Coronavirus: où en sont les recherches médicales?
Alors qu’un premier essai clinique est en cours aux Etats-Unis, la course mondiale pour trouver un vaccin contre le coronavirus se poursuit. Petit tour d’horizon des avancées médicales sur la pandémie.
Les autorités américaines ont commencé lundi 16 mars la première phase d’un premier essai clinique d’un vaccin expérimental contre le Covid-19.
Testé sur 45 volontaires, le test doit durer 6 semaines. S’il s’avère efficace et sécurisé, le vaccin sera élargi dans une seconde phase au personnel hospitalier. Sa disponibilité est prévue d’ici 12 à 18 mois.
Le vaccin, baptisé mRNA-1273, a été développé par des scientifiques des Instituts nationaux de santé américains (NIH) et de l’entreprise de biotechnologies Moderna.
Ce vaccin fonctionne avec l’information génétique de la partie du virus qui s’attache aux cellules et les infecte. Cette information est stockée dans une substance appelée "ARN messager" qui transporte le code génétique de l’ADN aux cellules.
Plusieurs autres laboratoires rivalisent, notamment l’allemand CurVac, qui espère lancer son premier test clinique d'ici juillet.
Comme Moderna, CureVac travaille avec l’université de Queensland sur un vaccin avec "ARN messager".
Collaboration Pfizer et BioNTech
Le géant pharmaceutique Pfizer a annoncé ce mercredi 18 mars, qu'il travaillera, en collaboration avec l’entreprise BioNTech, au codéveloppement et à la distribution d'un vaccin potentiel également à base d'Acide ribonucléique messager (ARNm).
La collaboration vise à accélérer le développement du premier programme de vaccin potentiel contre le Covid-19, à base d'ARNm de BioNTech, le BNT162, qui devrait entrer dans les tests cliniques d'ici la fin avril 2020.
Les deux compagnies prévoient d'utiliser plusieurs sites de recherche et développement leur appartenant, dont ceux des Etats-Unis et de l'Allemagne, pour héberger les activités prévues par l'accord de collaboration établi.
Premiers tests en Chine
En Chine, les autorités ont autorisé les premiers essais cliniques sur des cobayes humains d'un vaccin expérimental contre le virus. Les recherches sont menées par l'Académie des sciences médicales militaires, affiliée à l'armée chinoise.
Le test chinois devrait concerner 108 volontaires, tous en bonne santé, et s'étaler sur une période de 9 mois et demi, du 16 mars au 31 décembre. Il sera conduit en collaboration avec CanSino Biologics, une biotech de Hong Kong.
Sanofi offre 300 doses d'anti-paludique
En France, le laboratoire Sanofi se dit prêt à offrir de l'anti-paludique pour traiter 300.000 malades après des essais jugés "prometteurs" auprès de patients atteints du Covid-19.
"Sanofi s'engage à mettre son traitement à la disposition de la France et à offrir plusieurs millions de doses qui pourraient permettre de traiter 300.000 patients", a déclaré un porte-parole à l'agence AFP, se disant prêt à travailler avec les autorités pour "confirmer ces résultats".
Le Pr Didier Raoult, qui dirige l'Institut Hospitalo-Universitaire de Marseille, avait annoncé lundi avoir réalisé une étude en administrant du Plaquenil, une molécule d'hydroxychloroquine utilisée dans le traitement de maladies auto-immunes de type lupus et polyarthrite rhumatoïde, à 24 patients atteints de Covid-19. Six jours après la début de la prise de Plaquenil, trois quarts d'entre eux n'avaient plus le virus.
Un traitement japonais "efficace"
Mardi 17 mars, le gouvernement chinois a affirmé qu'un traitement développé par une filiale de Fujifilm est efficace pour traiter le coronavirus.
Vendu sous le nom d'Avigan, ce traitement est composé à base de favipiravir.
Développé dès 2014, ce traitement est administré à des patients atteints du coronavirus au Japon.
Les résultats ont montré que les patients qui s'étaient vus administrer le traitement étaient ensuite testés négatifs au coronavirus assez rapidement (4 jours en moyenne contre 11 habituellement) et voyaient les symptômes comme la pneumonie réduire.
L'Australie va faire des tests cliniques de deux médicaments
Un essai clinique en Australie devra permettre de tester l'efficacité de deux médicaments initialement développés contre le paludisme et le VIH.
Les deux médicaments ont inhibé le nouveau coronavirus dans des études sur des tubes à essai.
Les médicaments sont "efficaces", mais les chercheurs doivent encore déterminer si "l'un est meilleur que l'autre". Les résultats pourraient être connus d'ici trois mois.
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