Le nombre d'étudiants dans les universités explose, le Maroc fait face à de gros défis sociaux
Le nombre d'étudiants ne cesse d'augmenter dans les universités marocaines et celui des diplômés en conséquence. L'économie marocaine peine à les absorber. D'où de gros défis sociaux.
Le Maroc se trouve aujourd'hui face aux énormes conséquences de la croissance démographique passée et à l’impact de sa transition
démographique.
Au moins 250.000 étudiants devraient intégrer les universités et écoles publiques au titre de la rentrée universitaire 2019-2020, selon les estimations du ministère de l'Education nationale et de l'enseignement supérieur.
En 2018-2019, les universités avaient reçu 237.640 nouveaux étudiants et en 2017-2018, plus de 210.000 étudiants. Une augmentation continue qui s'explique par l'augmentation du nombre des bacheliers et l'amélioration du taux de réussite.
Durant la dernière année universitaire, plus de 864.000 étudiants étaient en formation dans les universités et écoles publiques. En tenant compte des nouvelles arrivées de la prochaine rentrée et des lauréats sortants (nouveaux diplômés), l'effectif en formation dans ces établissements pourrait approcher le million d'étudiants.
En ajoutant les étudiants de la formation professionnelle, de la formation des cadres, des établissements privés et des établissements partenaires, on devrait dépasser le 1,7 million d'étudiants sachant qu'en 2018-2019, ils étaient 1,5 million d'étudiants.
Tous ces étudiants atterriront par vagues sur le marché du travail. Déjà, le nombre des diplômés des universités et écoles publiques est en augmentation continue, dépassant 100.000 par an depuis l'année 2016-2017.
*Chiffres provisoires
**Estimations du ministère de l'Enseignement supérieur
(Source: Direction des stratégies et des systèmes d'information)
Cette situation constitue un grand défi social pour le Maroc dont l'économie peine à créer suffisamment d'emplois pour ces lauréats issus du boom démographique.
Créer des emplois, priorité ultime
Les dernières statistiques du Haut commissariat au Plan (HCP) montrent que le chômage est important auprès des diplômés. Au 1er trimestre 2019, le taux de chômage atteint 17,1% parmi les personnes disposant d’un diplôme.
Dans un précédent rapport (Rétrospective 1960-2006 et déterminants socio-économiques), le HCP précise que la forte fécondité à un moment donné (milieu des années 1950) multiplie le nombre de futurs parents potentiels 25 à 35 ans plus tard et gonfle le flux des candidats potentiels à l’entrée sur le marché du travail une vingtaine d’années après.
Ainsi, la maîtrise relative de la démographie marocaine (à partir de 1990) n’exclut pas la persistance de la pression démographique.
"Au vu de l’étroitesse du système économique à résorber le chômage et étant donné le caractère structurel de ce dernier, l’ascension de la part des adultes risquerait d’accentuer les tensions sociales.
"La pression sur le marché du travail est d’autant plus forte que les flux potentiels des entrées sont largement supérieurs à ceux des sortants, que, par ailleurs, la quasi-absence de régimes des retraites n’incite pas à la cessation définitive d’activité, et, enfin, qu’il n’y a pas adéquation entres les secteurs concernés par les départs (activités traditionnelles) et ceux concernés par les entrées (activités émergentes)", alerte le HCP.
>>Lire aussi: La bombe à retardement sociale du Maroc
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