Contagiosité, virulence, efficacité des vaccins… Ce que l’on sait du variant Omicron

Omicron continue de se propager dans différents pays, suscitant l’inquiétude. Que sait-on de ce nouveau variant ? Est-il plus contagieux ou plus dangereux que le Delta ? Sera-t-il résistant aux vaccins ? Et enfin, a-t-il été détecté au Maroc ? Éléments de réponse.

Contagiosité, virulence, efficacité des vaccins… Ce que l’on sait du variant Omicron

Le 29 novembre 2021 à 20h01

Modifié 29 novembre 2021 à 20h04

Omicron continue de se propager dans différents pays, suscitant l’inquiétude. Que sait-on de ce nouveau variant ? Est-il plus contagieux ou plus dangereux que le Delta ? Sera-t-il résistant aux vaccins ? Et enfin, a-t-il été détecté au Maroc ? Éléments de réponse.

Selon les experts marocains et internationaux en épidémiologie, les deux informations avérées concernant ce nouveau variant sont relatives à sa contagiosité et aux mutations.

Il est en effet beaucoup plus contagieux que le variant Delta, selon les épidémiologistes approchés par Médias24, qui rappellent que le Delta, déjà très contagieux, a été à l’origine d’une troisième vague particulièrement virulente au Maroc. Par ailleurs, il renferme pas moins d’une trentaine de mutations.

« Aucun cas détecté au Maroc »

Au moment de la publication de cet article, Médias24 apprend, auprès du Dr Mouad Merabet, coordonnateur du Centre national des opérations d’urgence de santé publique au ministère de la Santé, qu’ »aucun cas du variant Omicron n’a encore été détecté au Maroc ».

« Les mesures mises en place par le gouvernement », notamment la suspension des liaisons aériennes et maritimes du et vers le Maroc à partir de ce lundi 29 novembre, « visent à éviter l’importation d’un cas de ce nouveau variant sur le territoire national, ou du moins, à retarder son apparition ». Le but étant de conserver les indicateurs actuels du pays, en amélioration depuis plus d’une dizaine de semaines.

Dans une publication sur Facebook, le Pr Azzedine Ibrahimi, directeur du laboratoire de biotechnologie de la Faculté de médecine et de pharmacie de Rabat, a estimé que « le Maroc ne fera pas exception. Le variant finira par y être détecté. Le risque d’une éventuelle contamination se rapproche, d’autant que les premiers cas ont déjà été enregistrés en Europe ».

Plus contagieux que le variant Delta

« Pour l’instant, les informations qui existent sur ce nouveau variant sont d’ordre virologique. Il n’y a pas encore d’informations épidémiologiques. En attendant des études scientifiques sur Omicron, il faut continuer à le surveiller », et donc rester vigilant, nous fait savoir le Dr Merabet.

« Ce que l’on sait sur le plan virologique, c’est qu’il renferme de nombreuses mutations, qu’il est plus contagieux et qu’il présente un risque accru de réinfection par rapport aux autres variants. L’efficacité des vaccins existants à ce jour pourrait également diminuer face à ce variant. »

D’après notre interlocuteur, ce qui le rend particulièrement inquiétant, c’est le fait que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) l’ait classé en tant que variant préoccupant aussi rapidement, mais aussi la multiplication très rapide du nombre de cas dans plusieurs pays.

Joint par Médias24, Abdellah Badou, professeur en immunologie à la Faculté de médecine de l’université Hassan II de Casablanca, nous indique ce qui suscite l’inquiétude des pays et des experts face à ce variant. « Omicron renferme un grand nombre de mutations, notamment au niveau de la protéine Spike. Si le variant Delta présente 8 mutations au niveau de celle-ci, le nouveau variant, lui, en présente 32. »

« Spike est une protéine importante, qui se situe sur la surface du virus. Elle contient un domaine de liaison au récepteur (RBD) qui est responsable de la reconnaissance de la liaison avec le récepteur de surface cellulaire. C’est ce domaine de liaison qui va permettre au virus de se fixer sur la cellule humaine, et de pénétrer à l’intérieur. Omicron compte dix mutations au niveau du RBD, contre deux mutations pour le Delta. » Ces données démontrent que « ce variant se propage plus rapidement. Cela dit, jusqu’à présent, nous n’avons pas encore d’indications sur sa vitesse de propagation par rapport aux autres variants ».

Le Pr Badou souligne que « ce qui inquiète également, c’est que ces mutations ont déjà été retrouvées dans d’autres variants, mais c’est la première fois qu’elles se retrouvent cumulées au niveau d’un seul et même variant. La vigilance reste donc de mise ».

Ce week-end, l’hôpital Bambino Gesu de Rome a publié une première image tridimensionnelle qui ressemble à une cartographie du nouveau variant, montrant un nombre de mutations beaucoup plus important sur Omicron que sur le variant Delta.

Un variant plus dangereux ?

