Effondrement de l'hôtel Lincoln de Casablanca: à qui la faute?
Si aucune victime n'a été enregistrée le 26 novembre dernier, l’emblématique hôtel Lincoln de Casablanca avait connu des effondrements meurtriers par le passé. Des travaux de rénovation ont été annoncés à maintes reprises mais rien n’a encore été fait.
Construit en 1917 par l’architecte français Hubert Bride, l’hôtel est à l’abandon depuis une vingtaine d’années, bien qu’il constitue une partie de la mémoire de Casablanca.
Au fil des années, l’hôtel s’est détérioré et devenu insalubre. Le premier effondrement du bâtiment a eu lieu en 1989, faisant deux morts. Depuis, plusieurs effondrements ont suivi, faisant d'autres morts et des blessés.
Malgré tout, ou pour ces raisons précisément, ce premier bâtiment construit sur l’avenue Mohammed V (avenue de la Gare, dans le temps) a été classé patrimoine historique en 2000.
La zone est-elle sécurisée?
La chute de pierres du mardi dernier n’a pas fait de victimes, mais les Casablancais évitent de passer à proximité du monument ou ce qu'il en reste. Le pâté de maisons qui l'abrite se situe en face du Marché central qui connaît une grande fréquentation.
Par mesure de sécurité, le trafic sur la ligne T1 du tramway avait été interrompu durant la journée du 26 novembre, pour une reprise le lendemain tôt le matin, vers 5h30.
Des équipes d’experts ainsi que la protection civile se sont dépêchés sur place pour évaluer les risques de nouvelles chutes.
Les travaux de stabilisation de la façade de l’hôtel ont duré jusqu’à minuit. Mais quels sont les risques d’un nouvel effondrement ou de nouvelles chutes de pierres?
Contacté par Médias24, RATP Dev, opérateur du réseau Casa Tramway, nous a confirmé que les lieux ont été sécurisés et qu’il n’y a pas risque de nouvelles chutes. "S’il y avait le moindre risque, le trafic n’aurait jamais repris".
A qui incombe la responsabilité?
Des travaux de rénovation ont été annoncés à maintes reprises et jusqu’à présent, rien n’a été fait.
Le 22 octobre, une convention pour le réaménagement, la rénovation et l’exploitation de l’hôtel Lincoln a été signée entre l’Agence urbaine de Casablanca (AUC) et le groupe de développement territorial français Réalités, à travers sa filiale Réalités Afrique. Le groupe a remporté le marché lancé par l’AUC.
Accompagnée par l’agence d’architecture et d’urbanisme Oualalou + Choi (O+C), la démarche de restructuration voulue par le groupe consiste en la conception d’un hôtel 5 étoiles, tout en préservant le parti architectural voulu par le créateur du Lincoln, et ce, à travers la rénovation de l’aile existante et l’insertion d’une nouvelle façade "en creux" identique à la première.
Contacté par nos soins, le directeur de Réalités Maroc, nous confie que "l’hôtel est toujours sous la responsabilité de l’Agence urbaine de Casablanca", se gardant de nous donner plus de détails sur le sujet.
De leur côté, le directeur du département de l’aménagement urbain de l’AUC et le vice-président chargé de l’urbanisme à la Commune de Casablanca affirment ne pas être au courant de l’incident, qui a paralysé la circulation dans la zone.
Par ailleurs, malgré nos tentatives de le contacter, le premier vice-président de la ville, Abdessamad Haiker est resté injoignable.
Pour sa part, le ministère de l’Habitat nous confirme que cet hôtel ne relève pas de son périmètre.
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