Rachid Dahmaz : « Le tourisme à Agadir devrait reprendre plus vite qu'à Marrakech »
A la veille d’une réunion avec la ministre Nadia Fettah à qui il présentera ses doléances pour un plan de relance immédiat du secteur, le président du CRT de la région Souss Massa reste optimiste malgré le désert touristique qu’est devenu Agadir et ses environs. Selon Rachid Dahmaz, il faudra que les autorités satisfassent plusieurs conditions pour un début de retour à la normale l’été prochain.
« Les doléances que notre CRT a présentées la semaine dernière sont la synthèse de ce que nous demandons depuis un moment aux autorités, et nous espérons vraiment obtenir gain de cause, demain, avec la ministre de tutelle », nous déclare Rachid Dahmaz qui dit beaucoup attendre de cette réunion, avant de nous exposer les priorités pour préparer la relance du secteur dans la deuxième destination touristique du Maroc.
La première des priorités est d’allonger la durée de validité du test PCR
« Tout le monde sait que sans assouplissement rapide des conditions sanitaires et des restrictions de vols, il n’y aura pas de retour progressif des étrangers qui constituent la majorité de nos arrivées.
« Si nous militons pour l'annulation des tests sérologiques et PCR, nous espérons dans un premier temps en garder un seul, mais avec une durée de validité élargie à 72 heures. Cela permettra au moins à nos clients étrangers de réserver leur séjour (vol plus hôtel) et éventuellement de l'annuler », demande d’abord Dahmaz en précisant qu’ils ne sont pas demandés par les destinations concurrentes.
Sans liaison aérienne directe, aucun étranger ne viendra à à Agadir
« En effet, actuellement, l'état des réservations hôtelières à Agadir n'est vraiment pas fameux. S'il y a quelques Marocains qui viennent pour le business ou pour s'amuser, il n'y a toujours aucun étranger.
« La reprise tant espérée est loin d'être présente et plus les jours passent plus les opérateurs sont asphyxiés, sachant que sur une soixantaine d'hôtels, à peine une vingtaine sont encore ouverts.
« Même cas de figure à la station balnéaire de Taghazout où trois hôtels seulement sont actuellement ouverts. Tant qu'il n'y a pas de lignes aériennes, il n'y aura pas de visiteurs étrangers, explique Dahmaz qui révèle qu’une réunion avec la RAM et l’ONMT aura lieu entre le 5 et le 10 octobre pour rétablir le plus rapidement possible le trafic aérien direct, y compris pour les nationaux.
Pas de vraie relance avant la découverte d’un vaccin efficace
« Si des solutions sont trouvées à nos attentes, cela permettra enfin un retour progressif des touristes étrangers, lors de la saison touristique d'hiver qui commence le 1er novembre prochain.
« Etant réalistes, nous ne nous attendons pas à une avalanche automatique d'arrivées étrangères, mais avec un taux d'occupation hôtelière de 10% pour novembre, ça serait déjà un excellent début.
« Sachant que durant le mois de décembre, très basse saison, ce taux devrait descendre à 5%, on peut facilement espérer une bonne fin d'année avec 30 à 35 % de taux de remplissage hôtelier.
« Ainsi, si nous arrivons à réaliser un taux de 20% en janvier et février prochain, un début de vraie reprise pourrait être envisagé en mars avec la découverte d'un vaccin vraiment efficace.
« Quand je parle de reprise, c'est d’un frémissement pour colmater les brèches et pas un retour à la normale sachant que les mois de mai et de juin représentent encore la basse saison pour notre région.
Contrairement à Marrakech, Agadir table sur un début de retour à la normale l'été prochain
« Pour l’instant, la seule bonne nouvelle est que le tourisme balnéaire devrait certainement reprendre beaucoup plus vite que le tourisme culturel comme celui de Marrakech par exemple.
« Il y a en effet une grande différence entre les deux, car en pareille circonstance les gens préfèreront toujours aller à la mer plutôt que de visiter les tombeaux des Saâdiens ou alors la place Jamâa Lefna.
« Sachant que la région d'Agadir est baignée par l'Atlantique, elle mettra moins de temps à reprendre que les autres villes culturelles comme celles du circuit impérial Fès-Marrakech-Meknès.
« Si je préfère ne pas m'aventurer à livrer des pronostics, je pense qu'il y aura un début de retour à la normale à partir de l'été prochain, conclut Dahmaz en ajoutant qu'il faudra réinventer le tourisme culturel avant qu'il ne reprenne vraiment.
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