Oléiculture : Le bilan d’Al Moutmir-OCP pour la campagne 2020-2021
Hausse des rendements et des revenus des producteurs d’olives dans toutes les régions encadrées par OCP-Al Moutmir, c’est le constat qui se dégage de la présentation vendredi 28 janvier 2022 par l’équipe en charge de l’initiative.
Au titre de la campagne 2020-2021, plus de 1.500 plateformes de démonstration de l’olivier ont été installées à travers 27 provinces, bénéficiant à plus de 600 agriculteurs.
Selon les agronomes de l’OCP, ces plateformes ont concerné «l’ensemble des variétés d’olivier cultivées au Maroc ainsi que les différents types de conduite et modes d’exploitation. Le tout, en tenant compte des spécificités agro-climatiques de chaque site de production». Le suivi ayant été à 100% digitalisé grâce à la solution OCP-Al Moutmir Agritrial.
Au final, des résultats probants étaient au rendez-vous. Les rendements constatés sur les plateformes de démonstration ont enregistré une augmentation de 20% à l’hectare. Ils ont atteint, en moyenne, 5,5 tonnes/ha contre 4,6 tonnes pour les parcelles témoins.
Ceci, sans oublier d’autres performances enregistrées à divers niveaux de la culture d’olivier.
La croissance végétative des nouvelles pousses a été améliorée de 9% au niveau des plateformes par rapport à leurs témoins respectifs.
Amélioration de la qualité de la production
La conduite technique améliorée ainsi que l’utilisation des nouvelles technologies ont contribué à l’amélioration du poids et du calibre du fruit à hauteur de 10% par rapport aux parcelles témoins.
Ceci n’est pas sans impact sur l’amélioration des revenus des agriculteurs. A ce niveau, il a été relevé une «hausse de 32% des gains des agriculteurs»
Par régions, les rendements ont ainsi évolué :
- Nord pluvial favorable : 2,9 tonnes/ha avec un gain de 32 % par rapport aux témoins (23% irrigué ; 77% Bour).
- Oriental : 7,9 tonnes/ha avec un gain de 5% par rapport aux témoins (100% irrigué).
- Tadla : 5,8 tonnes/ha avec un gain de 32% par rapport aux témoins (100% irrigué).
- Pluvial défavorable : 4,4 tonnes/ha avec un gain de 22% par rapport aux témoins (2% Bour ; 98% irrigué).
- Montagne : 4,4 tonnes/ha avec un gain de 29% par rapport aux témoins (4% Bour ; 96% irrigué).
- Haouz Tassaout : 8,3 tonnes/ha avec un gain de 28% par rapport aux témoins (100% irrigué).
Le principe des plateformes de démonstration tient à la conduite d’une parcelle avec les pratiques agricoles habituelles de l’agriculteur (Témoin) et une autre parcelle où la culture est conduite en respectant un itinéraire recommandé et adapté.
Au-delà de leur apport agronomique, les plateformes de démonstration constituent, également, une opportunité pour analyser les comportements des agriculteurs vis-à-vis de nouveaux modèles de management des cultures et de nouvelles technologies. Ce qui permet d’adapter en continu les solutions proposées.
Pour rappel, le programme agricole OCP-Al Moutmir, couvre plusieurs groupes de cultures (céréales, légumineuses, arboriculture et maraîchage...).
Au total, plus de 17.700 plateformes de démonstration ont été lancées et pilotées depuis le déploiement de l’initiative.
L’objectif est de stimuler la consommation des engrais sur des bases scientifiques, de constituer une banque de données à partir des remontées enregistrées, au niveau des plateformes et d’accompagner le développement de la filière oléicole.
Le programme olivier a été pensé et mis en œuvre dans le cadre d’une approche participative fédérant plusieurs acteurs: agriculteurs, associations et coopératives, experts scientifiques, industriels. L’itinéraire technique adopté dans les plateformes de démonstration est centré sur la gestion intégrée des cultures. Chaque programme s’est basé sur 4 piliers :
• La gestion rationnelle de l’eau d’irrigation: Le pilotage de l’irrigation selon les besoins des cultures et les particularités de chaque parcelle;
• La fertilisation sur mesure : Les besoins en éléments nutritifs sont recommandés à partir des résultats des analyses du sol et l’adoption des formules spécifiques d’engrais de fond, tel que recommandée par les analyses du sol et fabriquées au niveau des points de vente. Par ailleurs, un suivi de l’état nutritionnel des vergers a été réalisé durant la saison par des analyses foliaires.