Sur ce volet, les discours diffèrent. Ce qui est sûr, c’est que « le fait qu’il présente de nombreuses variations ne signifie pas automatiquement qu’il est plus dangereux, mais simplement que le virus s’est encore adapté à l’espèce humaine en générant un autre variant », précisent les chercheurs de l’hôpital Bambino Gesu de Rome. « D’autres études nous diront si cette adaptation est neutre, moins dangereuse ou plus dangereuse. »

Le Pr Badou confirme. « La pathogénicité de ce virus n’a pas encore été prouvée. Les éléments dont on dispose actuellement sont des déclarations de deux médecins en Afrique du Sud », dont les discours sont légèrement opposés. Selon le premier, « le virus se propage plus rapidement, mais ses symptômes sont très légers ».

« Si cette probabilité se confirme, cela serait une bonne nouvelle, puisqu’on s’attendait à ce que le virus opère des mutations qui lui permettent de se propager plus vite, tout en étant moins virulent. Il donnera ainsi lieu à une maladie bénigne, sans symptômes forts. »

Le second médecin estime pour sa part que « ce nouveau variant se propage plus rapidement, et attaque davantage les jeunes de 30 à 40 ans, avec des symptômes un peu plus forts ». Si cette dernière probabilité se confirme, le nouveau variant pourrait être dangereux pour le Maroc, dans la mesure où la catégorie des moins de 40 ans reste la moins vaccinée au Royaume.

« Pour le moment, on ne peut tirer aucune conclusion dans ce sens. Nous devons attendre d’avoir plus d’informations, d’ici une dizaine de jours. »

Un variant nouvellement détecté ?

Le Pr Ibrahimi considère que « ce variant est apparu il y a quelque temps déjà. Il ne descend pas de virus ‘mutés’ précédemment identifiés, et les liens évolutifs les plus proches avec lui sont les virus détectés en mars 2020 ».

D’après lui, ce variant n’est pas originaire d’Afrique du Sud. « Son identification simultanée en Afrique du Sud, au Botswana, au Malawi et en Égypte signifie qu’il était présent dans diverses parties du monde, et qu’il est passé sous les radars dans les pays qui ne disposent pas d’une grande capacité de séquençage génomique. Il a ensuite été découvert en Afrique du Sud, pays où la veille génomique est assez poussée. »

Les vaccins existants sont-ils toujours efficaces contre ce nouveau variant ?

L’échappement de ce variant aux vaccins développés à ce jour est la plus grande préoccupation des experts.

Sur ce point, le Pr Abdellah Badou se montre optimiste. « De nombreuses mutations ont été observées au niveau d’autres variants, mais jamais l’effet des vaccins n’a été complètement aboli », souligne-t-il. « Nous observons plutôt une diminution de l’efficacité des vaccins. Nous suggérons donc également qu’avec ce variant, nous n’observerons pas une abolition complète de l’effet des vaccins. Nous en saurons un peu plus d’ici deux semaines. »

Notre interlocuteur nous explique toutefois « qu’excepté Sinopharm, la majorité des autres vaccins développés se concentrent en grande partie sur la protéine Spike. Si jamais celle-ci est modifiée, elle ne sera plus reconnue par les anticorps. En revanche, le vaccin Sinopharm, largement administré au Maroc, utilise le virus en entier, qui est désactivé et administré aux gens. Cela représente un avantage pour le Maroc, dans la mesure où si une partie du virus est modifiée, les anticorps pourront toujours le neutraliser via la fixation des anticorps sur d’autres parties. S’il y a donc un impact sur l’efficacité des vaccins, il sera moins important sur Sinopharm ».

Notre expert rassure toutefois sur la production des vaccins, en cas de diminution de leur efficacité. « Si la protéine Spike change, les producteurs de vaccins pourront simplement la remplacer par la nouvelle, et ajuster leurs vaccins. Ils disposent de toute la technologie ; il s’agit donc d’un simple changement qui prendra environ une centaine de jours. »

La PCR garde son efficacité

Pour ce qui est des tests PCR, l’OMS a indiqué dimanche 28 novembre qu’ils sont toujours efficaces face à ce nouveau variant, ajoutant que des études sont en cours pour mesurer l’efficacité des autres outils de diagnostic.

« Les tests PCR largement utilisés continuent de détecter l’infection, y compris l’infection par Omicron, comme nous l’avons vu avec d’autres variants également. Des études sont en cours pour déterminer s’il y a un impact sur d’autres types de tests, y compris les tests de détection rapide des antigènes », a précisé l’organisation onusienne.

Notons que jamais un variant n’avait provoqué autant d’inquiétudes dans le monde depuis l’émergence de Delta. Il existait jusqu’à présent quatre autres variants jugés « préoccupants », soit le niveau le plus élevé : Delta, Alpha, Bêta et Gamma. Plus bas dans l’échelle, on parle de « variants à suivre » (Lambda et Mu).

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