d’eau de surface proviennent de 7% de la surface nationale

Toujours selon l’étude du ministère, l’eau de surface en provenance du Loukkos et de Oued Sebou ne représente que 7% de la surface nationale, mais s’accapare 51% des parts des ressources d’eau de surface au niveau national.

Par ailleurs, le volume d’eau perdu dans la mer depuis 1980 dépasse les 170 milliards de m3, selon la même source, qui précise que la moyenne des ressources en eau a dégringolé de 22,1 milliards de m3 pour la période 1945-1980 à 14,6 milliards de m3 pour la période 1980-2022.

Un déficit pluviométrique qui s’accentue

Le volume des ressources en eau au niveau des plus grands barrages du Royaume, au 28 février 2022, s’élevait à environ 5,3 milliards de m3, soit un taux de remplissage de 32,70%, contre 49,1% en glissement annuel.

Le ministère note qu’un « taux de remplissage similaire à l’actuel (moins de 33%) a déjà été enregistré durant plusieurs périodes de sécheresse : 1980-1986, 1993-1997 et en 2000 ». L’étude rappelle que notre pays « connaît périodiquement des périodes de sécheresse sévères, comme celle que nous vivons aujourd’hui ».

La même source précise encore que le déficit des précipitations s’est accentué durant la période de septembre 2021 à février 2022, par rapport à la même période de l’année précédente, dans les différents bassins du Royaume. Elle varie de la sorte :

– un déficit entre 30% et 50% au niveau du bassin du Ziz Ghris, du bassin du Draa et de Oued Noun ;

– un déficit compris entre 60% et 70% dans les bassins du Loukkos, du Sebou, du Bouregreg, de Saguia El Hamra et de Oued Eddahab ;

– un déficit compris entre 71% et 80% dans les bassins de Souss-Massa, Tensift, Oum El Rabie et la Moulouya.

Des mesures prises pour faire face au stress hydrique

Afin de faire face aux effets de la situation hydrique difficile que connaissent certaines régions du Royaume, un ensemble de mesures urgentes ont été prises en coordination entre les différents acteurs, visant à assurer la approvisionnement en eau potable :

– activer les comités de vigilance dans les différentes préfectures ou régions des zones en pénurie ;

– accélérer les travaux d’approvisionnement des villages et des douars de sources hydrauliques durables, dans le cadre du plan national d’approvisionnement en eau potable et d’rrigation 2020-2027 ;

– renforcer l’exploration des ressources en eau supplémentaires, notamment par la construction de forages pour l’exploitation des eaux souterraines ;

– économiser l’eau et réduire les déchets, notamment dans les canaux de traction et de distribution ;

– initier des campagnes de sensibilisation à grande échelle pour adopter un traitement rationnel des ressources en eau ;

– fournir des camions-citernes aux centres et quartiers qui souffrent de la rareté des ressources en eau et sont éloignés des systèmes d’eau structurés ;

– allouer un soutien financier à la réalisation de projets d’alimentation en eau potable, dans le cadre du programme national de réduction des disparités territoriales et sociales ;

– cesser d’arroser les espaces verts avec de l’eau potable et recourir à l’utilisation d’eaux usées traitées, si elles sont disponibles.

 

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