Les dernières pluies sans grand impact sur la campagne agricole
Les pluies enregistrées ces derniers jours sur le Haut et le Moyen Atlas et le Rif, entre autres, pourraient sauver quelques cultures printanières, mais pas la récolte de céréales et de légumineuses déjà ravagée par la sécheresse.
"Toute pluie est toujours la bienvenue." Si Zakaria Kadiri, ingénieur agronome à l’Ecole nationale d’agriculture (ENA) de Meknès, se montre enthousiaste à propos des pluies enregistrées ces derniers jours, il l’est beaucoup moins concernant la campagne céréalière qui, de toute évidence, est déjà perdue à cause de la sécheresse qui sévit depuis pratiquement le début de la campagne. "Pour les céréales et les légumineuses, c’est raté."
Selon une source officielle à la Direction de la météorologie nationale (DMN) contactée ce lundi par Médias24, les premières pluies sur ce mois d'avril ont été enregistrées jeudi 9 avril. A cette date, la DMN faisait état de pluies et averses orageuses par endroits sur le Haut et le Moyen Atlas, le Rif et l’Oriental. Le lendemain, vendredi 10 avril, quelques foyers orageux avec ondées ou averses éparses ont été recensés sur les mêmes régions. Samedi 11 et dimanche 12 avril, des pluies et des averses orageuses ont également été enregistrées sur le Haut et le Moyen Atlas, le Rif, et débordant sur la Méditerranée, le Saiss, l’Oriental, les plateaux de phosphates et les plaines à l’ouest de l’Atlas. Enfin, ce lundi 13 avril, la tendance pluvieuse s’est poursuivie dans ces mêmes régions.
"Ces pluies concernent principalement de petites averses très localisées et pas des précipitations printanières; cela ne changera donc pas grand-chose à la situation", prévient Abdelmoumen Guennouni, ingénieur agronome, joint par Médias24. "A part quelques parcelles qui peuvent être irriguées par des averses, la situation à l’échelle nationale restera médiocre", ajoute-t-il. La récolte des céréales et des légumineuses s’annonce perdue d’avance, ces cultures étant situées dans des zones bour, ce qui signifie qu’elles se développent uniquement grâce à la pluviométrie qui a fait défaut cette année.
A une exception près : le pois chiche, légumineuse semée au printemps qui pourrait profiter des dernières pluies, précise Larbi Zagdouni, agroéconomiste et ancien enseignant-chercheur au département des sciences humaines de l’Institut agronomique et vétérinaire (IAV) de Rabat. D’autres produits printaniers peuvent aussi être sauvés, notamment les tomates et les pommes de terre, précise Zakaria Kadiri.
Pour rappel, le 11 mars dernier, le ministre de l'Agriculture et de la Pêche maritime avait confirmé la situation difficile du secteur agricole cette année et fait état d'une baisse de 46% de la pluviométrie comparativement à la moyenne des trente dernières années qui était de 256 mm. Cette année, cette moyenne est de 143 mm.
Une situation qui affecte logiquement les stocks des barrages, notamment agricoles. Le taux de remplissage des barrages à usage agricole se limite à 48,6% ce mardi 14 avril au lieu de 61,2% une année plus tôt.
Le ministère a donc fini par activer des mesures d'urgence pour soutenir les agriculteurs: subvention des aliments de bétail, activation des indemnisations dans le cadre de l'assurance climatique, déblocage de nouveaux crédits et restructuration de la dette des agriculteurs...
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