La tragédie du petit Rayan a déclenché un “phénomène numérique” d’une ampleur internationale
L’Observatoire des Opinions publiques numériques a analysé l’empreinte numérique de l’accident qui a coûté la vie au petit Rayan, du 1er au 7 février 2022 à 11:00. L'observatoire a réalisé cette analyse à la demande de Médias24, pour nos lecteurs.
L'observatoire indique que "l’analyse quantitative des retombées sur la toile est impressionnante. Même, si à l’heure où nous bouclons cette publication, le phénomène est en phase descendante, il continue d’exister".
1,7 milliard de personnes touchées
L'enfant est tombé dans le puits le mardi 2 février entre 14h et 15h. Ce premier jour (ci-dessous), Al Maghrib Al Aan et L'Observateur du Maroc et d'Afrique sont les seuls médias à le relayer ; de même que des pages Facebook. [1re colonne : le reach estimé ; 2e colonne : le nombre de publications répertoriées].

L’intérêt des internautes a réellement commencé le 3 février. À partir de ce jour-là, le sujet n’a fait que prendre de l’ampleur, pour atteindre son apogée le samedi 5 février. Le mercredi, la chaîne de télévision arabe Al Arabiya entre en scène, sur trois canaux (Twitter, Facebook et Instagram), également avec sa chaîne Al Hadath (l'événement). La force de frappe de Al Arabiya est impressionnante puisque, par son seul impact, plusieurs dizaines de millions d'internautes sont touchés dans le monde. Notons également l'apparition du journal digital marocain El3omk. Des publications de Asma Lamnaouar sur Instagram touchent 1,1 million de personnes le même jour.
Autour du monde, plus de 127.000 publications auront été effectuées au total, qui auront touché plus de 1,7 milliard de personnes en seulement 4 jours. Voici le top 10 de l'impact des publications à l'international : on remarquera Al Arabiya, Al Jazeera, mais aussi le New York Times et Chouf Tv (ci-dessous: chiffres totaux).

"Le taux d’interaction de 3,5 % montre également (s’il était besoin) le fort intérêt des internautes pour le sujet (rappelons que le taux moyen d’interactions sur Facebook est de 0,1%)", précise l'Observatoire..
Les réseaux sociaux sont encore « le moteur » du phénomène numérique inédit
"Facebook est encore une fois la plateforme la plus puissante aussi bien en publications qu’en nombre de personnes touchées.
Les médias, qui représentent le tiers des publications, ne représentent plus que 4% des personnes touchées. Il faut tout de même préciser que les médias numériques conservent une influence importante sur les opinions publiques, essentiellement à partir de leurs comptes sociaux."
Le monde entier au chevet du petit Rayan
L’analyse des langues montre clairement l’ampleur internationale qu’a pris le sujet. "Si l’arabe reste la langue dominante, c'est particulièrement parce que le Maroc est fortement présent, mais également grâce à la portée des influenceurs arabophones du Qatar et des Émirats arabes unis. L’anglais, le français, l’espagnol et le portugais représentent également plus de 40% des publications."
Une conscience collective virtuelle
Pour l'observatoire, "ce malheureux accident montre encore une fois que les médias sociaux, et notamment les réseaux sociaux comme Facebook, jouent un rôle d’ordre social et culturel supra-ordonné, capable de gérer et de réguler des émotions collectives majeures. Cet exemple s’articule bien avec la récente notion de conscience collective virtuelle, forme de connaissance catalysée par les médias sociaux et partagée par une pluralité d’individus. Elle se produit quand ces derniers partagent des émotions communes, pensent et agissent 'avec un seul esprit'. Permettant ainsi la propagation rapide d’informations à un public mondial, la conscience collective virtuelle émerge à partir de la spontanéité, de l’homogénéité et de la synchronicité des actions manifestées sur internet", écrit l'observatoire. Et bien sûr, viennent se greffer à ce phénomène tous les 'haters' en manque de notoriété.
L’observatoire des Opinions publiques numériques est un organisme indépendant basé au Maroc.
À partir d’une analyse poussée des datas, il produit une connaissance sans cesse renouvelée des phénomènes générés par les internautes, afin d’y distinguer des événements remarquables par leur intensité, c’est-à-dire par leur charge critique et leur visibilité, et donc leur capacité à mobiliser un public plus vaste. La vocation de l’observatoire est de suivre « à la trace » les manifestations publiques de l’opinion et d’en analyser les mécanismes, les contenus et les intentions.
Sa mission principale est de communiquer largement autour de ces notions pour à la fois aiguiser le sens critique des internautes et sensibiliser les acteurs publics à l’importance des mutations en cours ; et leur permettre d’améliorer sensiblement l’information des citoyens et de dynamiser le dialogue démocratique entre les populations et les acteurs publics.
Il est coprésidé par Fatim-Zahra Saâdani et Pascal Aurenche, qui sont également les dirigeants fondateurs de Online Value, agence de marketing technologique spécialisée en « Public Affairs ».


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