Selon l’administration pénitentiaire, Raissouni n’est pas en danger malgré sa grève de la faim

Quel est l'état de santé de Soulaïmane Raïssouni, plus de 70 jours après avoir démarré sa grève de la faim? Raïssouni est incarcéré à la prison locale Ain Sebä 1 sous des accusations de viol et de séquestration.

Selon l’administration pénitentiaire, Raissouni n’est pas en danger malgré sa grève de la faim

Le 19 juin 2021 à 12h23

Modifié 19 juin 2021 à 18h17

Quel est l'état de santé de Soulaïmane Raïssouni, plus de 70 jours après avoir démarré sa grève de la faim? Raïssouni est incarcéré à la prison locale Ain Sebä 1 sous des accusations de viol et de séquestration.

Selon sa famille ainsi que différentes personnes qui sont en relation avec elle ou avec sa défense, il est dans un état d’affaiblissement tel qu’il peut mourir d’un moment à l’autre. Le mot agonie est utilisé.

Ce vendredi 18 juin, la Délégation Générale à l’Administration Pénitentiaire et à la Réinsertion (DGAPR) a fourni une version complètement différente, affirmant qu’il s’agit d’une « pseudo-grève de la faim », qu’elle assimile plutôt à une sorte de « diète ».

Le mercredi 9 juin, la même administration avait également présenté un guide

« Contrairement aux publications relayées par des sites de presse électronique qui prétendent que le détenu concerné observe une grève de la faim effective, ce dernier suit en réalité comme une diète, puisque dès son annonce de cette grève, il consommait des aliments (du miel et des dattes) et des toniques (Supradyne, un composé mutivitaminé) », souligne la même source dans un communiqué, ajoutant qu’il a même consommé deux fois de la soupe et du jus (respectivement les 22 et 23 mai 2021).

« Dès qu’il s’est aperçu que la consommation de ces aliments constituerait en soi une cessation flagrante de sa prétendue grève de la faim et dévoilerait ainsi son stratagème, il a refusé de continuer d’en consommer, explique le communiqué publié en réaction à ce qu’écrivent des proches parents du détenu, ainsi que des personnes prétendant être des défenseurs des droits de l’homme, dans leurs pages sur les réseaux sociaux ».

« En suivant ce régime sur conseil de ceux qui l’incitent à ne pas déclarer la cessation de sa pseudo-grève de la faim, il cherche à éviter les répercussions négatives d’une grève de la faim effective sur son état de santé et à maintenir en même temps un inlassable martelage médiatique pour tromper l’opinion publique en lui donnant à comprendre que le motif pour lequel il a été incarcéré est d’ordre politique et non de droit commun », relève la DGAPR, pour qui « cette tactique vise en fin de compte à mettre la pression sur l’autorité judiciaire pour qu’il obtienne une remise en liberté ».

L’administration pénitentiaire affirme que « les indicateurs vitaux du détenu (glycémie et tension artérielle) constatés au quotidien par le service de santé du pénitencier et les résultats des bilans de sang dont il a bénéficié (en dates du 31 mai, 8 et 15 juin 2021) sont à chaque fois normaux ».

En outre, « comment après une prétendue grève de la faim de plus de 70 jours arrive-t-il à parcourir toute une distance à pied de sa cellule au bureau des avocats et avoir des échanges avec ses avocats pendant assez de temps et prétendre en même temps que son état de santé ne lui permet pas d’être présent à une audience judiciaire ? », s’interroge également la DGAPR.

Le mercredi 9 juin, la DGAPR avait présenté un guide de suivi de la grève de la faim élaboré sous la supervision d’une commission technique composée de cadres du ministère de la Santé, du CNDH, de la présidence du ministère public et de la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR), en collaboration avec le Comité international de la croix rouge (CICR).

Ce guide expose la procédure à suivre en cas de grève de la faim d’un détenu, à commencer par la définition d’une grève de la faim; une procédure qui implique les services de santé, l’administration et le Conseil National des Droits de l’Homme. Parmi les mesures qui doivent être prises, la prise en charge médicale immédiate.

La publication de ce guide n’est bien sûr pas le fruit d’une coïncidence.

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