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ONU: Un enfant sur deux dans le monde est victime d'actes de violence

Un enfant sur deux dans le monde est victime d’actes de violence physique, sexuelle ou psychologique qui entraînent des traumatismes, des handicaps voire son décès, selon une nouvelle étude co-réalisée par plusieurs entités des Nations-unies.

ONU: Un enfant sur deux dans le monde est victime d'actes de violence
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Le 19 juin 2020 à 15h38 | Modifié 11 avril 2021 à 2h46

Ces informations ressortent d’un nouveau rapport publié jeudi 18 juin par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Unicef, l’Unesco, la représentante spéciale du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies chargée de la question de la violence contre les enfants et le Partenariat pour l’élimination de la violence. 

Le Rapport de situation 2020 sur la prévention de la violence à l’encontre des enfants dans le monde est le premier rapport de ce type. Il rend compte des progrès accomplis dans 155 pays par rapport au cadre "Inspire", une série de sept stratégies pour prévenir et combattre la violence à l’encontre des enfants. Il signale que tous les pays doivent absolument intensifier leurs efforts pour appliquer ces stratégies. Si la quasi-totalité des pays (88%) disposent de lois pour protéger les enfants de la violence, moins de la moitié des pays (47%) ont indiqué que ces lois étaient appliquées avec fermeté.

Le rapport comprend les toutes premières estimations mondiales des homicides parmi les enfants de moins de 18 ans. Les estimations précédentes étaient basées sur des données qui englobaient les enfants de 18 ans et de 19 ans. Il ressort de ces nouvelles estimations qu’en 2017, 40.000 enfants environ ont été victimes d’un homicide.

"La violence à l’encontre des enfants a toujours été omniprésente, et la situation pourrait maintenant sensiblement s'aggraver. En raison du confinement, de la fermeture des établissements scolaires et de la restriction des déplacements, beaucoup trop d’enfants ont dû rester avec les personnes qui les maltraitent et n’ont pas pu aller à l’école, où ils auraient été normalement à l’abri. Il faut d’urgence faire davantage d’efforts pour protéger les enfants pendant cette période et après, y compris en considérant les travailleurs sociaux comme essentiels et en renforçant les services d’aide téléphonique à l’enfance", dit Henrietta Fore, directrice générale de l’Unicef.

La situation s'aggrave avec le confinement 

Parmi les stratégies Inspire, c’est la scolarisation qui a progressé le plus, 54% des pays indiquant qu’un nombre suffisant d’enfants qui en avaient besoin étaient scolarisés. Entre 32% et 37% des pays considéraient que les victimes de violence avaient accès à des services d’appui, tandis que 26% des pays disposaient de programmes d’appui aux parents et aux personnes ayant la charge des enfants, 21% des pays disposaient de programmes destinés à modifier les normes néfastes et 15% des pays avaient fait des modifications pour offrir aux enfants un environnement physique sûr.

Bien que la majorité des pays (83%) disposent de données nationales sur la violence à l’encontre des enfants, 21% d’entre eux seulement s’en servent pour établir des valeurs de référence et des cibles nationales afin de prévenir et de combattre cette violence.

Environ 80% des pays disposent de plans d’action et de politiques à l’échelle nationale mais un cinquième d’entre eux seulement ont des plans intégralement financés ou des cibles mesurables. Il est probable que le manque de financement et de professionnels contribue à cette situation et explique la lenteur de la mise en œuvre.

"Avec la pandémie de Covid-19 et la fermeture des établissements scolaires qu’elle a entraînée, nous avons constaté une recrudescence de la violence et de la haine en ligne, y compris du harcèlement. Maintenant que les établissements scolaires commencent à rouvrir, les enfants expriment leur crainte de retourner à l’école. Nous sommes collectivement responsables de veiller à ce que tous les enfants soient en sécurité à l’école. Nous devons réfléchir et agir collectivement pour mettre un terme à la violence en milieu scolaire et dans nos sociétés en général", dit Audrey Azoulay, directrice générale de l’Unesco.

Les mesures de confinement et la fermeture des établissements scolaires ont limité les sources habituelles de soutien aux familles et aux personnes (amis, famille élargie, professionnels). Ainsi, les victimes ont encore moins la possibilité de gérer les crises et la réorganisation de leur vie quotidienne. On a observé une forte augmentation du nombre d’appels aux centres d’aide téléphonique aux enfants maltraités et aux victimes de violence.

Agir plus vite pour protéger les enfants

Et les communautés en ligne sont devenues essentielles pour que de nombreux enfants continuent à apprendre, à jouer et à bénéficier de soutien, mais on a observé une recrudescence des comportements néfastes en ligne, dont le cyberharcèlement, les conduites à risque et l’exploitation sexuelle.

"Pendant la finalisation de ce rapport, les mesures de confinement et la perturbation des services de protection de l’enfance, déjà limités, ont exacerbé la vulnérabilité des enfants face aux différentes formes de violence", dit Najat Maalla M’jid, représentante spéciale du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies chargée de la question de la violence contre les enfants.

L’OMS et ses partenaires continueront à collaborer avec les pays pour mettre totalement en œuvre les stratégies Inspire en renforçant la coordination, en élaborant et en appliquant des plans d’action nationaux, en privilégiant la collecte de données et en renforçant les cadres législatifs. Une action à l’échelle mondiale s’impose pour que tous les pays puissent bénéficier du soutien financier et technique nécessaire. Le suivi et l’évaluation sont indispensables pour déterminer dans quelle mesure ces efforts de prévention profitent effectivement à tous ceux qui en ont besoin.

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Le 19 juin 2020 à 15h38

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