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Salles de sport: les clients n’accourent pas après la réouverture

L’Association marocaine des professionnels de l’industrie du fitness et de la remise en forme déplore que les salles de sport soient encore perçues comme des lieux vecteurs de contamination. Elle constate également que les clients ont changé leurs habitudes de consommation des activités sportives et que les salles sont désormais moins prisées.

Salles de sport: les clients n’accourent pas après la réouverture
Solène Paillard
Le 31 mars 2021 à 15h31 | Modifié 11 avril 2021 à 2h51

Dix jours après la réouverture des salles de sport, le rush tant escompté par les gérants n’a pas eu lieu. "Le retour de nos abonnés est faible. Les salles ont perdu environ 60% de leur clientèle, et plus de 70% rien qu’à Casablanca", constate Anis Khalil, secrétaire général de l’Association marocaine des professionnels de l’industrie du fitness et de la remise en forme (Ampif), joint par Médias24.

A elle seule, la ville de Casablanca regroupe environ 45% de l’industrie du sport et du fitness au Maroc. "C’est le poumon de notre activité", souligne Mourad Belkamel, président de l’Ampif, également contacté par Médias24. Lui estime que la reprise, certes lente, "ne se fera que de façon très progressive". Pour deux raisons : "La première, c’est que le secteur du fitness a été considéré à tort comme un vecteur de contamination. Les salles de sport ont été étiquetées comme des lieux propices à la contamination et les gens ont désormais peur d’y revenir. Or, à l’exception de quelques villes, tous les établissements ont rouvert avant le 22 mars et aucun cas de contamination n’y a été enregistré. Aucune salle n’a été déclarée en tant que cluster. La seconde raison, c’est que les gens ont pris d’autres habitudes : ils sont suivis par des coachs sportifs, font du sport en plein air, ont acheté des équipements… Il va nous falloir entre 12 et 24 mois pour retrouver une reprise normale – et encore, s’il n’y a pas de mauvaise surprise !"

Anis Khalil ajoute une troisième raison : "Les clients sont réticents à revenir car ils craignent à nouveau une fermeture des salles. Ils ont peur de se réengager et, in fine, de ne pas pouvoir profiter de leur abonnement."

Une trésorerie au plus bas et pas de recettes à l’horizon

La crainte d’une nouvelle fermeture aurait-elle également dissuadé certains gérants de rouvrir leurs portes ? "Ceux qui ont été autorisés à rouvrir plus tôt dans les autres régions ont toujours eu cette crainte de devoir refermer leur établissement. Entre 15 à 20% des salles n’ont pas pu rouvrir car elles n’ont plus les moyens financiers de reprendre leurs activités. Elles ont été contraintes de mettre la clé sous la porte. Les autres rouvrent dans l’espoir de ne plus avoir à fermer", répond Mourad Belkamel.

Les salles rouvrent donc, mais les mois qui s’annoncent ne leur seront pas favorables financièrement. Car au moment de l’annonce de leur fermeture, le 15 mars 2020, beaucoup de clients n’avaient pas pu consommer entièrement leur abonnement. "Ce sont des clients qui ont payé leur abonnement mais qui n’ont pas pu en bénéficier pendant une année. Ces gens, il va falloir les servir gratuitement : il est exclu de les pénaliser en les faisant repayer. Pour les nouveaux clients, les tarifs ne bougent pas", assure Mourad Belkamel. Comprendre : pas de réduction des prix des abonnements, mais pas d’augmentation non plus.

Et d’ajouter : "Il va donc falloir restituer aux clients l’équivalent d’au moins six ou huit mois ; autant de temps pendant lequel nous n’encaisserons pas de recettes. Non seulement on restera impactés sur le plan de la trésorerie, mais on devra faire des efforts supplémentaires pour faire face aux charges d’exploitation actuelles."

Les salles tournent avec la moitié de leur capacité

La fermeture des salles à 20 heures, contre 23 heures en temps normal, n’arrange pas non plus les problèmes de trésorerie. C’est ce que nous explique le gérant d’une salle de sport à Kénitra : "Cela complique l’aménagement des séances. Les créneaus horaires sont plus serrés ; par conséquent, on ne peut plus recevoir autant de personnes qu’avant. Pour tenter de pallier la diminution du nombre de clients, on essaie de les fidéliser avec des formules encourageantes pour qu’ils adhèrent au moins au trimestre, voire au semestre. Et, pourquoi pas, à l’année."

Concernant l’organisation, les salles de sport fonctionnent à 50% de leur capacité tout en respectant les mesures de distanciation sociale, de 7 heures du matin à 20 heures. "Nous avons travaillé en collaboration avec le ministère de la Jeunesse et des Sports pour mettre en place un plan d’action sanitaire pour prévenir les contaminations. Nous assurons également la traçabilité de nos clients, à travers la tenue d’un registre pour noter les passages et, en cas de besoin, pouvoir contacter les clients. Dans les vestiaires, une douche sur deux est utilisable, et dans les salles, une machine sur deux", précise Mourad Belkamel.

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Solène Paillard
Le 31 mars 2021 à 15h31

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