En tifinagh, une députée interpelle l'Intérieur sur l'enregistrement des prénoms amazighs à l'état civil
Une première au Maroc. Une députée a adressé lundi 14 janvier 2019 une question écrite en tifinagh au ministre de l'Intérieur Abdelouafi Laftit au sujet du "refus de l'inscription des prénoms amazighs dans les registres de l'état civil". Il s'agit d'Ibtissam Azzaoui, députée du Parti authenticité et modernité (PAM).
Sollicitée par Médias24, Ibtissan Azzaoui est revenue sur son initiative: "J'ai décidé d'écrire en tifinagh pour envoyer un message politique appelant à l'accompagnement du caractère officiel de l'amazigh, et qui est adressé principalement à l'institution législative qui ne met pas forcément en œuvre cet acquis de la Constitution de 2011. Jusqu'à nos jours, la radio amazighe diffuse les séances des questions orales du Parlement en langue arabe. Les questions des députés en langue amazighe passent parfois inaperçues à cause de l'absence de traducteurs, ce qui est absurde."
Plaidant en faveur de la mise en œuvre du caractère officiel de l'amazigh et de son intégration dans tous les domaines de la vie publique, Ibtissam Azzaoui a réservé sa question écrite au "phénomène de refus de l'inscription des prénoms amazighs dans les registres de l'état civil".
"Normalement, les prénoms amazighs peuvent être inscrits dans les registres de l'état civil, et la législation marocaine ne va pas à l'encontre de cela. Or, il y a encore beaucoup d'efforts à mener par le ministre de l'Intérieur, dans la mesure où certains officiers de l'état civil choisissent, de façon individuelle, de ne pas le faire", s'indigne-t-elle.
Au niveau juridique, l'article 21 de la loi n° 37-99 relative à l’état civil stipule que "le prénom, choisi par la personne faisant la déclaration de naissance en vue de l’inscription sur les registres de l’état civil, doit présenter un caractère marocain et ne doit être ni un nom de famille ni un nom composé de plus de deux prénoms, ni un nom de ville, de village ou de tribu, comme il ne doit pas être de nature à porter atteinte aux bonnes mœurs ou à l’ordre public."
En réaction à ces obligations, notre interlocutrice a rétorqué: "Les prénoms amazighs ne violent en aucun cas cet article. Le problème est que certains officiers de l'état civil ne comprennent pas parfois le sens d'un prénom et donc ils le refusent, et c'est des cas redondants auxquels le ministère concerné doit absolument faire face."
Notons qu'un dictionnaire des prénoms amazighs est disponible auprès de l’Institut royal de la culture amazighe (Ircam).
Voici la question écrite d'Ibtissam Azzaoui traduite en intégralité:
"Au ministre de l'Intérieur,
Sous la supervision du président de la Chambre des représentants,
Objet: Une question écrite sur le refus de l'inscription de prénoms amazighs dans les registres de l'état civil
Votre Excellence Monsieur le ministre,
Nous avons reçu plusieurs plaintes concernant le refus de l'inscription de prénoms amazighs dans les registres de l'état civil. A cet égard, nous vous interrogeons sur les causes de ce refus et sur les mesures prises pour garantir l'aboutissement d'une liste nationale des noms amazighs.
Veuillez agréer l’expression de mon profond respect".
Fin de la question.
Lire aussi: Intérieur: le refus des déclarations de naissance n'est pas dû à l'origine des prénoms choisis
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