Le RNI chiffre son programme électoral: 55 milliards de DH additionnels / an
Il s'engage à ne pas instaurer de nouvelles taxes pour le financer. Ces chiffres ont été rendus publics mercredi au cours d'un meeting à Casablanca.
Le RNI a livré mercredi 9 juin 2021 à Casablanca, le premier chiffrage des mesures qu'il propose. Son programme a été également diffusé dans la soirée. En pôle position: 25 propositions et 5 engagements. Selon Mohamed Boussaid, ancien ministre des Finances et coordonnateur RNI de Casablanca, l'ensemble a été chiffré, ligne par ligne. Le coût serait de 275 milliards de DH, soit 55 milliards de DH par an.
Boussaid intervenait au cours d'un meeting de clôture d'une tournée qui a mené le RNI à Agadir, Marrakech, Tanger, Oujda et puis Casablanca. Il a dit, tout comme Aziz Akhannouch, que le parti est prêt à n'importe quel débat au sujet de son programme, y compris le chiffrage.
La question du financement d'un programme électoral est essentielle. Si elle est éludée, il y a inflation des promesses, souvent irréalisables sinon à travers l'endettement. Si le RNI l'emporte (gagne la primature autrement dit), Boussaid promet d'améliorer les marges de manœuvre du budget pour faire reculer le déficit d'une manière significative dès 2023.
En vedettes américaines du show RNI, il y a les interventions de Nawal Moutawakil, membre du bureau politique; Yasmine El Maghour, Mohamed Boussaid et Rachid Talbi Alami. Le meeting s'est déroulé à Bourgogne probablement pour éviter l'image de parti des riches.
Akhannouch a rappelé ses messages essentiels:
• Les cinq engagements annoncés par le parti dans le cadre du Programme des Indépendants sont déclinés en 25 mesures et nécessiteront une enveloppe de 55 milliards de dirhams par an.
• Le parti s'engage à n’imposer aucune taxe supplémentaire aux citoyens pour financer son programme.
• Inviter les citoyens à considérer le programme des Indépendants comme une véritable charte qui leur permettra de suivre toutes les réalisations du parti.
Parmi les engagements, la création de 1 million d'emplois.
Mais pourquoi le RNI ne l'a-t-il pas fait puisqu'il gère depuis octobre 2013, plusieurs départements économiques et financiers sensibles?
Pour AKhannouch, la raison, c'est que "le parti ne gère pas le gouvernement mais y participe dans le cadre de la coalition gouvernementale. En revanche, le parti a réussi à obtenir des résultats positifs et significatifs, au niveau de l’ensemble des secteurs ministériels qu’il a eu à gérer".
Concernant les 55 milliards de DH nécessaires chaque année au financement du programme, "il s’agit d’un coût additionnel qui est soutenable dont les Indépendants mobiliseront diverses ressources pour le financer. Outre l’impact positif de la croissance sur les recettes fiscales de l’État, le RNI procédera à la réallocation de certaines dépenses, au service de ces chantiers prioritaires pour plus d’efficience budgétaire. Il mobilisera également des ressources additionnelles, notamment à travers les contributions volontaires au fonds Zakat Al Mal et le maintien de la contribution sociale de solidarité. Le RNI s’engage aussi à ne pas augmenter la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), ni l’impôt sur le revenu (IR), ni l’impôt sur les sociétés (IS), mais à fournir ses meilleurs efforts pour que chacun paie l’impôt qu’il doit".
Les 5 engagements prioritaires pris par ce parti sont : une protection sociale contre les aléas de la vie, un système de santé digne, des emplois pour tous, une école de l’égalité et une administration à l’écoute.
Ces engagements qui constituent la base du contrat politique du RNI avec ses concitoyens, ont été formulés suite aux différentes tournées d’écoutes organisées, lors des cinq dernières années auprès de plus de 300.000 Marocains et Marocaines et au recueil des mesures réalisables et prioritaires, affirme le RNI.
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