L’IMIS publie une note sur l’influence des partis marocains sur Twitter
L’Institut marocain d’intelligence stratégique (IMIS) a publié mardi 31 août une note de recherche qui vise à évaluer les modalités et les mécanismes d’influence à l’œuvre sur les réseaux sociaux, en se concentrant sur cinq principales formations politiques : le PJD, le RNI, l’Istiqlal, le PAM et le PPS.
Intitulé « Contribution à la connaissance du processus d’influence dans les réseaux sociaux : cas de cinq partis marocains sur Twitter » et réalisé par l’enseignant-chercheur, membre-expert et membre-cofondateur de l’Institut, Dr Mohamed Benabid, ce travail s’est appuyé sur des données issues de Twitter pour mesurer l’influence au sein des réseaux des cinq formations politiques.
Le corpus de Big Data recueilli et analysé porte sur près de 30.000 observations couvrant une période de plus de 4 ans, allant du 5 avril 2017 au 19 août 2021.
Ces observations ont ensuite permis de reconstituer les réseaux d’utilisateurs et leurs liens ou relations pour chacun des cinq réseaux. Pour évaluer l’importance des différents utilisateurs, notamment ceux les plus influents des réseaux des différents partis, l’analyse, de type relationnelle, a mobilisé une combinaison de méthodes de calcul de scores de centralité et visuelle. La méthode centralité in degree est définie comme le nombre de liens incidents à un nœud, ce qui fait apparaître des « clusters ».
Par exemple, l’analyse du réseau du PJD fait ressortir 86 communautés. La première concentre 64.7% des nœuds et gravite autour du compte officiel du parti. Elle est suivie de deux autres communautés à score égal à 6.3% : l’une autour des comptes du journaliste Ali Lmrabet (@alimrabet), l’autre autour du compte du chef de gouvernement (@ChefGov_ma).
Dans la partie relative à l’analyse des résultats, le Dr Benabid explique que les comptes Twitter des cinq formations politiques retenues maîtrisent les flux informationnels qui les concernent sur Twitter.
In fine, « les résultats permettent d’observer que les leaders de deux partis, l’Istiqlal (Nizar Baraka) en premier, suivi du PJD (Saad Eddine El Othmani) sont particulièrement bien positionnés sur leurs réseaux respectifs. Les secrétaires généraux de deux autres formations (PAM et PPS) parviennent également à se placer dans le top 5 des comptes influents, mais pas sur l’ensemble des centralités et avec des tailles de réseaux de moindre envergure », précise l’auteur.
L'auteur relève en conclusion que cette domination n’est pas nécessairement une bonne nouvelle, « en ce sens qu’elle laisse penser que le reste des audiences joue un faible rôle dans la transmission d’informations ou la connexion avec d’autres utilisateurs dans les conversations ». Ce que confirme d’ailleurs l’analyse visuelle des graphes, qui laisse apparaître des réseaux clusterisés.
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