Agriculture: bilan pluviométrique mitigé, une campagne “normale” est attendue
La situation climatique actuelle laisse présager une campagne agricole "normale" au Maroc, mais les conditions à venir restent toujours déterminantes. Actuellement, le bilan pluviométrique est déficitaire sur le centre et le sud du Royaume.
Après une campagne céréalière "moyenne" en 2018-2019, le Maroc a vécu cette année un début de saison difficile, marqué par une faible pluviométrie, mal répartie et tardive pour certaines régions. Les dernières pluies ont pu résorber le déficit relevé dans certaines contrées, mais le bilan reste déficitaire dans d'autres.
Du 1er septembre au 18 décembre 2019, période favorable aux semis, le bilan pluviométrique affiche des disparités d'une région à l'autre.
Comparé à la normale sur 30 ans, le bilan s'est amélioré suite aux dernières précipitations et devenu excédentaire dans le nord de l'Oriental (60 à 80%) et le Moyen Atlas (10 à 20%); et proche de la normale sur le Saïss, la Méditerranée et le Haut Atlas.
Il reste encore légèrement déficitaire sur le Tangérois, le Gharb, l'ouest de la Chaouia, les plateaux de phosphate et Doukkala (10 à 20%), l'intérieur de la Chaouia, le Haouz, le Loukkos, Abda et le sud-est (20 à 40%).
Le bilan est encore déficitaire sur le Souss et le Rif (40 à 60%), Chiadma (60 à 80%) et certaines régions du sud (plus de 80%).
Du côté des barrages, le taux de remplissage ne dépasse pas 47% au 19 décembre 2019, contre 62,8% à la même date de l’année dernière.
Les conditions climatiques à venir restent déterminantes. Selon les spécialistes, la situation actuelle laisse présager une campagne plutôt "normale". Mais pour les semis précoces, la situation semble compromise dans certaines régions.
Situation mitigée pour les semis précoces
"Les retards de pluies ne compensent jamais le manque enregistré pour certaines cultures", nous explique Abdelmoumen Guennouni, ingénieur agronome.
"Les premières pluies sont décisives pour les semis précoces qui profitent mieux et échappent à un manque probable de précipitations en fin de cycle", explique notre interlocuteur.
Les semis précoces se concentrent notamment dans les régions du Gharb et une partie de la Chaouia, dites à "bour favorable", où se trouvent des "producteurs avancés". Ces régions affichent, à ce jour, un cumul pluviométrique déficitaire par rapport à la normale.
La région de Rabat-Salé semble tirer son épingle du jeu. En effet, les précipitations des mois d’octobre et de novembre derniers ont encouragé les agriculteurs à entamer précocement les travaux de labour et de semis.
Du côté des régions caractérisées par un microclimat, dont le Haouz et une partie de la Chaouia (bour défavorable), la pluie se fait attendre.
Ces régions se focalisent surtout sur l'élevage et la culture d'orge, à rendement minime pour la campagne agricole. Les semis de céréales ainsi que les légumineuses restent encore envisageables pour le reste de la campagne.
Pour ces régions, l'impact de la pluie se fait sentir sur les prix du bétail et des aliments grossiers (orge et paille).
Des moyens pour sauver la saison
Pour limiter l'impact de la faible pluviométrie de la pluie, les agriculteurs doivent miser sur des techniques pour sauver le reste de la campagne, notamment le désherbage, le travail du sol, la préparation du lit et le traitement des maladies, recommande notre ingénieur spécialiste.
Notre source insiste sur le déploiement des engrais azotés notamment pour les semis précoces et l'augmentation des doses de graines pour les semis tardifs. Mais, une pluviométrie généreuse avec une bonne répartition spatio-temporelle s'impose.
Lire aussi: Campagne agricole: excès d'optimisme suite aux dernières pluies?
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