Pour Lahcen Daoudi, le conseil de la concurrence a outrepassé ses prérogatives
La première sortie médiatique du Conseil de la concurrence a tout pour déplaire au ministre chargé des affaires générales et de la gouvernance. Ce dernier prend note de l'avis du Conseil et lui reproche d'outrepasser ses compétences en évaluant le travail de l'exécutif. Lahcen Daoudi demande du Conseil de la Concurrence de supprimer du rapport tout ce qui relève de l'évaluation du travail gouvernemental.
La première sortie médiatique du Conseil de la concurrence a tout pour déplaire à Lahcen Daoudi.
En effet, plus tôt dans la matinée de ce vendredi 15 février, le conseil de la concurrence dirigé par son nouveau président Driss Guerraoui a tenu une conférence de presse pour dévoiler son avis sur le plafonnement des marges des distributeurs du carburants après une saisine de Lahcen Daoudi en décembre dernier.
Lors de cette conférence, Driss Guerraoui n'a pas mâché ses mots. Il a annoncé que le conseil de la concurrence, à l'unanimité de ses membres, désapprouve le plafonnement des marges car d'un point de vue légal il ne remplit par les conditions de l'article 4 de la loi sur la liberté des prix et la concurrence, mais aussi parce que cette mesure ne permettra pas de résoudre les problèmes structurels du secteur engendrés par une libéralisation des prix mal préparée.
Ainsi, le Conseil de la concurrence a affaibli la seule arme que brandissait Lahcen Daoudi contre les pétroliers et avec laquelle il amadouait l'opinion publique.
Le Conseil de la concurrence est allé encore plus loin dans son analyse en présentant une liste de recommandations au gouvernement. Il recommande de réactiver l'activité raffinage, d'ouvrir l'activité stockage aux indépendants et de lever les barrières d'entrée à l'activité "station-service".
>> Lire aussi : Carburants: les trois claques de Driss Guerraoui
Des propos qui n'ont plu guère au ministre. "Le plafonnement est une demande de la société parce que la marge bénéficiaire des pétroliers était importante. C'est également une demande du parlement, représentant du peuple, qui a fait un grand travail dans ce sens", a répondu le ministre à plusieurs médias.
"Le plafonnement avait pour objectif de trouver une sorte de consensus avec les opérateurs pour les préserver tout en préservant le pouvoir d'achat du marocain", explique le ministre dans une vidéo diffusée par notre confère le360.ma.
"L'avis du Conseil est à respecter, et il sera présent dans les discussions avec les opérateurs que je reçois mardi prochain (le 19 février), mais je demande à cette institution de respecter le gouvernement et ne pas évaluer son travail", insiste-t-il. Pour Lahcen Daoudi, le Conseil de la concurrence a outrepassé ses prérogatives en procédant à une évaluation de la réforme opérée par le gouvernement PJD en 2014 sur ce secteur.
"C'est une institution consultative", avance le ministre qui s'interroge sur les raisons qui ont poussé le conseil de la Concurrence à s'arrêter sur 2015. "Pourquoi le conseil n'a pas parlé de la privatisation de la Samir ?", ajoute-t-il.
Le ministre va jusqu'à demander que le rapport du conseil de la concurrence, qui est rappelons-le une institution constitutionnelle indépendante, soit révisé en supprimant tout ce qui à trait à l'évaluation du travail gouvernemental.
Précisons que nous avons tenté de joindre à maintes reprises Lahcen Daoudi ce vendredi 15 février. Ce dernier est resté injoignable.
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