Chakib Alj : La réactivité observée en début de crise n'est plus palpable
Pour la CGEM, l'heure est grave pour le secteur privé et pourtant les actions pour insuffler une relance se font attendre. C'est en substance, le message porté par Chakib Alj, président du patronat lors du dernier Conseil National de l'Entreprise.
A l'ouverture du Conseil national de l'entreprise tenu ce 24 septembre en visioconférence avec la participation d'une centaine d'hommes d'affaires, le président de la CGEM Chakib Alj a prononcé un discours sans détour, où il explique clairement que l'action du gouvernement n'est pas à la hauteur du contexte, ou du moins elle ne l'est plus comme avant.
"L’heure est à l’action. Malheureusement, nous remarquons que la mobilisation, la réactivité et le sens de l’urgence observés en début de crise, notamment au sein du CVE, ne sont plus palpables, alors que la survie des entreprises et donc la pérennité des emplois sont extrêmement menacées", déclare le président de la CGEM. "La crise inédite que nous traversons appelle à notre responsabilité, à notre engagement et à la persistance. Il y va sérieusement de notre équilibre social", ajoute-t-il.
Tout en rappelant l'ensemble des mesures prises depuis le début de la crise jusqu'à présent, le président de la CGEM estime qu'elles "restent insuffisantes pour une relance effective surtout dans les secteurs les plus impactés."
"Nous sommes en attente de l’opérationnalisation rapide des annonces de Sa Majesté que Dieu l'assiste à l’occasion de la Fête du Trône, notamment le fonds d’investissement stratégique pour renforcer les fonds propres, fonds qui - nous sommes convaincus - jouera un rôle majeur dans la reprise de ces secteurs sinistrés notamment", affirme Chakib Alj.
La CGEM insiste sur la nécessité de prendre d'autres mesures qu'elle estime prioritaires :
- L’amélioration de l’Indemnité Perte d’Emploi (IPE) et/ou l’instauration d’autres mécanismes comme une indemnité de chômage,
- La mise en place de systèmes incitatifs à la déclaration des salariés à la CNSS, ce qui permettra de réduire le gap entre le formel et l’informel et de relancer l’emploi.
- L’amendement de la loi sur la grève et du code du travail sur lesquels nos positions sont claires et inchangées.
- De nouvelles dispositions de la réglementation des marchés publics doivent être mises en place pour rendre effective cette préférence nationale, en l'occurrence son élargissement aux établissements et entreprises publics et son application à tout type de marché que ce soit en matière de fournitures, de travaux ou de services.
- Doter la TPME marocaine d’un cadre spécifique à savoir le “Small Business Act” afin de lui garantir plus d’accessibilité à la commande publique avec des incitations et des garanties appropriées.
- La préservation de la compétitivité des entreprises. Celle-ci reste étroitement liée à la capacité d’investissement limitée en raison d’une sous-capitalisation et d’un surendettement évidents.
- Réduire le gap de compétitivité fiscale entre les secteurs formel et informel par la création de statuts fiscal et social incitatifs.
Pour Chakib Alj, la phase de relance de notre économie "doit aussi nous permettre d’améliorer le climat des affaires et de repositionner notre pays dans les chaînes de valeur mondiales". Pour ce faire, le président de la CGEM énumère les mesures nécessaires :
- Revoir les Accords de Libre Échange pour protéger notre tissu entrepreneurial et industriel;
- Encourager l’innovation via par exemple l’instauration du crédit impôt-recherche, qui doit être érigé comme priorité;
- Opérer la modernisation du système judiciaire avec la dématérialisation des tribunaux et une meilleure justice des affaires ;
- Aboutir à la réforme de la charte de l’investissement, qui donne de la visibilité aux investisseurs locaux et étrangers;
- Mettre en place un e-gov efficient au profit du citoyen, de l’entreprise et du secteur public.
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