Décharge de Médiouna: les débordements de lixiviat suscitent la colère des riverains

Les problèmes causés par la décharge sauvage de Médiouna se poursuivent. Ils ont pris de l’ampleur depuis quelques semaines, avec le débordement du lixiviat sur la route régionale reliant la commune de Médiouna à Casablanca.

Décharge de Médiouna: les débordements de lixiviat suscitent la colère des riverains

Le 22 juillet 2020 à 17h30

Modifié 11 avril 2021 à 2h47

Les problèmes causés par la décharge sauvage de Médiouna se poursuivent. Ils ont pris de l’ampleur depuis quelques semaines, avec le débordement du lixiviat sur la route régionale reliant la commune de Médiouna à Casablanca.

Une moyenne quotidienne de plus de 3.500 tonnes de déchets sont enfouies dans la décharge de Médiouna, qui génère près de 40.000 m3 de lixiviats par mois. 

Ces dernières semaines, ce jus de déchets a débordé sur la route régionale reliant Médiouna à Casablanca, apprend Médias24 auprès de différents interlocuteurs, dont un chauffeur de grand taxi, également coordinateur régional de Casablanca-Settat de l’Organisation professionnelle de transport (OPT), qui emprunte quotidiennement ce circuit.

« La circulation a été bloquée sur cet axe, puisque la majorité des automobilistes ont refusé de rouler sur ce liquide, dont l’odeur est juste infecte ».

« Au lieu de régler le problème en profondeur, la commune de Casablanca n’a fait que recouvrir ce liquide de terre pour le bloquer et l’empêcher de déborder à nouveau. Sauf qu’il ne s’agit que d’une solution provisoire et le problème va se reproduire, à l’instar des années antérieures », nous explique notre source. 

« Nous avons envoyé trois courriers à ce sujet (fac-similé ci-dessous, NDLR), au nom de l’OPT, notamment au président de la commune de Mejjatia Ouled Taleb, mais en vain. Ce liquide a même déjà provoqué de nombreux accidents ». 

« Plusieurs centaines de millions de DH »

Selon une source proche du dossier, « il s’agit d’un très grand problème, qui dure depuis plus d’une trentaine d’années ».

« Un appel d’offres a récemment été lancé par Casablanca Baia pour choisir un nouvel exploitant qui se chargera de la gestion de la décharge contrôlée. L’ouverture des plis est prévue pour le 10 août prochain ».

Mais comme le traitement des lixiviats n’est pas inclus dans ce nouveau marché, « le président de la SDL s’est récemment réuni avec des représentants du ministère de l’Intérieur pour discuter de ce volet et y trouver des solutions concrètes et définitives. Ce dossier nécessite un énorme budget, voire plusieurs centaines de millions de DH, pour traiter des centaines de millions de m3 de lixiviats ». 

A qui la faute?

La commune de Casablanca accuse la commune de Mejjatia, où se trouve la décharge.

Contacté par nos soins, le président de cette commune, Chafik Amine Hachem, nous explique que « malgré de nombreux courriers adressés à la commune de Casablanca, au ministère de l’Intérieur et au ministère de l’Energie, des mines et de l’environnement, la situation est restée inchangée ». On peut même dire qu’elle empire d’une année à l’autre.

Notre interlocuteur précise également que « même si la décharge se trouve dans la commune de Mejjatia Ouled Taleb, c’est la commune de Casablanca qui est en charge de sa gestion ».

« La commune de Casablanca doit assumer la responsabilité de son échec dans la gestion de ce dossier« , ajoute-t-il, notant que « toutes les décisions sont prises de manière unanime, notamment celle relative à l’achat du terrain de 35 ha qui servira à la construction de la nouvelle décharge. La commune de Mejjatia et ses habitants n’ont pas été consultés, et nous n’avons pas donné notre accord à ce projet ».  

« L’hôpital provincial reçoit tous les jours de nombreuses personnes à cause de cette décharge et des odeurs nauséabondes qui en découlent, qui sont accentuées par la chaleur durant l’été. La couleur de l’eau des puits est devenue foncée, et il n’y a presque plus d’agriculture dans cette zone », connue dans le temps par ses champs, conclut notre source. 

A quand une solution définitive?

La problématique de la décharge de Médiouna remontre à plus de 35 ans. Les riverains continuent de souffrir et de se plaindre de la situation, et espèrent une solution définitive, dans les plus brefs délais. 

Les élus de la ville, eux, sont aux abonnés absents. Le dossier est mal géré. De nombreuses promesses de fermeture ont été faites par la commune de Casablanca, mais aucune action concrète n’est visible sur le terrain.

Plusieurs appels d’offres pour la gestion déléguée de la nouvelle décharge ont été lancés durant les trois dernières années, depuis la résiliation du contrat avec Ecomed, mais aucun n’a abouti. Le dernier en date est celui lancé en décembre 2019, attribué à SNTRO en janvier 2020, avant d’être annulé, sans raison précise.

Le 10 juillet dernier, la SDL Casablanca Baia a lancé un nouveau marché pour l’exploitation de la nouvelle décharge contrôlée. Le cahier des charges prévoit une exploitation durant 3 ans, mais le plus grand hic, c’est que le nouveau délégataire ne se chargera pas du traitement des lixiviats, qui feront l’objet d’une prestation indépendante.

Affaire à suivre. 

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