• La protection intégrée des cultures : à travers l’adoption d’un système de lutte contre les organismes nuisibles avec des méthodes qui répondent aux exigences économiques, écologiques et toxicologiques.
• L’usage des produits de spécialité (engrais spécifiques et biostimulants): La stimulation des processus naturels, qu’ils soient racinaires ou aériens pour améliorer l’absorption et l’efficience des nutriments, la tolérance au stress abiotique ainsi que la qualité de production.
En vue de capitaliser sur les remontées des plateformes de démonstration et faciliter leur partage avec l’écosystème, une application digitale a été mise en place par l’équipe Al Moutmir.
« Agritrial » permet aujourd’hui la digitalisation de la conduite agronomique des parcelles de démonstration et la remontée en temps réel d’informations sur l’évolution des plateformes. Ces informations sont mises à la disposition de l’écosystème scientifique, académique et économique et fait l’objet de symposiums annuels dans le cadre d’Al Moutmir Open Innovation Lab avec les différents acteurs de la filière.
Le premier séminaire a été organisé le 4 juillet 2019. Cet outil pourrait servir aussi les différentes institutions qui conduisent des essais et démonstrations et permettrait de nourrir une plateforme collaborative nationale ouverte aux étudiants, aux chercheurs et aux acteurs qui portent un intérêt à la filière.
À découvrir
à lire aussi
Article : Bourse. Le pourquoi de la décision de Sothema de diviser ses actions par cinq, l'intérêt pour les investisseurs
À compter du 5 mai 2026, le titre Sothema changera de format à la Bourse de Casablanca. Derrière cette opération technique, des enjeux de liquidité, d’accessibilité du titre et d’attractivité auprès des investisseurs particuliers. Décryptage.
Article : Bonnes feuilles. Et si on faisait renaître le Conseil national du commerce extérieur ?
Ancienne conseillère auprès de plusieurs Premiers ministres, Nezha Lahrichi revient, dans "Le Pouvoir entre réalisme et illusion", sur une trajectoire passée au plus près de la décision publique. Le livre tient à la fois du témoignage, du portrait politique et de l’essai sur les dérives contemporaines du pouvoir. Médias24 en publie ici des bonnes feuilles consacrées au Conseil national du commerce extérieur, institution dont l’histoire contrariée résonne avec une question très actuelle : comment penser, organiser et anticiper le commerce extérieur marocain ?
Article : African Lion 2026 : à Cap Draa, les drones FPV s'invitent au théâtre d’exercice
Une précision chirurgicale pour quelques centaines de dollars : le drone FPV a brisé les codes de la guerre conventionnelle. Face à ce prédateur qui impose un stress permanent aux troupes au sol, les Forces armées royales ripostent.
Article : Du jamais vu. Flambée de la viande ovine qui frôle les 200 DH/kg
À l’approche de Aïd al-Adha, la viande ovine atteint jusqu’à 170 DH le kilo chez le boucher. Pour les morceaux les plus demandés, les prix grimpent à 190, voire 200 DH le kilo. Ces niveaux sont inédits au Maroc par leur ampleur, mais aussi par la rapidité avec laquelle ils se sont imposés.
Article : “Rabat ne sera pas une ville-musée”. La transformation de l'offre culturelle de la capitale expliquée par Mehdi Bensaïd
ENTRETIEN. Dans un contexte de transformation accélérée des infrastructures de la capitale, le ministre de la Culture revient pour Medias24 sur les leviers qui doivent faire de Rabat un pôle culturel majeur à l’international. Entre modernisation, développement de la formation et démocratisation de l’accès à la culture, Mehdi Bensaid défend une vision globale à long terme.
Article : Hébergement touristique : 2.500 établissements soumis aux visites mystères dès mai 2026
Le ministère du Tourisme, dirigé par Fatim-Zahra Ammor, lance dès mai 2026 des "visites mystères" pour évaluer 2.500 établissements classés, intégrant la qualité de service au système de classement afin de s’aligner sur les standards internationaux et soutenir l’objectif de 26 millions de touristes à l’horizon 2030.