Année scolaire: Les parents d'élèves montent au créneau
Dans un communiqué, la FNAPEM déplore une absence de visibilité concernant l’avancement du programme scolaire et les examens de fin d’année. Elle s’inquiète également de l’impact de la grève des enseignants et réclame la mise en place de cours de soutien scolaire.
Les parents d’élèves montent à nouveau au créneau. Dans un communiqué daté du samedi 10 avril, la Fédération nationale des associations de parents d’élèves (FNAPEM) émet plusieurs constats et réclamations à l’adresse du ministère de l’Éducation nationale, concernant les conditions d’apprentissages des élèves et les évaluations qui se profilent, à moins de trois mois de la fin de l’année scolaire 2020/2021.
Elle déplore notamment "l’absence d’une vision claire et globale qui vise le reste de l’année scolaire et des cours (...)". Mohamed Berazouk, premier vice-président de la FNAPEM et président du secteur de Fès, s’en explique auprès de Médias24 : "Nous n’avons aucune idée de la manière dont va se dérouler la fin de l’année : les épreuves vont-elles être retardées ou avancées ? Nous ne connaissons même pas encore les dates d’examen."
Aucune visibilité sur la fin de l’année scolaire
La fédération déplore également "l’incohérence et l’inadéquation des quotas de temps scolaire actuellement approuvés avec les programmes scolaires". Cette inquiétude n’est pas sans rappeler celle que la FNAPEM avait formulée auprès de notre rédaction en janvier, puis en février derniers. Mohamed Berazouk nous avait effectivement confié que les parents s’inquiétaient du niveau scolaire de leurs enfants, et craignaient que l’année en cours ne leur suffise pas à acquérir les compétences requises et, finalement, que le retard accumulé durant les presque trois mois de confinement, entre mars et juin 2020, s’aggrave davantage.
"C’est évidemment une crainte que nous avons toujours aujourd’hui. Le niveau actuel de nos élèves n’est pas celui que nous voulons. Comment vont se débrouiller ceux qui sont censés poursuivre leurs études dans l’enseignement supérieur l’année prochaine ?", s’interroge le premier vice-président de la FNAPEM.
Dans son communiqué, celle-ci demande ainsi au ministère de l’Éducation nationale d’"intervenir immédiatement pour sauver l’année scolaire en cours et [de] rassurer les familles en prenant des décisions claires sur l’avenir des apprenants et apprenantes". Mohamed Berazouk de préciser : "Concrètement, où en sont les professeurs dans l’enseignement du programme scolaire ? A l’heure actuelle, nous ne le savons pas. La seule chose que nous savons, c’est qu’il n’est pas enseigné dans des conditions normales. Nous avons sollicité plusieurs fois le ministère pour qu’il nous fasse savoir, par le biais de ses inspecteurs, où en est l’enseignement du programme. Or jusqu’à présent, nous n’avons pas eu de réponse."
Les parents d’élèves inquiets de l’impact des grèves des enseignants
Autre source d’inquiétude pour les parents d’élèves : les grèves des enseignants. Le taux de participation à ces grèves est généralement très élevé, a récemment fait savoir un responsable syndical à Médias24. "Pour celle organisée lundi 5 avril par exemple, il a dépassé les 90%, toutes catégories confondues", nous a-t-il confié, regrettant "un impact certain sur les élèves".
"Ces grèves impactent grandement et négativement le déroulement de l’année scolaire. Peut-être que l’impact n’est pas très visible en milieu urbain, mais les élèves les plus impactés par ces grèves sont ceux du milieu rural, où enseigne la majorité des enseignants grévistes", a déclaré de son côté Ali Fennach, vice-président de la FNAPEM, chargé de la communication. Ce dernier nous a également dit craindre "l’année blanche" et nous a assuré que "la majorité des enseignants sont à peine à 50% du programme scolaire".
"Ces grèves sont un problème pour nous. Les enseignants ne sont pas présents pour donner leurs cours. Cela ne fait qu’ajouter du retard au retard", fustige aujourd’hui, à son tour, Mohamed Berazouk
Les élèves du public plus impactés que ceux du privé
Pour pallier ce retard, la FNAPEM demande dans son communiqué de "mettre en place un programme de soutien scolaire et [d’]allouer un budget à cet effet dans de telles circonstances exceptionnelles". Selon Mohamed Berazouk, les heures de soutien scolaire sont déjà programmées "mais pas encore effectives, justement à cause des grèves".
Pour l’instant, ce sont donc les parents qui mettent la main à la pâte. "Les parents sont très nombreux à rémunérer des professeurs particuliers pour que leurs enfants bénéficient d’un soutien scolaire. Beaucoup se serrent la ceinture alors qu’ils sont déjà impactés par des difficultés financières à cause de la crise économique. Certains ont notamment perdu leur emploi et n’en ont toujours pas retrouvé un", nous dit-il.
Les plus impactés par cette lenteur dans la mise en place du soutien scolaire sont sans conteste les élèves scolarisés dans les établissements publics, estime Mohamed Berazouk. Dans son communiqué, la FNAPEM déplore en effet des "opportunités inégales entre l’enseignement public et privé dans l’adoption de styles d’apprentissage".
Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ? "En temps normal, les élèves du public sont environ 40 par classe, ce qui ne favorise pas un apprentissage dans de bonnes conditions. Le modèle d’enseignement hybride y est toujours en vigueur : les effectifs étant donc divisés par deux, cela signifie qu’ils sont actuellement une vingtaine par classe. Le problème, c’est que ce mode d’enseignement ne fait qu’accroître le retard dans l’enseignement du programme", explique Mohamed Berazouk.
Autrement dit, les deux seules options qui se présentent aux élèves des établissements publics sont, quoi qu’il en soit, loin d’être optimales : d’une part, le maintien du modèle hybride ne permet pas aux professeurs d’enseigner le programme dans les délais qui leur sont impartis ; mais d’autre part, le retour à l’enseignement normal, c’est-à-dire celui qui prévalait avant la crise sanitaire, marqué par des classes bondées, impacte considérablement l’apprentissage des élèves.
"Dans le privé, l’enseignement entièrement en présentiel a quasiment repris, certes, mais les élèves sont beaucoup moins nombreux par classe. Ils sont donc bien moins désavantagés que leurs camarades du public. Nous le disons aujourd’hui : les élèves du public sont dans une situation critique. On alerte sur le fait que ces enfants ne bénéficient pas des conditions favorables à la préparation des examens et à la poursuite du programme scolaire."
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