Après une hausse continue sur les dix dernières années, la population carcérale pour la première fois en recul
INFOGRAPHIES. Avec 99.366 détenus recensés en 2025, contre 105.094 en 2024, les prisons marocaines enregistrent une inflexion inédite depuis dix ans, portée d’abord par les grâces royales exceptionnelles de juillet. En parallèle, les peines alternatives entrent progressivement dans la pratique judiciaire, avec plus de 1.000 décisions prononcées en quelques mois.
La population carcérale a reculé de 5,45% au Maroc en 2025, pour s’établir à 99.366 détenus, répartis dans 73 établissements pénitentiaires.
Selon les derniers chiffres de la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR), cette inflexion marque une rupture après une décennie de hausse continue, au cours de laquelle le nombre de détenus est passé de 74.039 en 2015 à 105.094 en 2024, soit une progression globale de 42%.

Le rapport 2025 de la DGAPR souligne que le Maroc compte environ 280 détenus pour 100.000 habitants, un taux supérieur à la moyenne mondiale estimée à 144.

La DGAPR explique cette inversion de tendance d’abord par les importantes mesures de grâce royale exceptionnelles intervenues à la fin du mois de juillet 2025, qui ont concerné 17.091 personnes.
Malgré le recul enregistré en 2025, la pression sur les établissements pénitentiaires demeure élevée, avec un taux d’occupation passé de 161% en 2024 à 153% en 2025.

Les peines alternatives, nouveau levier de régulation
Cette évolution intervient également dans un contexte de mise en œuvre progressive des peines alternatives, entrées en vigueur en 2025, qui introduisent de nouveaux mécanismes de substitution à l’incarcération.
Si leur impact structurel reste encore limité, la DGAPR relève déjà une dynamique d’application judiciaire. Entre le 22 août et le 31 décembre 2025, les juridictions ont prononcé 1.001 jugements aboutissant à 1.077 peines alternatives, réparties entre :
- 330 travaux d’intérêt général ;
- 12 mesures de surveillance électronique ;
- 245 restrictions de droits ou mesures de réhabilitation ;
- 490 amendes journalières.

Parmi ces jugements, 743 décisions d’exécution ont été émises, dont 727 concernaient des personnes détenues, parmi lesquelles 606 ont été libérées. Les 16 autres décisions concernaient des personnes poursuivies en état de liberté.
S’agissant des violations des obligations imposées, 20 cas ont été enregistrés. Les établissements pénitentiaires ont établi des rapports à ce sujet et les ont transmis aux autorités judiciaires compétentes. Par ailleurs, 31 cas de refus d’exécution ont été constatés, ce qui a entraîné le maintien en détention des personnes concernées par ces refus.

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