PSU/AFG : sur le terrain, une rupture sans désamour
La scission de la Fédération de la gauche démocratique annonce le divorce entre le Parti socialiste unifié et l’Alliance de la fédération de gauche. Deux militants nous livrent leurs sentiments et leurs ambitions.
Censés faire campagne commune lors des échéances électorales, les composantes de la Fédération de la gauche démocratique, devenue pour l’occasion l’Alliance de la fédération de gauche (AFG), et le Parti socialiste unifié (PSU) font désormais cavalier seul. Non sans regret, des candidats des deux bords nous livrent leur lecture de la course électorale en cours, et leurs enjeux respectifs.
Salah El Housni, candidat aux élections législatives, se définit comme « un pur produit du PSU » ; sa campagne électorale, il la mène dans son arrondissement à Sbata, Ben Msik. « A Casablanca, nous avons réussi à couvrir 100% des circonscriptions pour les élections législatives et régionales, avec uniquement des militants du parti. Nous n’avons pas eu recours aux recrutements de candidats hors du parti », se félicite Salah El Housni.
A Casablanca toujours, tête de liste à la circonscription d’Anfa avec l’AFG, Fakhreddine Motii compte sur le soutien de nombreux bénévoles faisant partie de la coalition des diplômés chômeurs. Médias24 s’est entretenu avec le candidat de retour de campagne dans le quartier Derb Jdid : « Nous avons été très bien accueillis dans un quartier qui compte plusieurs soutiens du RNI. »
Une séparation dans la douleur
Pourtant, d’un côté comme de l’autre, la campagne électorale n’est pas celle dont rêvaient, il y a quelques mois encore, les militants des trois composantes de la gauche. « Nous avons fait le deuil de l’espoir d’unification de la gauche, mais jusqu’à aujourd’hui, il y a des choses que nous ne comprenons toujours pas. Quel a été le point de rupture, le point de non-retour ? Je me le demande toujours. Ayant travaillé dans les commissions en vue de la fusion des trois partis, j'ai très mal vécu cette séparation. J’ai parfois l’impression d’avoir perdu six années de ma vie pour rien », regrette le candidat de l’AFG.
Ce sentiment de confusion est amplifié chez les sympathisants de la gauche. « La classe moyenne, celle que nous visons dans notre communication, ne sait plus pour qui voter, d’autant plus que les profils proposés dans les listes des différentes circonscriptions ne sont pas tous parfaitement adaptés », note Salah El Housni.
En tout état de cause, si au niveau national les projets politiques élaborés par les militants des deux formations restent quasiment identiques, mettant l’accent sur les réformes politiques et le développement des secteurs sociaux, la bataille électorale au niveau régional et local sera particulièrement disputée.
Les communes, terrain de bataille privilégié
A Casablanca, le PSU s’en sort avec un sérieux avantage. « Depuis 2017, nous suivons toutes les réunions du conseil de la ville. Qu’il s’agisse du transport urbain ou de la gestion déléguée, nous, militants du PSU, nous avons forgé une expertise solide qui nous permet de proposer des solutions réalistes, à travers une série de 55 mesures à mettre en place à Casablanca. A Rabat en revanche, l’AFG bénéficie d’un sérieux avantage par rapport à nous », analyse Salah El Housni. Et pour cause, Omar Balafrej, le député sortant de la FGD continue, à travers ses comptes sur les réseaux sociaux, continue d’apporter son soutien aux représentants de l’AFG dans l’arrondissement d’Agdal-Riad.
Des alliances locales AFG-PSU seraient-elles dès lors envisageables ? La réponse est unanime : « Oui, mais… ! » Tout dépendra, selon nos interlocuteurs, de la personne avec laquelle il faudra localement composer. « Bien que la grande majorité des membres des deux formations politiques soient des personnes droites et intègres, il peut y avoir parmi elles quelques opportunistes… et ce, des deux côtés », souligne Fakhreddine Motii.
Pour le candidat du PSU, « c’est à la tête du client ! Il est hors de question de s’allier à une personne envers qui nous avons émis des réserves. En dehors de ça, on ne porte que du respect et de l’estime à nos amis de l’AFG. Et si localement alliance il y a, on ne trouvera pas meilleurs alliés qu’eux ».
Tout porte à croire que le socle électoral que se partagent conjointement le PSU et l’AFG reste indécis. Ce qui est sûr, c’est qu’à une semaine du scrutin, la communication des deux formations, notamment dans les médias et sur les réseaux sociaux, sera décisive.
à lire aussi
Article : Désinformation : comment la machinerie hostile au Maroc a fabriqué “l’affaire Wassim”, jusqu'au sommet de l’État algérien
Comme lors de chaque grand rendez-vous sportif, les réseaux de propagande hostiles au Maroc redoublent d'activité. La dernière tentative en date, "l’affaire Wassim", a cherché à imputer à la communauté marocaine résidant aux États-Unis l'agression présumée d'un mineur algérien à Boston.
Article : Énergie verte : les futurs câbles Maroc-France et le gazoduc H2 prennent place dans les plans européens
Les projets énergétiques reliant le Maroc au continent européen se multiplient dans le Plan décennal de développement du réseau européen, version 2026. Portés par Xlinks, Fortescue ou encore Enagás, ils confirment le positionnement du Royaume comme futur fournisseur d'énergie verte de l'Europe.
Article : Une fusion-absorption de l'Université internationale privée Averroès par LCI Africa Holding en projet
Le Conseil de la concurrence a été saisi le 2 juillet de l’opération, qui rapprocherait l’établissement casablancais du groupe LCI Education, déjà présent au Maroc à travers HEM, Collège LaSalle International Maroc et Foncière L’AGORA pour l’Éducation.
Article : À Tétouan, les juges constitutionnels veulent rendre l’État de droit plus visible
Organisé avec la Commission de Venise, le colloque a réuni pendant deux jours des intervenants marocains et étrangers autour d’un enjeu central : l’indépendance des cours et leur capacité à dialoguer au-delà des frontières. Les travaux ont aussi été marqués par la présentation de la version révisée de la Liste des critères de l’État de droit.
Article : Rabat : pour faire revivre son patrimoine, Balima mise sur des appartements-galeries
La marque a inauguré, le 2 juillet, la Senior Suite Balima Harcourt 31, conçue avec le photographe Julien Guyard et consacrée aux paysages du Sud marocain, dans le cadre d’un programme associant hébergement, création artistique et vente d’œuvres.
Article : Achats par IA : Oliver Jenkyn, président de Visa, esquisse les ruptures du paiement et du commerce du futur
Le président du groupe Visa a ouvert la journée médias du Payments Forum 2026, à Paris. Lors de son intervention, il a dessiné les contours de ce que sera, selon lui, le commerce des prochaines années : des agents qui achètent à notre place, des stablecoins encore balbutiants, et une confiance qui devient la seule monnaie qui compte vraiment.